TREMBLEMENT DE TERRE EN GRÈCE
que celle que Valentinien I*^'' avait exercée sur l'empereur Yalens. Mais les Grecs, après la mort de Yalentinien, furent, h vrai dire, à peu près ignorés du gouvernement lointain de Trêves. Il est probable pourtant qu'ils bénéficièrent aussi de la grande remise des impôts en retard par laquelle Gralien inaugura sa domination. Quant à Gratien personnellement, quoiqu'il fût l'élève du classique Ausone, il avait de tout autres préoccupations que la sympathie pour le caractère propre des Grecs. Ce zélé homoousien, qui, dès le commencement de 376, rompit pour toujours avec le principe de la liberté religieuse, ne se contenta pas de la satisfaction de voir que ses sujets grecs chrétiens appartenaient sans exception à la confession catholique; il ne cessa de s'intéresser, avant tout, à la lutte ouverte dans les pays situés à l'ouest de l'empire de Yalens contre les Ariens et les Donatistes. Et bientôt le danger dont les Germains menaçaient l'empire se déclara sur plusieurs points, et si menaçant, que Gratien et Justine purent à peine songer à guérir les plaies dont un terrible événement naturel frappa les Grecs bientôt après la mort de Valentinien I".
En effet, peu de temps après la mort de Valentinien I" et dans la même année (375), les provinces grecques furent dévastées par un des plus terribles entre les nombreux tremblements de terre relatés dans les annales de la Grèce. L'île de Crète, le Péloponnèse, une grande partie du continent furent cruellement éprouvés ^ Il est probable que non seulement plusieurs villes furent complètement détruites, comme Nicopolis, qui reçut alors le dernier coup', mais que nous devons
*) ZosiM., IV, 18, 2. V, 6, 5. Si (cf. ci-dessus, p. 279,1), ce qui est, du reste, difficile à établir, le passage de Gedhenus, éd. Bonn, vol. I, p. 550 sqq. (P. p. 314 c. d) doit être appliqué à ce tremblement de terre, (Alexandrie, la Sicile), l'Épire, la Béotie, le Péloponnèse et la Crète éprouvèrent alors des secousses particulièrement violentes.
*) « Dans la dernière moitié du iv® siècle ap. J.-C, la plus grande partie de Nicopolis se trouvait dans la possession de Paula, une ces pieuses dames romaines qui sont connues par leur dévouement à saint Jérôme. » Ainsi parle Finlay, op. cit., p. 54, d'après Milman, History of Latin Christianity, I, 73. (Selon saint Jérôme, la mère de Paula, Blœsilla, était de la famille des Gracques et des Scipions, tandis que son père Rogatus se faisait descendre d'Agamemnon. Son époux Toxotius se vantait de descendre d'Énée et des Jules, ce qui explique pourquoi sa fille Eustochium s'appelait