‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 12 sur 324 · CHAPITRE PREMIER HUGO « VISIONNAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER HUGO « VISIONNAIRE

L'année 1852 est pour Victor Hugo une année critique : l'exilé, arraché à la vie politique, redevient poète. Bientôt il vivra au milieu de «la vaste aventure des flots» {Cont., V, viii, A Jules J..., v. 25), dans une nature sauvage qui ne peut manquer de l'impressionner fortement. Ajoutons que, dès septembre 1853, il commence ses premières expériences spirites (Abbé Grillet, Victor Hugo spirite, Correspondant, 10 juillet 1914) ; ce sont pour lui des conversations avec l'au-delà, en particulier avec ses chers morts.

Par opposition avec une première manière, « descriptive» ou <( pittoresque», Hugo devient «visionnaire»^. Rien n'empêche de conserver ce terme devenu traditionnel, à condition de le définir exactement.

La vision de Hugo a toujours été une vision hallucinée : « les arbres de la plaine ne sont plus des arbres..., ce sont des géants hideux... La ronce siffle au bord du chemin comme une poignée d'aspics... ; la ligne des collines ondule comme le ventre d'un boa qui digère'^». Dans Le Rhin, ces visions sont présentées comme d'amusantes fantaisies. Les poésies de Hugo offrent aussi, à partir des Orientales, des exemples « d'humanisation». C'est l'antre

Qui semble une bouche avec terreur ouverte^.

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