Paris, 1665, 2 voL
2. Voir: I, 136, 170, 175 ; II, 11, 20, 31, 37, 135, 1 i9, etc..
3. Voir : II, 38, 59, 118,166. Voici un échantillon de chacun de ces genres ; je suis obligé de citer parce que le livre est des plus rares :
1,131. — N'ay-je pas droict, sans qu'on me le dispute.
De passer pour Catin ?
Plus de cent fois i'ay fait la cullebute
Auec mon grand Cousin ;
On m'a baisé, l'on a cassé mes vitres :
N'ay-je pas mes titres, moy ?
N'ay-je pas mes titres ?
II, 18. — J'y consens, sans pareille Charlote,
De leuer ta cotte,
Pouraller p. . . ,
Sans te lasser.
Ne sors point de ta chambre
Pour faire de l'eau.
Tu pourois bien au lieu d'vn pot de chambre,
Prendre mon chapeau, etc. ..
manière de les respecter^ Les théoriciens de la politesse l'enseignent, et il ne faut pas regarder s'ils le font quelquefois d'une façon naïve et presque bouffonne. C'est ainsi que Bary, dans la Préface des Conversaiions gallantes, conseille aux écrivains d'imiter les Académiciens qui savent ne pas « donner tousjours à leurs pensées la liberté toute entière, surtout quand il y a des Filles parmy les femmes », un mot pouvant « devenir un boute-feu dans leur cœur » K L'abbé d'Aubignac enchérit. [G^'est à tort que « les privilèges du Mariage ont fait imaginer à quelques femmes, qu'elles ont la liberté de tout écouter, et de tout dire, ce qui est interdit aux filles ». Il veut bien admettre que, dans ce nouvel état, « elles reçoivent de nouvelles connoissances qui les peuvent tirer d'une contrainte que l'on ne doit jamais estimer trop scrupuleuse pour une jeune fille », et qu'elles acquièrent le « droict de parler librement de beaucoup de choses qui dépendent de leur condition ; encore fautil que ce soit par quelque sorte de nécessité, auec beaucoup de modestie, et dans vn langage qui ne choque en rien la bienséance » ■^.*
Charpentier va plus loin et conseille aux hommes d'être aussi scrupuleux, car « non seulement les Dames les fuyent (les mots déshonnêtes), les Hommes mesmes qui ont quelque politesse ne les sçauroient souffrir » 3.U( Les moins prudes, dit encore Bellegarde, s'en offensent, et veulent qu'on les ménage devant le Public> Tout le monde sait l'histoire de Dorimene ; A peine prend-elle le soin de cacher ses intrigues ; elle ne paroit point effraiée des déclarations qu'on lui fait en particulier; mais une parole un peu libre, quoiqu'on ne s'adresse point à elle, la gendarme, et elle fait semblant d'en rougir » [Reflex. sur le ridicule^ 250-231).
Le papier avait beau être, lui, « l'effronté qui ne rougit point », les règles de la conversation polie allaient devenir celles de la littérature de Cour. « Quoy-que nos mœurs ne soient peut-estre pas plus pures que celles de nos voisins, avoue Bouhours, nôtre langue est beaucoup plus chaste que les leurs, à prendre ce mot dans sa propre signification ; elle rejette non seulement toutes les expressions qui blessent la pudeur, et qui salissent tant soit peu l'imagination ; mais encore celles qui peuvent estre mal interprétées^ sa pureté va jusques au scrupule, comme celles des personnes qui ont la cons-
1. L'Esprit Curieux ou les Conversations Gallantes, Amsterdam, 16S1.
2. Conseils d'Ariste à Celimene sur les moyens de conserver sa Réputation, 1666, 61-64.