‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 2)Chapitre 56 sur 202 · CO (U M · texte numérisé non relu

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LA DIFFUSION DE L ORTHOCEtAPHE 131

Seulement c'est là ce que nous appellerions un Cours supérieur, et il est seul de son espèce. En général, les manuels étaient loin d'avoir cette valeur. C'étaient de petits livrets, fort secs, où se trouvaient réunis méthode de lecture, d'écriture, éléments de grammaire, d'arithmétique, prières et instruction chrétienne*. A partir (ie 16S0, ils se multiplient. La part qui y est faite à l'orthographe grandit et devient assez importante. Il n'est pas rare que l'exposé des règles essentielles soit suivi d'un petit recueil d'homonymes, qui souvent même étouffe le reste, pour lequel on s'en fie b la pratique ■.

Un des manuels en usage chez les maîtres écrivains a eu de nombreuses éditions, c'est celui qu'a donné de Blégny. Reçu maître en lt>67, il paie sa dette par un traité d'orthographe^ : o Si le caractère est le corps de l'écriture, l'orthografe en est l'ànie », dil-il (Au Lecteur), et il embrasse toute la matière, orthographe de règles comprise. Mais il a dopné plus tard un livre d'ensemble : Les Elemens ou premières instructions de la Jeunesse. Paris, 1691.

Od peut lire dans l'épltre des mois qui étonnent et indiquent une mélhode toute ptrlicuUère, bien éloignée de celle qu'on suivait alors : ■ Vous avei ordonné que [tt Maîtres de vfttro Ecole luivroient vôtre Méthode, qui eal raisonnée et senaible Itiut ensemble. Et parce que vous voulez que la mémoire loit réglée par le jugement, cl loùtenuc par l'imagina Lion, vous donnez des Maîtres, qui en sui\ani la méthode de Socnite, sçavent adroitement les interroger, pour en tirer des réponses conformes aux demandes qu'on leur fait •.

I. L'école d'Irson avait les siens, qui avaient éLécomposéspBrlefondateur:LeGranif Alphtbet FrançoU non encore vta , .. pour apprendre i bien lire, prononcer, écrire et Ortbographer. Paris, 1S5T, chez M. Santeul, rue Bourg-l'Abbé. à l'Ecole de Charité deS'Leu, S* Gilles; Le Grand ^IpAaZwC ov la Grande Croix de Par-Diev. A PbHb, (hei M. SantevI..., où le livre se distribue, Aux Pauvres pour rien ; Aux Riches dprix bonnesteet raisonnable (S^Gcnev., Rés. , X, 35J]. Cf. Seconde parité de Calphabet roial là il traili de l'orlograf», de la prononciation, det letret snperfluëe, et luprimiet, panr bien parler Françit; Dont le leruenl aujoar-dui let meiiienrt Anleurt. Paris, J.de la Caille, 1057 (S" Genev.,X,3&3, in-8*]. Voici ce qu'en dit Irson: ■ Le Livre que tous avez fait de l'Orthographe a esté tellement estimé, qu'il h esté receu avec applau- I diisement jusques dans les Villes étrangères. Cet Ouvrage ne pourra paroltre petit ipi'i ceux qui n'en sçavent pas l'importance... Pour sçavoir comme vous avez rendu intelligibles les Principes de la Lecture, de l'Orthographe, de l'Ecriture, et enfin de loutes les Beautez de nôtre Langue, il ne faut qu'entrer dans l'Ecole que vAtre Charilé a fondée tresHivaatageu sèment pour les Pauvres, où vn grand nombre d'En- TiDS, qui y viennent pour estre enseignez gratuitement, n'en sortent (pour ainsi dire) que Philosophes. Vous avez fait voir par expéiience, qu'il y avoit vne Philo- Kphie propre aux Enfans;... vous faites de ces Enfans des Personnes vtiles au Public dins toute sorte d'emplois et de conditions de la vie civile a (Epistre a i^}. 1. A S'* Geneviève (Rés.X, 3&5), on a conservé un Alphabet contenant lea moU qvi 'ennne m^me prononctafion (ftceris signi^ead'on, Paris, Jean Promë, lOSl. C'est un li petit dictionnaire d'homunynes.

