INTRODUCTION
Après 1850, il ne reste plus dans le château romantique que de rares survivants des Vaillants de 1830. Ce n'est plus une armée, mais des tirailleurs isolés. Hugo, plus grand que jamais depuis que l'exil a ramené l'homme politique à la poésie, est seul sur son rocher et dans sa gloire. De descriptif, il est devenu visionnaire.
Autour de lui, Vacquerie, Meurice, ne sont ni des disciples ni des élèves : ils font du Hugo et leurs vers semblent tantôt des copies, tantôt des caricatures de ceux du « père».
« Le génie de Hugo était la fleur immense et parfumée où se grisait le papillon diapré de Banville, i»
Glatigny, «buveur de vent, traîneur de rues et ventre-creux» 2, avait fait de Banville son idole. Tous deux, versificateurs autant et plus que poètes, se livraient aux plus extraordinaires acrobaties.
Il demeurait des croyants pour qui la Préface de Cromwell restait une Bible : Pommier en est le type. Ces attardés, qui sont en même temps des égarés, continuent la tradition des Petrus Borel, des Philothée O'Neddy et autres « lycanthropes».
Enfin, parmi les nouvelles générations, il naît des poètes qui ne peuvent se classer parmi les Parnassiens de stricte obédience : ils prennent avec les théories les plus chères à l'École de telles libertés