LIVRE IV, PART. I, CHAP. L
Fempereor fiit dëtrâné, et, suivant Tasage odieux alors établi , on lui creva les yeux , puis on renvoya dans une prison finir ses jours.
Alexis III lui succéda; et Michel, prince d^Épire, ponr prix de sa trahison , fut rétabli dans son. duché , dont il prit*de «uite possession;
Le nouvel empereur ne devait point être à Tabri
des vicissitudes qui semblaient attachées au trône de
Constantinople, et il ne jouit pas long-tems du fruit
de son usurpation. Le fils du malheureux Isaac,
Alexis , loin d'avoir renoncé à ses droits sur le trône
paternel, n'attendait qu'une occasion favorable pour
les faire valoir. Il eut recours aux princes latins , pour
qn^ils l'aidassent à exécuter ses desseins, l^a jeunesse,
ses veilus, la justice de sa cause, peut-être aussi
quelques motifs moins purs, tout intéressa les chré-
ffens d'Occident en sa faveur. Ils résolurent donc de
lui envoyer des secours ; et de suite une puissante *^ "'<^
ère Tulg.
armée de cnrisés passa à Corfou , pour le seconder dans ses projets. Le duc Michel P'. , trop faible pour leur résister, essaya, en vain par ses insinuations 4e les détourner de leur entreprise.
Gonstantinople oimit ses portes aux croisés;
iSo HISTOIRE DES ILES IONIENNES,
Tusiirpateiir fut dëtronë et puni ; et Isaac TÂn^ tiré de sa captivité^ put entendre proclamer son fils on-» pereur, sous le nom d^ Alexis lY.
Le malheureux prince ne jouit pas long-tems d^une couronne qui lui avait coûté tant de peines et de tra- Taux ; victime , comme son père , d^une horrible traliiwn, il perdit tout à la fois et Tempire et la vie. «Un nouvel usurpateur, Alexis V, monta paisiblement «or un trône qu'il venait de soviller par un assassinat; et les peuples , dégrades par ia longue habitude de Tasservissement, se courbèrent, sans résistance, sous le joug d'un criminel heureux. Son triomphe cependant dura peu ; les croisés , quHl avait eu rimprudence de provoquer , vinrent mettre le siège devant G>nstantinople , qui fut pris et pillé par les Français ; le tyran fut mis à mort, et les vainqueurs choisirent, pour lui succéder, Baudouin, premier empereur latin.
Cette grande révolution, qui plaça un seigneur finan* çab sur le trône de Constantin, et «langea enlièarement la &ce de Tempire grec, n^atteignk tu rien Midiel V% duc de Corfou. Il contima de régner pai* sS>lement, embellit sa capitale par divers édifices, fit élever le château Saint-Ange, et fortifia Gardichi