GUERRE DES ACHÉENS AVEC SPARTE
sénatoriale annoncée. Mais *Damocritos ne tint plus compte maintenant de cet avertissement et continua tranquillement à marcher sur Sparte. Quelque temps après eut lieu une bataille acharnée, dans laquelle les Spartiates, hien plus faibles que leurs adversaires, furent complètement battus et perdirent mille de leurs meilleurs combattants. Au lieu de couronner sa victoire par une attaque de la ville de Sparte et d'opposer dans tous les cas à l'intervention romaine inévitable au moins un fait accompli dans la prise de cette ville, Damocritos se contenta de piller sans plan déterminé la vallée de l'Eurotas. Cette conduite irrita si fort les confédérés qu'après le retour de l'armée ils condamnèrent le stratège comme traître à une amende de 50 talents, le forçant ainsi à quitter le Péloponnèse en fug-itif^ Diaios fut alors nommé de nouveau stratège pour l'année 147. Sur les instances réitérées de Métellus victorieux, ce chef cessa, il est vrai, de faire ouvertement la guerre à Sparte; par contre, il sut, sans bruit, nuire d'une autre manière à ses ennemis : il décida toutes les petites villes du territoire Spartiate à passer du côté des confédérés, y mit des garnisons, et tint ainsi les Spartiates bloqués de la façon la plus gênante, de telle sorte qu'il ne purent même pas cultiver leurs terres. Ménalcidas, qui commandait alors les forces de son pays, en fut si furieux, qu'il sortit tout à coup de Sparte, surprit la petite ville de lason, située sur la montagne, et la détruisit complètement. Cette flagrante violation de la paix fut toutefois si fortement désapprouvée à Sparte même que Ménalcidas préféra, dans son désespoir, mettre fm à ses jours par le poison'.
Cependant le temps était venu oii ces misérables querelles devaient tout à coup prendre des proportions formidables et amener avec une rapidité inattendue une grande catastrophe
i) Pausan.,VII, 13, 1-3.
2) Pausan., VII, 13, 4-5. Cf. Curtius, Peloponnesos, II, p. 250, et sur la petite ville de lason, qui était probablement située dans la contrée appelée Sciritis, cf. p. 322, Polybe, XL, 5, 6. nous parle d'un crime sanglant commis par Diœos à cette époque. Celui-ci fit non pas simplement mettre à mort, mais périr dans les tortures de la façon la plus atroce et avec ses fils un certain Philinos de Corinthe, qui passait pour être l'ami des Romains et pour avoir conspiré avec Ménalcidas.