‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 36 sur 235 · MORT DE PHILIPPE · texte numérisé non relu

MORT DE PHILIPPE

cédé à la violence ou aux menaces. Au bout du compte, Philippe, par suite d'une décision de la commission romaine, dut renoncer à toutes sesnouvellespossessionsau sud de l'Olympe*. Une nouvelle assemblée siégea à ïhessalonique, où les ambassadeurs d'Eumène demandèrent aux Romains ou l'indépendance complète des villes gréco-thraces ou la réunion au royaume dePergame d'^Enos et de Maronée, qui, après tout, n'étaient qu'un complément naturel de la Chersonnèse de Thrace (déjà échue en partage à Eumène). Là aussi, Philippe sévit enfin forcé (184/3) de retirer ses garnisons de toutes les villes de la côte de Thrace, sans compter d'autres humiliations, en partie méritées, que, en 184 et en 183, le Sénat finit par lui faire subir*. Aussi le roi, profondément irrité et odieusement trompé dans presque toutes ses espérances, était-il redevenu l'ennemi juré des Romains. « Tout n'est pas fini! » s'était-il écrié déjà pendant les conférences de Tempe. Il fit aussitôt les préparatifs les plus énergiques pour recommencer la guerre avec les Romains. Mais ce n'était pas à lui qu'il était réservé de conduire encore ses phalanges contre les légions. Profondément affligé par une sanglante tragédie qui eut lieu dans sa propre famille (en 181) et à laquelle contribuèrent dans une égale mesure la politique du Sénat, sa propre haine implacable contre Rome et Tastuce de son fils Persée, il descendit dans la tombe brisé par le malheur (179). Il légua sa haine contre Rome et le soin de lui faire la guerre à son fils Persée, dans un temps oii, dans les autres États grecs aussi, l'antipathie pour le protectorat romain grandissait partout.

En Grèce , celte antipathie s'était développée le plus lentement, mais peut-être le plus profondément chez les Achéens. Déjà en

^) Nous n'avons malheureusement que peu de détails précis sur cette affaire. Il est vrai que nous lisons dans Liv., XXXIX, 26, sans autre commentaire : pronunciaverunt legati, a placere — antiquis Macedoniae terminis regnum finiri » . Toutefois, on pourrait conclure de Liv., XLI, 22, et plus sûrement encore d'AppiAN., Maced., c. 9, 3, que les Dolopes au moins demeurèrent même plus tard jusqu'à un certain point . dépendants des Macédoniens. Quant à Démétrias, v, Liv., XL, 54. 56.

2) Liv., XXXIX, 23-29. 33-35. 46 sqq. 53. Appian., Maced., c. 7. DiOD.,XXIX, iQ. Plut., Arat., c. 54. Polyb., XXIII, 4 et 6. 11. 13 et 14. XXIV, 1-3, 7. Justin., XXXII, 2. Quant aux dates, voyez aussi Nissen, p. 224. 226. 231 et 232 sqq.

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