Tran^iHiBition piiiilique
PÉBIPHRASES 305
on cherchait dans tous Les Etats, afin de distraire le roi, de belles lilles vierges, qu'on mettait dans le harem, à la garde des eunuques. La vuLgate disait rudement : Diseruntque pueri régis ac ministri ejus : Qaerantur fegi paellm virgines ac speciosa, et mittantur qui considèrent per universas provincias paellas speciosas et firffines, et adducant eas ad civitatcm Sasan, et tradant eas in domum feminaram {Esther, II, 2-4), ïlacine traduit ; Dans ses nombreux Etals il fallut donc chercher Quelque nouvel objet qui l'en pût détacher. . . Les filles de l'Egypte à Suse comparurent (III, 167, Esth., V. 37-W).
Toutes ces femmes se préparent en femmes d'Orient, passent un an dans les parfums, se fardent en vue de la nuit qui décidera de leur sort, puisque le maître, après une première rencontre, choisira une reine, ou renverra sa compagne éphémère dans le harem. II n'est point question du mot harem qui n'existait pas, mais Racine s'était servi ailleurs de sérail; ici il n'a garde, il profère abandonner le texte et se souvenir d'un passage de Tacite:
Qui pourroit cependant t'exprimer les cabales Que formoit en cea iieus ce peuple de rivales. Qui toutes disputant ua si ^rand intérêt, Des yeux d'Assuérus altendoient leur arrêt ? Chacun avoit sa brigue et de puissants sutFrages : L'une d'un sang fameux vantoit les avantages ; L'autre, pour se parer de superbes atours, Des plus adroites mains empruntoit le secours. Et moi, pour toute brig'ue et pour tout arlifice. De mes larmes au ciel j'ofirois le sacrifice. Hntin on m'annonça l'ordre d'Assuérus.
Devant ce fier monarque, Llise, je parus
De mes foibles attraits leRoi parut frappé.
Dnlin avec des yeux où régnoit la douceur : « Soyez reine », dit'il ; et dès ce moment même De sa main sur mon front posa son diadème.
{111,469-70, Esther, v. so-ie.) Boileau a encore quelques mots réalistes dans ses Satires ', genre qu'il élève cependant au-dessus de sa condition antérieure. Dans
1. . Redouter BG9 balacrs pleins d'ail el de l»bae • (Ss(, X. v, 872, éd. B,S. P., I, ?63); •• Auxehieni, aux ekatt, aux bonca oITrir des sacrifices >> {S»f. XII, v. D7, Ib., I, t:9ï). Trois éditions, entre 1711 cl 1Tt3 portent : aux rats, au lieu de boact. On lit uu vers 97 el suivants : ail, oignon, famier. Crasse, conplt, piices, haîtlom, lales gueniUoiu, ehijfoa», ordore, bat (un), toalier, grimaçaai, rapetatsii, bout de firelle, rieax mttqae pelé, japon, jape. etc. se Lruuvenl dans U Salira X, du v. 309 auv. iTi. Hitloire de la Langue françaite. IV zo
les « grands genres ' », il s'exerce à représeater par de nobles images les phénomènes de la nature, ou bien la fusillade elles coups de mine :
Dix mille vaillans Alcides,
Les bordant de toutes parts,
D'éclairs Ati loin kumicides
Font pétiller leurs remparts ;
Et, dans son tein infidèle.
Partout la terre y recèle
Un feu prêt à s'élancer,
Qui, soudain perçant son gouffre.
Ouvre un sépulcre de souffre
A quiconque ose avancer.
(Prise de N&mur, v. ai et suiv.) Bossuet, après avoir rapporté des paroles d'Anne de Gonzague, où il est question de « bonnes vieilles '>, de » l'étable » où elles vivent, de leurs <( ustensiles », craint d'avoir choqué les oreilles délicates, et il s'excuse [Or. fun., éd. Réb., 339). Dans le récit du songe qu'elle eut, la princesse disait simplement : « Je courus... à lui pour lui ôter le petit poulet, et comme je voulais lui ouvrir la gueule, j'entendis quelqu'un qui disait : C'en est fait, il l'a avalé ». Dans l'oraison funèbre la transposition est complète, la princesse voit I' une poule devenue mère, empressée autour des petits quVUe conduisait... Elle accourt, elle lui arrache cet innocent animal... On lui crie d'un autre côté qu'il le fallait rendre au ravisseur, dont on éteindrait l'ardeur en lui enlevant sa proie >< [Ib., 353).
Dans les genres dits inférieurs, les scrupules ont été moindres. Sans doute Moliùre gaze souvent, et pour dire les choses, applique les divers procédés qui sont si fort en honneur. Ou bien il ne nomme pas : Sans préjudice encor d'un accident bien pire, Qui m'afflige un endroit que je ne veux pas dire (II, 180, Sgan.,^f. 221-2:. Ou il voile : il n'est rien tel, Madame, croyez-moi. Que d'avoir un mari la nuit auprès de soi ; Ne fût-ce que pour l'heur d'avoir qui vous salue D'un Dieu vous soit en aide ! alors qu'on éternue (11, Itiit, Sgan., V. 87-90) ''.
Mais en général il n'y regarde pas de très près, qu'il s'agisse du mariage, de l'amour, des relations des sexes ^, ou des choses do la