'. L'orlographe françoiae oa ianiqae melode contenant les Begleiqa'il eit necetre de lauoir pour icrire correctemenl. Paris, Gilles André, ISST, in-13' [B. N., X. IMIj. L'ouvrage est adressé au syndic, dojren et maîtres experts et jurés écrivains. ~ La préface leur demande d'en conseiller la lecture é la jeunesse. Il y a des édi- Uoas pendant cinquante ans.

132 HISTOIRE DE LA LANGUE FnAKÇAlSB

L'ortho^aphe y figure à sa place, immédiatement derrière le traité d'écriture '.

11 existe beaucoup d'autres manuels, mais ils m'ont paru moins importants, et ils ont dû être moins répandus. J'aurais voulu pouvoir suivre, dans des éditions successives du célèbre Traité de l' École paroissiale, le développement des instructions relatives à l'enseignement orthographique. Malheureusement je n'ai pu retrouver un seul exemplaire de l'édilion originale de ce livre, que tout le monde cite et que personne n'a vue.

Ce qui est sir, c'est qu'en 1687, le livre contenait des Instructions familières qui ont dît être d'un usage général -. L'auteur rend hommage aux deux manuels d'Irson et de de Blégny, qu' « il essaie seulement d'adapterunpeu mieux aux besoins d'enfants sans latin ». Les principes exposés dans l' Avant-propos se résument ainsi : Enseigner surtout par des exemples. — Accoutumer les enfants à observer l'orthographe de leurs livres ; on les interroge ensuite et on les fait disputer sur leurs observations. — Donner à copier ou dicter. Le maître corrige, ou les enfants se corrigent l'un l'autre.

L'exposé des règles qui suit commence par un petit résumé des faits essentiels de grammaire: les articles, noms, verbes..., où on ne touche même pas aux distinctions de personnes dans les verbes (259-262). On explique les treize distinctions (prononciation et accents (262-266). A partir du chapitre 111, commencent les règles des mots classés d'après leur terminaison : 1° ceux en a, e, i ou le, {avocat, parti, surpris, écrit), u, eu. ue, eux (eur), 2' ceux en b, c (où on donne quelques explications sur les difCcultés d'écrire ce son), 3° ceux en g (avec explication des difficultés qui regardent le

1. Ce Livre a huit Partie». " La première contient la Métode de bien écrire. La «ecoudc des Exemplaires de toutes les sortes d'Ecritures d'usage. La troisième les Itegles de l'Orto^nfe. La quatrième un Traité d'ArilméUque... Les cinq et siiième renferment de petites Instructions concernans les bonnes mœurs. La septième contient un EsEBi de Lettres convenables A de Jeunes gen». Et ta huitième un Formulaire de llilIeLs, et autres sortes de petits Actes qui se font ordinairement sous signatures

" Les quatre prcniifres de ces huit Parties étant composées de choses qui regardent la Profession que j'eierce, ont fait le dessein de ce Livi'e, ne m'étanl proposé les quatre autres, qu'afln que copiant leurs discours, vous puissiez metti-c en pratique les Régies de l'Orlografe que voub aurez aprises ".

ï. Inslruclions familières compriseï en IV. traiUi, pour enseigner aux Enfant: 1. L'Orthographe Françoise, sans ta connoiisance de la Langue Latine. 3. Les principales ReglcH de l'Arithmétique. 3. I..es Maximes et les Pratiques fondamentales cis ta Heligion chrétienne.... 4. Les Pratiques plus faciles de la Civilité. Extraites de la IV. partie du Livre de l'Ecole Paroissiale, pour l'usage des petites Ecoles. Paris, Simon Langronne, ISBT. L'appi-obation est de 1669. Ce précieux livret se trouve au Musée pédagogique, n* 3bb79, derrière le volume intitulé : Imlraction mélhodiqoe pour VEeole paroistiale. . . par M. L. D. R. Prcstrc, éd. de 168^.

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