‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 152 sur 189 · EXCLUSION DKS MOTS DU PALAIS · texte numérisé non relu

EXCLUSION DKS MOTS DU PALAIS

inciclenter est d'usage, selon A. de B. {Refl., 260). Mais Fur. et A. ne le donnent que comme terme de palais et Renaud ne peut l'approuver (Man. de parler, 97). — O Pom., Duil., G. Miege, Rich., Th. Corn, ; * A^ qui l'admet même en dehors du palais; L. cite Retz. — nous incidenter sur la transsubstantiation, est une chicane peu digne d'eux (Bossuet, Hiat. des Var., II, 490); n'incidentons pas avec un homme qui ne cherche qu'à tout embrouiller fld., Avert. aux Prot., VI, § 48, 333).

inexécution — terme de palais (Fur.). Bellegarde constate que ce mot n'est guère emploj'é parles auteurs de son temps [Eleg., 290). — * Pom. ; o Duil. ; *G. Miege ; e Rich., A., Th. Corn.; * A2.

instigation — Vaugelas s'en était servi, contrairement à l'avis de l'Académie, Maucroix l'avait employé aussi, et Alemand estime qu'on peut s'en servir hors du palais {Nouv. Rem., 212-3). — * tous les lexiques, sauf Th. Corn. — l'ame sent à de certaines instigations confuses qu'il (le S'-Esprit) veut d'elle quelque chose qu'elle ne peut comprendre (Bossuet, Estats d'Orais., 138) ; les autres chefs du parti. . , portoient dans son cœur une secrette et puissante instigation à consommer l'entreprise (Id., Avert. aux Prot., V, § 34, 380).

interloquer — *Pom. ; o Duil., G. Miege; *Rich., Fur., A., Th. Corn., A2;*L.qui cite Sévigné. — On plaide, et je me trouve enfin interloquéel — Inlerloquée\ Ah ciel! quel affront est-ce là! Et vous avez souffert qu'on vous interloquât ! Une femme d'honneur se voir interloquée ! — Pourquoi donc de ce terme être si fort piquée ? c'est un mot du barreau. — C'est ce qu'il vous plaira; Mais juge, de ses jours, ne m'interloquera : Le mot est immodeste, et le terme me choque; Et je ne veux jamais souffrir qu'on m'interloque [Regnard, Lég. unio., a. III, se. 8, cf. Id., Critiq. du Lég., se. 5).

intimer — terme de palais (Rich.) ; *tous les lexiques, sauf Th. Corn. ; L. cite en dehors des emplois juridiques, un exemple de Bourdaloue : V^oilà. . . ce que j'ai à vous intimer de la part de Dieu.

intitulé n'a guère d'usage qu'en style de pratique (A. et A - qui sont seuls à donner le mot). — L'intitulé sera tel que l'on doit le faii'e. Et l'on le réduira dans le style ordinaire (Regnard, Légat, univ., a. IV, se. 6., cité par L.).

Labial — on appelle labiale, en terme de Palais, les offres qui se font simplement de bouche (A. de B., Suite, i&Q). Le mot est aussi terme de grammaire (Id. ,//>.). Il avait été repoussé par S'-Réal {De la Crit., 104). — * Fur,, Th. Corn., A^^.

légat (legs) — Ménage le donne comme mot provincial, qu'il oppose au lès Parisien (0., 1, 512). Le mot ne se dit en ce sens que dans les pays gouvernés par le Droit écrit (Fur.). — * Pom., Duil., G. Miege. — Ils payent les legnfs de pieté suivant sa volonté (Garasse, Doctr. cur., 930).

Mercuriale — signalé comme terme de palais par Richelet ; * Pom., G. Miege, Fur., A., A 2. Au sens figuré on le trouve partout. — Voilà le but où tend votre m<?rc{/rja/e (Montfleury, Fille Cap., a. 1, se. 7)*.

1. On pourrait ajouter morguer, regarder fixement un prisonnier, afin de le reconnaître. La morr/ue était un second guichet où l'on retenait le pi-isonnier pour que le guichetier, le « morgueur », fixât ses traits (v. Furet.).

