‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 65 sur 186 · ATHÈNES FAVORISÉE PAR LE SÉNAT · texte numérisé non relu

ATHÈNES FAVORISÉE PAR LE SÉNAT

Il ne fallait plus songer à résister. Ces mille hommes, et parmi eux Polybe, dont le père, Lycortas, était mort probablement peu de temps auparavant et avait été préservé de ce dernier affront par cette mort survenue à propos *, durent réellement parlirpour iltalie. Ces hommes, « la force et Tâme du Péloponnèse régénéré, qui, dans leur jeunesse, avaient été la brillanle escorte dePhilopœmen les jours de fête et de bataille * », allaient maintenant au-devant d*uue triste destinée. Car à Rome il n'était nullement question de Tenquète annoncée. Comme les autres Grecs transportés en Italie, ces Péloponnésiensfuront traités par le Sénat comme des traîtres condamnés par leurs concitoyens. Ces malheureux (un seul excepté, voy. ci-après, p. 222) furent u internés » dans les villes d*Étruric, et tous ceux qui tentaient de se soustraire par la fuite à cet exil sans espoir punis de morts.

Un seul Etat grec, Athènes, retira un triste profit de ces temps désastreux. Aucune plainte n'avait été formulée contre Athènes, dont les habitants avaient non seulement soutenu les Romains de toutes leurs forcespendant laguerre,mais avaient

\ Cf. ScHORN, p. 373. NiTzsoH, Polybios, p. 27. Comme Archon, dont la destinée ultérieure nous est également inconnue, il est nommé pour la dernière fois à propos de la question d'Egypte (Polyu., XXIX, 10, 6 et 7).

*) NiTzscH, Polybios, p. 28.

3) Liv., XLV, 31. PoLYD., XXX, 10. 2. 3. 8-11. Paus., VII, 10, 2. ZoNAR., IX, 31 init. D'après Pausanias, qui, malheureusement, est le seul qui Dous donne des détails sur cette catastrophe, les émissaires romains (èxéXc'j(Tev — àvfipùïv, lœ. cU,) auraient exigéde l'Assemblée achéenne qu'elle condamnât à mort ceux qui s'étaient compromis; on ne devait nommer les accusés qu*après avoir fait prononcer cette sentence. Si l'on pouvait entièrement se fier à cet auteur, les faits seraient à peu près les suivants: les Romains demandaient que l'Assemblée déclarilt provisoirement comme un crime digne de mort la conduite stigmatisée par eux ; ceci Fait, il dépendait des accusateurs de mettre tous les confédérés qui leur déplaisaient, à eux ou à Callicrate, dans une position où ils se sentaient perdus d'avance par la sentence imprudente de leurs propres concitoyens. Mais les Achéens repoussèrent cette exigence pleine d'astuce : ils demandèrent évidemment la désignation spéciale et immédiate de chaque cas particulier et de chaque homme qui devaient donner lieu à une enquête. Nous ne savons pas non plus si, lors de l'arrestation définitive des mille accusés, l'Assemblée fédérale a pris quelque mesure qui plus tard a pu fournir au Sénat un prétexte pour (PoLvn , XXXI, 8, 2) déclarer à une ambassade achéenne que les confédérés avaient eux-mêmes déjà jugé coupables et condamné leurs concitoyens. (Sur Andronidas, v. Polyw., XXX, 20, 2).

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