LIVRE III, CHAPITRE VI. i-ai
clu sang de leurs sujets, que de celui des peuples barbares qui les harcelaient sans cesse.
Op. Macrin, par un naturel doux et vertueux, pro- an 317 mettait aux Romains un règne heureux et tranquille ; ^^ ^° ^ mais il voulut avec trop peu de ménagemens remédier aux abus introduits dans les armées ; il périt assassiné par ses soldats, qui élurent, pour le remplacer, Texécrable Héliogabale. ^^^^g
Alexandre Sévère, qui lui succéda, mérita le nom ,„ ^^^ de père de la patrie , par son application à (aire le ^'^ ^°^^' bonheur de ses peuples , et à réparer les maux du règne précédent.
Les Corcyréens se distinguèrent sous ses ordres , dans la guerre qu^il fit aux Parthes; et le tems a sans doute détruit les monumens qui rappelaient à Corfou la mémoire de cet empereur; car les Corcyréens, en retraçant ses exploits , eussent en même tems éternisé la gloire qu'ils acquirent sous son règne.
Après Maximien, successeur dAlexandre Sévère, an aSj D. Balbin parvint à Fempire. Ce prince, dans une ex- ^ ^^' pédition quMl entreprit contre les Parthes, aborda à Corcyre, où il reçut de puissans renforts d^hommes et de vaisseaux. Il gratifia ce pays de nouveaux pri-
vîlëges , €t les Corcyréens lui en témoîgnèreat leur reconnaissance par des médailles qu^ils frappèrent en son bonneur. Balbin fit trop peu de tems le bonheur de ^empire; les soldats, jaloux de n^avoir pas con trian a38 bue à son élection , le massacrèrent après moins d'un
an de règne.
Gordien le Jeune , qui fut honoré du titre de César h Tâge de douze ans , et proclamé empereur à seize , montra par sa valeur et ses vertus qu41 était digne de ses aïeux, et qu'il saurait remplir les espérances de Rome. L'ordre et la prospérité remplacèrent, sons son règne, la confusion et les misères ; Vétat pacifie au dedans n*eut bientôt plus à craindre les ennemis du dehors. Sapor vaincu , les Goths et les peuples du Nord soumis , les Germains domptés, attestèrent les triomphes et la gloire de Tempercur.. Tout eiSn promettait à Rome un règne long A florissant, quand Gordien périt assassiné par Tordre de Philippe , préfet du prétoire , qui lui succéda, an a44 Ce prince permit et protégea même Texercice de la religion chrétienne , qu'il avait , dit-on , embrassée : c'est sans doute k ce motif qu'il faut attribuer les hommages que lui rendirent les Corcyréens , en fai*-