MALVERSATIONS DE PISON
convoitises de cet insolent débauché *, et les Hellènes d*Achaïe furent dépouillés d'un grand nombre de leurs chefs-d'œuvre, qui faisaient Tornement des villes de la Grèce '. Mais Pison u'était pas moins avide d'amasser de Targent ; aussi s'élait-il fût donner par son ami Publius Clodius (le trop fameux Iribtiu du peuple de Tannée 58, dont il avait grassement payé les services) — contrairement aux lois et aux usages, et spécialement en opposition avec une loi qu'avait fait passer, en 59 av. J.-C, Gaius Julius César, pendant son consulat, loi qui prescrivait le strict respect des privilèges des villes « libres » de l'empire — le droit de s'immiscer en qualité de juge dans Tadminislration financière des villes « libres » de son ressort et notamment dans les rapports qui existaient entre ces villes, pour la plupart profondément endettées, et Jcurs créanciers romains '. Si ces procédés (p. 399) paraissaient bien vexatoires, surtout aux banquiers romains, Pison se faisait bien payer, d'un autre côté, par les communes grecques pour paralyser l'activité des créanciers, des banquiers et des courtiers romains, et n'épargnait pas d'ailleurs aux Hellènes certaines mesures financières qu'il prenait dans son propre intérêt. C'est ainsi que toutes les parties delà province de Macédoine, et spécialement les grandes villes libres de Byzance, d'Apollonic, de Dyrrhachion, d'Ambracie; que l'Épire et la Thessalie, l'Étolie et les cantons voisins, Athènes, la Béotie et les cités du Péloponnèse, se virent forcées, de diverses manières, de remplir de leur argent la cassette de ce brigand de haut parage, qui, du reste, se rendait coupable d'autres méfaits; il
*) Cic, De prov, cons,, 3, 6. In Pison,, 'io, 8G.
*j Cic, Pro SesL, 43, 94. De jrrov. cons., 3 et 4, 6 et 7. — Nous ferons observer en outre que, vers 59 av. J.-C, des troubles avaient éclaté à Byzance qui avaient amené l'expulsion d'une partie des habitants et qui (p. 309), à rinsligalion du tribun du peuple, P. Clodius (Drimann, vol. H, p. 272), acheté par les exilés, durent être apaisés par le célèbre chef des aristocrates romains, M. Porcius Caton. Plut., Cal. min,, c, 34, fin., c. 36. Brut., c. 3. Cic, c. 34. A ces faits se rapportent aussi les passages de Cic, Pro Sest., 26, 56. 39, 84. Pro domo, 20. Val. Max., IV, 3, 2. Cf. aussi KuHN, Stadt. Verf,, vol. II, p. 27.
') Cic, De prov, cons., 3, 6. 4, 7, cf. In Pison., 16, 37. 24, 57. Voy. KuHN, vol. II, p. 23. C. ZuMPT, De lefj, et judic, repetund,, I, p. 62 et A. ZuMPT, Comm, Epigr.j vol. II, p. 198 sqq.