‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 113 sur 259 · iMJKjiiede la Pléiade, p. 17 de l'Inlrodiiflifin · texte numérisé non relu

iMJKjiiede la Pléiade, p. 17 de l'Inlrodiiflifin

'.\. \.v Owinlil (éd. P. 'iOO) dil : « rviiiiiorsellf ariiiHlurc francoysc, qui csl dite iii (Ircr Punoplin Cf. T\ard, lir>, Marly-Lavcuux :

TcH beaux yeux, cl la dnucc parole Du fol venin scint le doricnion !

i. Lyon. (Miill. Houille, i:>il>.

EMPRLMS AUX ALTHKS LANGLE.S 223

françaises et anciennes; Champier ^ en use déjà ainsi, et, pour ne pas citer d^lutfe exemple, le propre maître de Paré, Canappe. dont il a fort bien pu s'inspirer -. Paré n'innove donc rien. Et dès cette époque, dans la grave querelle que fit naître entre pharmaciens et médecins le pamphlet de Sébastien Collin sur les abus et tromperies des apothicaires, l'un des adversaires reproche plusieurs fois à l'autre de « bigarrer sa parole d'entretaillures latines » et de « commettre de coup a quille toutes sortes de barbarie et de ridicules compositions de latin et de françois, comme en disant : après levi ebuUitione de oleum absynthii ». On voit que cette méthode de farcissure était déjà ridiculisée aux environs de 1530 3.

Il importe toutefois de retenir le fait : il explique que sphincter, fhorax, cubitus, index, radius, humérus, tétanos, duodénum, ilion, miserere, sternum, rectum, sacrum, scrotum, gluten, etc.. nous soient parvenus sous une forme non francisée.

Les mots savants dans la langue littéraire. — 1° le latin. — Les déclarations et les doctrines perdent ici à peu près toute importance, car il y a une contradiction perpétuelle entre la pratique des auteurs et leurs théories. En fait, tout le monde ou presque tout le monde latinise. En principe, chacun s'élève contre les latiniseurs. Il faut bien chercher pour rencontrer un auteur qui professe que les mots empruntés à la source latine sont utiles ou ont bonne grâce. Peletier du Mans est presque seul à avoir eu ce courage et cette imprudence '.

1. Chez Champier les mots latins dominent encore. On lit alliiim ^32), ambra (45), npium (32). bdelliiim (29), cantharides 40), dictamnon i31).elehorus (47), folium (il), hedera (51), lacliua (42), malabatrum ^41), mandragora (51), petroseliniim (27, 32), spica nardi (i2), xy loba Isa muni (28 , ziiccarum (46 . Cependant on trouve baulme (27,28,29), cynahre (35), gomme (28). mithridat (25, 38), therebentine 28), trochiques (32), vesces (43), etc. Quelques-uns se lisent en deux langues : rheubai-barum, rheubarbe (29, 30): iusquiamiis, iusquiame: moschiis. musc (42). [Myrouel).

2. Canappe cite, sous leur forme antique, souvent en les expliquant : catalepsis (cest a dire rétention) (Muscles, 50 r"), condylus {Ibid., 30), cubitus {Ibid., 14 r"), diarlhrosis {Os. 5 v), enarthrosis {Ibid., 6\ epiphysis {Ibid., 55 r°), parencephalis {Muscles, 8 , phrenes {Ibid., 56 v). radius {Ibid., 21 v°), sphincter {Ibid., 14 r"), symphisis (Os, 4), synarlhrosis {Ibid., 5 v), synneu rosis, .syssarcosis {Ibid., 7 v°), nlna {Muscles, iO r"). etc.

3. Voir les Articulations de P. Brailler, sur l'Apologie de J. Surreth. médecin a Saint-Galmier, Lyon, 1558, p. 23.

1. « Un mot bien déduit du Latin aura Ijonnti gracp, an lui donnant la teinture Françoçsj», E ici ie n'os0 nommémanl dir0 cett* manier^ d0 deriuacion, ni cet^la : creignant d0 trop dccouurir l'Art. I0 dire bien que les Infinitiz an ire Latin, st peuu0t m)Sintefo(;s impunfmant conu(;rtir an i;- Fran<,'oçs: t^onmi»* de vagire, vagir : ambire. ambir: e les samblablés, que l'homme d'esprit saura bien iuger. le n0 i'^ré difficulté d'vser d«i Regnicoles, aprçs Claude de Scisscjl an sa Frefacp au Roç Louis, sus sa Traduccion des giiçrr^s Hommein0s d'Apian : ni ancor^s d0 repuisé, dont il a vsè an quelque androçl du Liuré m^me : combien qu0 nous puissions dire la repoussa, plus Franyoçs^mant » Art poétique, p. 37 . CA. p. 31 ce (|u'il dit du cas sjjécial du traducteur.

•22V HISTOIRE DK LA LANGLK FRAN(;AISI:

Dès le commencement du siècle, — elles protestations remontent plus haut encore, — les vieux artn de rhétorique pr()n(>ncent de sévères condamnations contre les excès des écorcheurs. Kabri répète contre eux la sentence. Geoffroy Torv. Rabelais, Des Periers les ont raillés '. Dolet les a (jualifiés de « sottelets <i^lf)rieux - »>. Marot et Sag-on se sont mutuellement reproché dans leur lonjjpue querelle de s'en prendre à la peau du latin '. CoUerye faisait des parodies de leur langage '*. Meig-ret a refusé de les suivre et d'asservir la grammaire française à la latine '. Rons;ird a affirmé (ju'il fallait rompre avec les devanciers, qui avaient sottement tiré des Romains une infinité de vocables étrangers, quand il y en a d'aussi bons dans leur langage ''. Pasquier a fait de cette habitude et de la paresse d'esprit qu'elle suppose une critique très pénétrante '. Henri

1. « Quant escumeiirs de latin disent : « Despumcin la verbocinalion latialc et transfrcton la Sequane au dilucule et crépuscule, puis deambulon par les quadriuies et platées de Lutece. et comme vcrisimiles amorabundcs captiuon la heniuolrnce de lomnipene et omniforiiie sexe féminin », me semble (juilzne se mouc(|uent seulement de leurs semblables, mais de leur mesme personne » {Champfleury, (If. Pantagruel. II, 6). Si Rabelais na pas pris à Tory cette phrase, qu'il reproduit presque sans y rien changer, dans l'histoire de l'écolier limousin, c'est qu'elle était déjà connue comme parodie du langage à la mode, et que tous deux l'ont empruntée aux historiettes orales courantes. Cf. Des Periers. .Vo;jr.. XH' : De laduocat (pii parloit latin a sa chambrière.

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