DAMAS
Ces pièces étaient appuyées d’un mémoire, dans lequel la Basse-Terre développait les motifs de ses craintes, mais sans dire aux autres paroisses qu'elle avait recouru à la grave mesure de retenir le gouverneur prisonnier. .Cependant le bruit s’en était répandu. Les comités s’assemblent en toute hâte, et décident d'envoyer à la Basse-Terre des députés pour prendre connaissance des faits. Quelques-uns, sur les pièces qui leur sont adressées, font, par avance, connaître leur opinion. Le procès-verbal du comité du Petit-Canal blämait même en termes sévères la conduite des citoyens de la Basse-Terre; comme la plupart de ceux qui ont signé ce blâme deviendront plus tard l'objet de la persécution des patriotes, nous pensons devoir faire
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connaître leurs noms et rapporter en entier le procès-verbal du comité.
« Aujourd'hui dix-huit du mois de septembre mil sept cent « quatre-vingt-dix, à neuf heures du matin, les paroïissiens, « assemblés extraordinairement sur une lettre de convocation « de M. le président du comité, à l'effet de prendre connais- « sance d’un paquet adressé par le comité général colonial à « la paroisse assemblée ; après avoir nommé M. Robert Poyen « président et M. Chabaud secrétaire, l'assemblée paroissiale a « fait l’ouverture dudit paquet, contenant une lettre du comité « général colonial, copie d’une lettre de M. de Damas à M. le ‘« gouverneur de la Guadeloupe, datée du Gros-Morne-Martini- « que, le 6 septembre de cette année, copie d’une autre lettre « écrite par M. du Rouil, commandant d'artillerie, à M. Bordier, « directeur du domaine à la Guadeoupe, au Gros-Morne de la « Martinique, le 7 septembre 1790; et enfin copie d'une lettre « de M. de Damas à M. le gouverneur de la Guadeloupe, en « date du 7 juin de cette année.
« Lecture faite desdites lettres, lescitoyens de cette paroïsse, « aussi surpris qu'affligés de l’interprétation maligne donnée à « des expressions aussi simples que relatives aux circonstances, « déclarent ne rien voir dans la réponse de M. de Damas qui « puisse laisser les moindres soupçons sur les démarches de « M. de Clugny, leur gouverneur; qu’au contraire celle du 6 de « ce mois prouve évidemment, en lui annonçant le vide de la « caisse distribuée aux soldats, que sa demande portait sur un « secours purement pécuniaire; que, quant à la lettre de M. de « Damas du 7 juin de cette année, ils trouvent qu’il était au « moins inutile de la rappeler au souvenir des citoyens, d’après « surtout la publicité que M. le gouverneur lui-même lui « avait donnée dans toute la colonie; et qu’enfin la lettre de « M. du Rouil, en date du 7 du courant, justifie encore la. « légitimité de cette interprétation, la seule raisonnable qu’on « puisse en induire « Instruits éncore par la voix publique, qu’on s’est permis « d’enchainer le pouvoir exécutif, sans avoir desuite convoqué
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