LA COLONIE DE PATRIE
depuis la hauteur d'Aroé (racropole) jusqu'au porl, sur le versant occidental de la colline oii se trouvaient le marché et les constructions voisines *. Comme Nicopolis, Palrae fut dotée d'un bel aqueduc qui amenait à la ville Teau d'une source située sur le penchant occidental de Tacropole. Dotée par Tempereurd'un territoire considérable, qui comprenait, outre toute TÂchaïe occidentale (du cap Araxos jusqu'aux frontières du district d'^gion), une vaste étendue de terre sur la côte étolienne située en face, avec un grand lac poissonneux près de Calydon et la majeure partie de la Locride ozolienne (à l'exception àyi territoire d'Amphissa), qui, à cette époque, commençait de nouveau au cap Anlirrhion*; mise en état, grâce à la faveur impériale, de terminer son port et d'autres édifices importants 3, la nouvelle ville — qui, grâce à sa position très favorable au trafic avec l'Italie et à la médiocrité des ports étoliens et acarnaniens du voisinage, était « le port naturel et l'entrepôt non seulement de la région nord-ouest du Péloponnèse, mais aussi du sud-ouest de la Grèce — put devenirrapidement florissante. L'industrie de Patrae prit aussi un essor rapide. Dans les grandes fabriques de la ville, de nombreuses et laborieuses femmes et jeunes filles (mais de mœurs trop légères) faisaient avec le byssos (peut-être une espèce de coton), qu'on cultivait dans rÉlide voisine, des filets pour les cheveux et des tissus d'une grande finesse *. Comme Nicopolis, la nouvelle métropole de rÉpire et de l'Acarnanie, la Coloiiia Aiigusta Aroe Patrensis, la nouvelle capitale de toute FAchaïe occidentale, reçut non seulement des présents d'un grand prix % mais fut aussi dotée
*) CuRTius, Pelop.y vol. I, p. 440 sqq.
») Strab., X, 2, 21 fio., p.' 706 (460). Pausan., X. 38, 4 et 5. Bursian, Geogr., I, p. 145.
') CuRTiL's, op. cit., p. 438. 442.
*) Strabon déjà parle de la population considérable de la Nouvelle-Palrœ, Vin,7, 5, p. 594 (387). Sur le byssos de TElide, v. Pausan., V, 5, 2. VI, 26, 4. Vn,21,7. Plin., iV.H.,XIX,i (4),2i.CuRTius,Pt'/op., vol. Il, p. 11, 95; sur les fabriques de Patrœ. Paus., Vit, 21, 7 et Curtius,vo1. I, p. 438 sqq., 453.
*) C'est ainsi que Patrœ reçut du « butin » étolien, entre autres choses, une statue de Dionysos Calydonien (Paus., Vil, 21, 1), et notamment celle d*Artémis Laphria de Calydon, qui fut placée dans le temple de cette déesse sur l'acropole de Patrœ (Paus., VII, 18, 6); « le culte d'Artémis Laphria était depuis longtemps florissant à Patrœ». Curtujs, p. 411. Prellbr, Gncc^i. Myth., vol. I, p. 235.