‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 3)Chapitre 42 sur 259 · Paris, André Wechel, 1557. Il y a une édition do · texte numérisé non relu

Paris, André Wechel, 1557. Il y a une édition do

2. Comparer dans la Rhétorique de P. de Courcelles, Paris, Seb. Nivelle, 1557, une Epif^ramme latine liminaire :

Quicquid liabet Laliuni, (Iraii. prnpriique Icporis, Hoc quoque jure suuni, (ïallica linj^ua facil. Sic illam videas lin^uis prirslare duohus, Quie vint iin(i;uai-uni continet una trium.

3. A Paris, chez la veufiie Maurice de la Porte, 1555. \'oir p. 5 v° et suiv.

4. n Quoy que telz importuns dcgorjjeurs de latin en veillent iapcr, au contraire allcKans pour forlilîer leur opinion ie ne scay cumhit'n de manières de parler Latines que nous ne »<,•" '""'•>"" rendre mot pour mot en nôtre langue, pour vn trait de cette sorte qu'il/, métront en ieu, il est aisé île leur en allejruer vue infuiité d'autres en Kran(,'oys cpiil est impossible de rendre en la langue Latine aueques la mesme giace qu'il/ ont en la nôtre : (le cpie ie di de la lanjfue Latiiur, ie renlt''s aussi bien dire de la lanpie (îrccque et toute autre telle <pie ces opiniâtres lanjrars voudrôt luiut-loucr par dessus la Francoyse : lamais lan^^ue n'exprima mieux les conceptions de l'esprit que fait la nôtre : lamais langue ne fut plus douce à l'oreille cl plus coulante que la Krancoyse : lanuiis langue n'eut les termes plus propres (pie nous auons en Krancoys, et diray dauantage que iamais la langue (}rec(|ue ni Latine ne furent si riches ni tant abondantes en mots qu'est la nôtre, ce qui se pourroyt aisément prouucr par dix mille choses inuentecs que nous avons au-iourd'hui, chAcune auecques set mots et termes propres, dtuil les (îrccz ni le» Latins n'ouirent iamais seulement parler • (f' 6 V).

lecture de tels escrits » ', et toutefois, pris de la contag-ion, il publie ses vers français au milieu des latins. Il ne sait même plus se défendre de donner en passant l'élog-e obligé à ceux « dont l'industrie est dediee a rembellissement et illustration de leur lang-ue » -.

En somme, dans les œuvres d'imagination, à la fin du siècle, la victoire du français est complète. Qu'on consulte le facétieux Tabourot ^ ou le grave Du Vair^, l'opinion est la même : le sentiment s'est répandu qu'on ne pouvait se créer un style propre qu'en français. Le latin n'est pas éliminé ; comment l'eût-il été quand Du Bellay lui-même se jouait à s'en servir encore >^? mais l'ancienne proportion est renversée dans les œuvres ; ce n'est plus à lui qu'on s'adresse le plus souvent.

L'honneur de ce succès revient en grande partie à la Pléiade pour laquelle je ne voudrais pas paraître injuste. Ses apologies manquaient de précision, mais ses vers ont provoqué dans toute la France un élan d'enthousiasme. Or, c'était là le meilleur appui que des poètes pussent donner à la cause qu'ils défendaient. Pour faire triompher une idée, en poésie comme en art, mieux vaut un exemple qu'une théorie. Celui que donna Ronsard ne fut pas complet : mais il était néanmoins assez beau pour que le concert d'éloges empêchât d'entendre les critiques. Et dès lors on se précipita dans la voie, derrière lui. Si bien que, quand l'heure du retour en arrière eut sonné et qu'on vit les défauts du système, un résultat considérable était acquis; on bLàma les auteurs, on ne s'en prit pas à l'instrument qu'ils avaient manié. Malherbe eut beau trouver tout mauvais dans Ronsard, il ne fit pas porter la responsabilité de ses fautes à la langue. Il y songeait même si peu que, copiant presque Du Bellay, il déclarait que si Virgile et Horace revenaient au monde et voyaient la pauvreté des poètes latins modernes, des Bourbon et des Sirmond, ils leur « bailleroient le fouet ».

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