Office. — La mesme chose se nomme office en style de formule dans les Provisions et les Edits du Roy, et charge^ dans la conversation (de Callières, Bon etmauv. us., 65, v. Schenk, p. 132). — * tous les lexiques, saufTli. Corn. — Duquel Employ de Trézorier, Nôtre Roy, pour salarier L'ardeur qu'il eut pour son Service, Luy fît don, en titre d'o/ice (Loret, 22 déc. 16')7, v. 173-176) ; on nedonneroit plus. . . d'offices de la couronne (La Roch., II, 145) ; Avoir, s'il se peut, un office lucratif (La Bruyère, II, 88). Voir le Lcx. de Mol. par Livet.

Plaid est dans tous les lexiques, avec le sens d'audience ou de « jours et temps où l'on plaide ■>•>. — Il s'en alla à la prochaine ville, où se tenoient les plaids {Ch&p., Guzni. d'Alf., III, 326 ; cf. d'Ouv., Contes, II, 80, Riclier, Or. bouff., 21). Racine l'a mis dans les Plaideurs (II, 146, v. 22) et Regnard dans les Vendanges (se. 3) : Va dire en diligence Au procureur fiscal qu'il tienne, en mon absence, Les plaids pour moi.

précaire — Après avoir dit que précaire et précairement sont fort en usage [Refl.,

~' 444), A. de B., se défendant contre un auteur qui refuse de reconnaître le mot

de précaire, dit : c'est pourtant un terme de Jurisprudence [Suite, 266), ce qui

est restreindre l'emploi du mot. -— o Pom., Duil., G. Miege; * B. F. ; o

Rich. ; * Fur., A. ; O Th. Corn.7"* A ^ ; L. cite Bossuet.

précairement — * B. F. seulement. — les Evesques ne l'éxerçoient (la puissance épiscopale) que précairement (Bossuet, Hist. des Var., I, 419) *.

Récépissé — terme du palais (Fur.), purement latin (A. et A 2) ; o Pom. ; *Duil. ; O G. Miege;* B. F., Rich.; o Th. Corn. — Traiter ainsi ma Fille! où Diable a-t-il pensé. De l'attendre au moyen de son récépissé ? (Th. Corn., D. Bertr. de Cig., a. I, se. 6).

rcprochable se dit plus ordinairement des témoins suspects qui peuvent être récusés (A. et A2\; * Pom,, Duil., G. Miege; O Rich. ; * Fur.; o Th. Corn. : * L. cite Pascal: ce qui aurait été rcprochable et injuste. — Il avait été employé dans un sens différent; tes premières amours qui ne te seront jamais reprochables comme les secondes [Fleurs de VEloq. /"/"., 18 r").

renonciation est un terme de jurisconsulte qui ne s'emploie qu'au Palais cl qu'il ne faut pas confondre avec renoncement (Bouhours, Rem., 336). — Certains lexiques confondent les deux sens: Pom., Duil,, G. Miege; d'autres font la distinction : Rich., A., A -.

Séquestrer est un terme de palais (Rich.). — il est fort bon en terme de pratique (Marg. Buffet, 47). — * Pom., Duil., G. Miege, Fur., qui cite le sens figuré, A. ; O Th. Corn. ; * A^. — la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés (La Font., II, 259, v. 4-5) ; Ce quartier est fort beau, quoiqu'un peu séquestré (Montfleury, Coméd. Poêle, a. II, se. 5).

Total est signalé par Richelet comme se disant souvent au Palais, au lieu de entier. Totalement et totalité sont également bannis du beau style. Cette condamnation ne se trouve dans aucun autre lexique.

transaction est un terme de notaire (Rich., Th. Corn.); * tous les lexiques. — Cette transaction fut encore prolongée (Racine, V, 128).

1 . Suivant Saint-Evremond, rébellion aurait été abandonne aux huissiers [Sainl- Evremoniana, 316).

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