ANTIQUITÉS HISTORIQUES EN ACHAÏE
qu'à l'époque mythique, était TArcadie, ce pays des mythes et des h'gendes du temps des dieux et des héros, qui y étaient exceptionnellement ahondants. Nous rappellerons seulement que Ton montrait entre autres, près deMcinlinée, les tombeaux des filles du vieux Pélias, devenues parricides par les perfides conseils de Médée, ainsi que le tombeau de Pénélope \ en même temps que cette contrée prétendait posséder, au pied du mont Anchisia, le tombeau du vieux prince troyen Anchise ^ Près d'Héraea s'élevait toujours la tertre recouvrant le tombeau de Corœbos, le premier vainqueur aux jeux Olympiques connu dans l'histoire^. Quant aux monuments de la ville de Sparte, il est aussi superflu de les énumérer un à un que ce l'eût été pour Athènts, Olympie et Delphes. Il suffira de rappeler, pour les temps les plus anciens, qu'à Sparte on montrait sur l'agora, près du sanctuaire des Mœres ou Parques, le tombeau d'Oreste % ainsi que celui-de Tisamenos, à l'endroit où se faisaient les « syssilies » ^ A l'extrémité de la rue Aphetœ, près du mur d'enceinte, se trouvaient les tombeaux royaux des Euryponlides% et, sur la place Théomélida, les tombeaux des Agiades \ Dans cette fameuse rue Aphetse, près de l'agora, s'élevait également ce qu'on appelait la Booneta, la maison du roi Polydoros, d'antique célébrité^; on montrait aussi l'héroon du fameux législateur Chilon ^ et le tombeau du poète Alcman '°. La ville laconienne d'Acriae se vantait de posséder la plus ancienne de toutes les statues consacrées dans le Péloponnèse à la Mère des dieux^', tandis que Cythère s'enorgueillissait de sor sanctuaire d'Aphrodite Ourania, le plus ancien que celle-ci eut dans toute la Grèce *^
*) Palîsan., VIII, 11,2: 12,3.
'-) Pausan., VIII, 12, 5 fin.
') Pausan., VIII, 26, 3.
0 Pausan., Ill, 11, 8.
2) Pausan., VII, 1, 3 fin.
«) Pausan., Ill, 12, 7.
^) Pausan., III, 14, 2.
8) Pausan., III, 12, 1 et 3.
9) Pausan., III, 16, 4.
1») Pausan., III, 15, 2.
") Pausan., III. 22, 4.
"' Pausan., III, 23, 1.
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Près des ruines de Cyphanta, on montrait une source qu'Ata- Jante avait fait jaillir d'un rocher avec son épieu de chasse*. Sur le cap Ténare on voyait, outre d'autres monuments, la statue en airain'^d'Arion, le célèbre joueur de cithare, avec son dauphin ^ A Gérénia se trouvaient le tombeau, la statue en airain et le sanctuaire de Machaon, toujours très fréquenté par les malades qui venaient y chercher la g^uérison '\ Nous avons déjà parlé plus haut des monuments de Corinthe. A Argos, il y en avait une foule; citons, dans la contrée, le tombeau de Thyeste*; dans la ville, celui de Linos% celui de Danaos et le lieu du jugement d'Hypermnestre ^, ainsi que le tombeau d'Epiménide \ la maison d'Adraste et le tombeau d'Ériphyle^; puis les statues en marbre de Cléobis et de Biton^ les deux frères célèbres par leur piété filiale, et la statue de Télésilla**^, l'héroïne et poétesse tant célébrée. Près de Némée, on monlrait l'antre du lion mythologique et le tombeau d'Opheltès **, et à Téménion le tombeau de FHéraciide Téméncs, d'antique mémoire *^ Sicyone, toute déchue qu'elle était, possédait encore beaucoup de restes précieux et de monuments remarquables, parmi lesquels nous citerons, sur le territoire de la ville, le tombeau du poète comique athénien Eupolis*^; dans la ville, la statue d'Aratos au théâtre **, ainsi que Fhéroon déjà mentionné de ce grand homme d'État*^. A Trœzène, on montrait le stade où s'exerçait Hippolyte ^"^ ; dans le voisinage, le rocher où
1) Pausan., III, 24, 2.
-) Pausan., Ill, 25, 5.
') Pausan., III, 26, 7.
*) Pausan., II, 18, 2.
«) Pausan., II, 19, 7. '
«) Pausan., II, 20, 4-5.
') Pausan., II, 21. 4.
8J Pausan., II, 23, 2.
9) Pausan., II, 20, 2.
") Pausan., II, 20, 7, et plus tard encore Tatian., Orat. ad Grœc, 33.
*j Pausan., II, 15, 2-3.
'-) Pausan., II, 38, 1.
^) Pausan., II, 7, 4.
*) Pausan., II, 7, 5.
«) Pausan., II, 8, 2; 9, 4. 6. Cf. ci-dessus, pp. 225-226.
«) Pausan., II, 32, 3. Cf. ci-df^ssus, pp. 222-223.
ANTIQUITÉS IIISTOKIOI'KS EN ACUAlb: 46o
Thésée trouva les souliers et l'épée d'Egée * , et dans l'île de Calaurie naturellement le tombeau de Démosthène dans Tantique sanctuaire de Poseidon^; enfin, dans l'île d'Égine, le tombeau d'Éaque^ Dans la région de la Mégaride, on connaissait toujours les tombeaux des anciens rois préhistoriques Pandion et Nisos', et à Mégare, entre autres, les tombeaux d'Alcmène et d'Hyllos^ Telle était donc encore — pour ne toucher qu'à peine aux périodes brillantes de la Grèce — son extrême richesse, à cette époque, en monuments et en souvenirs locaux du passé. Il y faut également comprendre les antiquités de la Troade; dans cette dernière contrée, l'empereur Hadrien déjà avait fait restaurer à ses frais le tombeau d'Ajax, détruit par les flots, et fait de nouveau inhumer les gigantesques ossements qui, dit-on, avaient alors été mis à découvert ^ C'est l'occasion de mentionner également les ossements, gigantesques aussi^ de héros des temps antiques que Ton prétendait posséder en plusieurs endroits de la Grèce, comme en Troade, dans les îles et en Thessalie '.
Il suffit à notre tâche d'énumérer cette série de monuments (pour ne plus parler des innombrables chefs-d'œuvre des arts plastiques) : nous pouvons mentionner en même temps les nombreuses « reliques « de toutes les époques (p. 220 sqq.) que Ton montrait encore en Grèce bien longtemps après Septime- Sévëre ^ Aux curiosités de ce genre déjà indiquées, ajoutons un jouet de l'héroïne mythique Hippodamie , que l'on conservait à Olympic %• à Athènes, entre autres, le cheval de Troie^ comme on l'appelait, dans l'acropole, et même une
«) Pausan., II, 32,7 ; 34.6.
') Pausan., 11,33,3.
■') Pausan., II, 29, 6 fin.
*) Pausan., I, 5, 3 et 39, 4.
-) Pausan., 1,41, 1-3.
") Philostrat., Heroic, p. 668 (éd. Kayser, p. 288 inil.).
') Philostrat., op. cit., p. 669 (p. 288 sqq., éd. Kayser).
«) Les particuliers agissaient absolument de même ; ils achetaient volontiers, eux aussi, par les motifs les plus divers, les souvenirs des hommes célèbres, notamment d'une époque récente; ainsi, du temps de Lucien, quelqu'un avait acquis pour trois mille drachmes la lampe de travail du stoïcien Épictète (LuciAN., Adv. indoct,, 13).
3) Pausan., V, 20, 1.