‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 14 sur 324 · Voix Intérieures, XXL · texte numérisé non relu

Voix Intérieures, XXL

C'est la tour de Babel qu'on voit

Regarder par-dessus les monts de l'horizon i.

A cette date, Hugo présente ces visions avec des « atténuatifs » ; « l'antre semble une bouche» ; « on dit qu alors on vit de loin» Babel.

A partir des Contemplations, il méprise ces précautions. Il nous montre

Les antres froids ouvrant la bouche avec stupeur-.

Sait-on ce que là-bas le vieux mont Corcova Regarde par-dessus l'épaule des collines^?

Ce qui n'était qu'un jeu de l'imagination est devenu une réalité profonde : Victor Hugo a maintenant une conception «visionnaire» du monde.

Cette conception de Hugo est, à vrai dire, assez confuse; tout est dans tout : « Pour les esprits pensifs, toutes les parties de la nature, même les plus disparates au premier coup d'œil, se rattachent entre elles par une foule d'harmonies secrètes... qui font du grand tout un inextricable réseau, vivant d'une seule vie, nourri d'une seule sève, un dans la variété.*»

Les choses ont -une signification secrète :

Ces piques ont des bois lourds et vertigineux

Où des tètes de mort s'ébauchent dans les noeuds^.

Elles sont « animalisées» :

Ce qu'on jirend pour un mont est une hydre ; ces arbres

Sont des bêtes ; ces rocs hurlent avec fureur ;

Le feu chante ; le feu coule aux veines des marbres*.

Les animaux parlent :

Le cheval de Roland entendit ces paroles,

Leva la tête, et dit à l'enfant : «C'est bien, roi.''»

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