RAT TRES
« d'une dissension funeste pour se livrer au désordre; nous « venons avec la ferme résolution de faire rentrer dans le « respect et la soumission qu'elle doit aux blancs une classe « d'hommes dont les prétentions absurdes et choquantes, mal- « heureusement soutenues par l’erreur de quelques-uns de « nos frères, ont été la source la plus féconde des maux qui « affligent cette colonie; nous venons enfin inviter ceux de nos « frères qui ne pensent pas comme nous à repousser tout « projet de combat, dont le triomphe, quel qu’il soit, ne « saurait causer une joie pure, et graverait sans doute des im- « pressions douloureuses dans des cœurs qui doivent au même « sang la vie et le sentiment. Chacun de retour dans ses foyers, « tous invoqueront la raison et la sagesse pour prendre paisi- « blement le parti qu’elles leur dicteront, ou, si l’on craint « encore la discorde par la différence des opinions, on attendra « tranquillement de l'assemblée nationale la médiation néces- « saire pour concilier tous les intérêts. » L
Par cette proclamation, on s’assure que les Pierrotins avaient induit en erreur les citoyens militaires et les militaires citoyens de la Guadeloupe; que ceux-ci croyaient marcher contre les hommes de couleur soulevés contre les deux villes de Saint- Pierre et du Fort-Royal à l’effet de faire prévaloir des prétentions absurdes et choquantes. La vérité c’est que, dans le moment, les hommes de couleur de la Martinique n'avaient qu’une prétention, celle de soutenir l’autorité contre des factieux auxquels, sans s’en douter, les patriotes de la Guadeloupe allaient se . mêler. Il est vrai que, pour le patriote, le factieux était celui qui accordait son appui à l'autorité : ainsi, en France, parlant de la troupe, on disait : « Les seuls déserteurs sont ceux qui « n'ont point abandonné leurs drapeaux. »
Comme chef de l’armée, Dugommier ne crut pas devoir faire une proclamation, mais il adressa au gouverneur la lettre que voici : |