AC<,»UIS1TI0.NS DE PHILIPPE
raniiée 191), taudis qu'Aciliiis s'elforçail en vain de prendre Naupacie, non seulement déterminé la ville de Démétrias et le peuple entier des Magnètes à se rendre et pris possession d'une série de villes perrhébiennes et thessaliennes occupées par les Éloliens avant l'arrivée de Ba^bius (p. 120), mais il avait conquis le pays des Dolopes et les districts d'Amphilochia (sur le rivage oriental du golfe d'Âmbracie) et d'Aperanlia (sur le cours moyen de TAcheloos), qui, jusque-lk, avaient adhéré à la ligue étolienne \ En 190, il avait rendu les plus grands services aux Scipions avec un zèle remarquable pendant leur marche sur THellespont *, et en même temps profité de Toccasion pour faire d'importantes conquêtes en Thrace, et enfin pour reprendre diverses villes grecques de la côte (comme notamment Maronée et xiilnos) ', (et pour occuper les îles de Thasos et de Lemnos^). C'est ainsi que le roi avait réellement étendu de nouveau sa domination sur une grande parlie de la Grèce; la ïhessalie proprement dite surtout, déjà fort amoindrie par ses conquêtes, était tout entourée par ses possessions, même en admettant, ce qui est probable, que Philippe ait été, par suite du dernier soulèvement étolien (190-189 av. J.-C), repoussé du district moyen de TAchéloos et réduit à la possession de la Dolopie et à la suzeraineté sur TAthamanie *).
») Cf. Liv., XXXVI, 33. 3i. XXXVJII, 3. XXXIX, 23. 2i. 25, Appian., S'yr., c. 21. Plut., F/amin., c. 15.
«) Liv., XXXVII, 7; cf. XXXIX, 28. Appian., 3/t(ced., c. 7. Syr.,c. 23.
») Liv., XXXIX, 23. 24. 27. 28. Polyb., XXIH, 4 et 6.
•) Cf. MoMMSEN, Rom, Gesch., p. 755 et ci-dessus, p. 84; au temps de Persée, nous voyons aussi Samolhrace sous le protectorat macédonien,
••) Nous savons peu de chose sur ces contrées; nous voyons par Liv., XXXVIII, 3, que les Étoliens (v. plus haut) reprirent lors de leur dernier soulèvement Apérantia et Amphilochia; la tentative que fit Persée pour reprendre ces contrées n'eut pas de succès, d'après Liv., XXXMII, 5 et 7. 10. On ne nous dit pas si, lors de la soumission des Étoliens par M. Fulvius, ces cantons n'en revinrent pas moins à Philippe (ce qui d'ailleurs est très peu probable), ou si Philippe ne perdit déûnitivement ce territoire qu'avec ses autres possessions au sud de l'Olympe (v. ci-après); mais, pendant la troisième et la dernière guerre des Romains contre les Antigonides, ces contrées sont complètement S('*parées de la Macédoine et (notamment Apérantia) ont les relations les plus intimes avec les Étoliens: cf. Liv., XLIII, 22 (il en était de même d'Amphipolis, d'après Diodore, XXXI, 8, 3.) Dolopia, par contre, également occupée par les Étoliens lors de ce
LES ACHÉENS s'eMPARIlNT DE LA MESSÉME ET D*JIÉRACLÉE 133
Los Achéens n'avaient pas été moins heureux. En 19i av. J.-C, ils avaient tourné leurs armes contre les cantons péloponnésiens, TÉlide et la Messénîe, alliés des Eloliens, — fermement décidés à réaliser enfin Tancion plan d'Aratos, qui consistait à réunir le Péloponnèse tout entier sous les lois de leur ligue. En effet, ils avaient réussi. Après l'expulsion d'Antioclius et la prise dHéraclée, les Éléens» qui voyaient leurs anciens alliés les Étolieiis succomber aussi à la puissance romaine, n'ppposèrent pas une résistance opiniâtre aux Achéens, et c'est ainsi que la Ligue gagna un territoire où, malgré les nombreux ravages des dernières guerres dc^puis Tannée 220, il y avait encore un grand bien-ôtn» rt surtout une population agricole, robuste et laborieuse*. Li»s Messénicns, au contraire, étaient bien décidés à s'en remettre au sort des batailles ; mais ils furent bientôt réduits à une telle extrémité par Diciphane, le chef de la ligue achéenne pour l'année 194, un officier de talent de Técole de Philopœmen, qu'il ne leur resta plus qu'à invoquer rintervention de Flamininus, qui cependant finit par donner ces cantons aussi à la ligue achéenne. Tout le Péloponnèse se trouvait donc réuni en une confédération fortement conslituée'! Ces succès augmentaient décidément le courage des Achéens. Non seulement ils prirent part dès lors à la lutte contre les Eloliens en 190 et en 189; mais, dans l'été de Tan 190, Diophane amena au roi Eumènell un contingent fédéral de 1,000 fantassins et 100 cavaliers, vétérans éprouvés avec Ii'squels, en s'appuyant surPergame, ilcombattitavec un brillant succès un détachementde trou])es syrienm^s et prit de plus
soulèvement, paraît avoir élé reprise par Pers('*e pour son pire (Liv., XXXVIII, 3.5. XXXIX, 26). Quanta l'Athamanie, le prince Amynflffidre disparaît de rhistoire depuis la défaite finale des Ktoliens (son fils Galœstès parait plus tard, Diod., frmjm. St-oriaL lihh., 30 sqq. n. 23 chez Bekker, Diod. bibl.,, lom. IV, p. 205, comme avenlurior militaire au service de l'Kgypte); en attendant, on ne sait si les Macédoniens ont réussi à reconquérir le pays tout entier ou seulement à se maintenir dans les deux forteresses d^Athénœon et de Pœlneion, qui, il est vrai, dominaient tout ce petit pays do montagnes (Liv., XXXVIil, 1 sqq. XXXIX, 2i. 25. 20.) Cf. Weisse.n- BOBX ad Liv., XXXVIII, li et Schorn, p. 327.
«) Cf. Liv., XXXVÏ, 5, 31 et ;fô. Polyu., îV,73, 0 s(|q. 74, «.
*) Liv., XXXVI, 31. Cf. les hypothèses de E. Ci:rtii:s sur la ville de Corone dans VArchaolog. ZeUuntj do (jehhard, 1855, ii^ 75, p. 30 sqq. Hermann, Griech. StmtmHerth,y p. 602.