‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 312 sur 324 · CONCLUSION : LE PARNASSE · texte numérisé non relu

CONCLUSION : LE PARNASSE

Peut-on résumer en quelques lignes les théories linguistiques des Parnassiens? Leconte de Lisle, qui fut le chef incontesté de l'École, pouvait compter, parmi les poètes qui fréquentaient son salon et écoutaient sa doctrine, des disciples et des « suivants ». Les disciples adoptaient l'attitude du Maître : « impassibles», ils méprisaient les émotions banales, le sentimentalisme vulgaire. Les « suivants» — beaucoup plus nombreux que les fidèles — ne s'attachaient qu'aux règles purement formelles ; écrivains soigneux, versificateurs impeccables, ils recherchaient une poésie précise et plastique : la formule préférée de l'Ecole était « faire voir w^. Leur langue, leurs procédés de style, leur vocabulaire, destinés à « faire voir», étaient assez semblables pour que nous ayons pu en faire une étude d'ensemble.

Comment juger la poésie parnassienne? Remy de Gourmont écrivait : « Les Parnassiens abusèrent des recettes, des procédés, des règles, de tout l'attirail orthopédique par lequel la poésie se soutient dans l'attitude noble, et simule la perfection continue.^» C'est ce que répète Zola, plus longuement et plus lourdement^.

Heredia, interrogé par Huret, n'était pas d'un autre avis : « A la suite des maîtres du Parnasse est venue une génération d'élèves, d'imitateurs plutôt, et d'imitateurs naïfs qui, trouvant un moule parfait, un canon impeccable, se sont mis à produire, sans talent et sans originalité, des vers banals sur des sujets banals ; qui, en un mot, ont

banalisé les conquêtes que Chénier, les Romantiques et les Parnassiens, après Ronsard et toute la Pléiade, avaient faites dans la forme du vers.^»

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