PREFACE
La plupart des historiens de la Grèce ont limité leur œuvre à l'époque où l'intervention des Romains dans les affaires de ce pays en confondit en partie l'histoire avec celle de Rome. Quelques-uns même ont pensé que les dernières années de la Grèce libre ne méritent pas d'être racontées j le plus considérable entre ces historiens, Grote, n'a pas prolongé son grand ouvrage au delà du récit des luttes qui suivirent la mortM' Alexandre.
Ces dédains ne me semblent pas justifiés. Un peuple tel que le peuple grec mérite d'être étudié même dans sa décadence; sa vie ne fut pas finie du jour où il perdit sa liberté politique. L'influence très-marquée qu'il exerça ensuite sur ses vainqueurs et la prééminence qui lui demeura dans les lettres, dans l'éducation des
jeunes gens , ne sont-elles pas une preuve suffisante que la Grèce respirait encore ?
Elle n'était plus qu'une province dans l'immense empire romain. Mais, à ce point de vue même, quelle lumière ne jetterait pas sur l'histoire de l'Empire une suite de monographies où serait étudiée , avec un détail suffisant, chacune des provinces dont il se composait? Un tel travail a été fait déjà pour la Gaule, pour l'Asie, pour d'autres régions encore. J'essaie ici de raconter brièvement l'histoire de la Grèce sous la domination des Romains, sans négliger rien d'important parmi les nombreux matériaux que nous a transmis cette époque.