‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 225 sur 259 · NÉGATION · texte numérisé non relu

NÉGATION

III, ch. 13, t. II, 68) ; Doit pas regret la ioye estre suyuant (Marg. de Nav., Dern. po., p. 395); Comment ! dit le preuost, i'auois pas diet cela (Des Per., Œuv., t. II, p. 219i. Mais ils sont encore si rares que Maupas condamnera cet emploi de pas sans ne, comme une faute d'étrangers '.

I en va tout autrement dans les phrases interrogatives directes où l'omission de ne, que nous avons déjà signalée auxv^ siècle, est tout à fait fréquente : est ce point le Dieu Mars (Rons., 1, 133, M.-L.) ; conois tu pas Archidemi (Baïf, IV, 33) ; t'auroit il point, Madame, ainsi trompée (Tahur., II, p. 19, son. 20, Blanch.); voudriez vous point nienuoyer vn tonnerre [Mary, de la Marg., IV, 17) ; auez vous pas oy ce que ie veux (Lar., Jal., act. il, se. i, A. th. fr., t. VI, p. 22); est ce pas de vous que i'ay entendu (Du YAir, 334,6; cf. 349, 33; 333, 11; 393, 29, etc.) '^ Les exemples abonderont encore au xvii® siècle.

Même dans l'interrogation indirecte, on rencontre cette omission de ne : Il fault encores sauoir d'eulx... s' Hz se vouldroient point rendre (Loy. Serv., p. 278); voir si les Cheuaux, Vaches, ou Porcz y ont point entré (Noël du Fail, Prop. rust., I, 33); après disner enuoyerent sçauoir si les eaues estoient point escoulées (Marg. de Nav., Ileptam., I, 242, Hug., o. c, 263); ie vas veoir s'il a point affaire de moy (Lar., Jal., act. iv, se. v, A. th. fr., t, VI, p. 69); chacun peut iuqer si les hérétiques de nostre temps, sont pas les Aunnt-coureurs de V Antéchrist (Vigor, Serm. cath., 41); le désire sçauoir de vous... s'il y a point quelque chemin... (Du Vair, 393 et 396). Nous en reparlerons au xvii^ siècle.

RESTRICTIONS DANS L'EMPLOI DE NON. — La forme tonique de la négation non, là où nous mettrions ne, est encore très commune chez Rabelais : non /jouant en subiection contenir les Saxons (1. III, ch. 1, t. II, 19) ; non doubtant de leur feaulté [ib.) ; il me baillaen pénitence non le dire ne déceler a perso ne ib., ch. 19, ib. 98) ; non fera (Prol. du 1. III, ib., 12); paraduanture non seroys (1. III, ch. 24, ib., 120); le roy osta a^tous privilégiez quelconques... de

1. << Les estrangiers font souuent ce solœcisme en nostre langue d'obmettre la nejraliue A'e, quand leur propos contient l'vn desdits termes négatifs en apparence ; Disans : i'ay rien fait, i'ay iamais entendu... » Le propos, ajoute-t-il en substance, est ainsi plutôt aflirmatif, car c'est proprement la négation adhérente au verbe qui fait le sens négatif (Maupas. 1607, p. 358). Même remarque dans Oudin il643, p. 290).

2. Cf. une fine remarque de Meigret dont voici le sens. On peut dire sans négative : Iré' x^ou' pas a Rome? A' vou point été a Lion'.' Mais cette interrogation semble enlever le doute même de l'interrogation. La véritable interrogation est : Irez vous a Rome'.' (129 r").

non pluz auoyr du sel [J. B. P., 46) ; affin que me fasses inhibition de non procéder oultre (Dolet, Gest. de Fr. de F., p. 4). Malgré cela on peut dire que non se restreint peu à peu aux emplois où nous l'avons gardé, et qu'on ne le rencontre plus guère, en dehors de ces emplois, qu'après les verbes être ou faire, dans des formules négatives : non est certainement (H. Est., ApoL, II, 95) ; non feras certes (Id., ib.). Maupas, en 1607, donne encore une grande place à ces locutions (353 et 354).

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