‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 125 sur 595 · L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS

Chansons, jeux, ris, aimable folie, filles bien mises et qui ont l'air d'être autre chose que ce qu'elles sont. Le Diable tienne contre tout cela, si une fois on a commencé à en goûter » '. Quand il lui fallut, non par lassitude, mais faute de pécune, renoncer à tant de délices, ce fut un déchirement : « Ah ! mon ami, que je sens de la douleur, quand je pense qu'il me faudra quitter tout cela )>^!

Les manuels. — Je n'examinerai pas en détail les procédés pédagogiques ni le matériel dont on se servait pour l'étude de la langue française ; à vrai dire, il est pauvre et médiocre.

Les travaux composés sur place sont en nombre très faible. J'ai noté pour Genève dans le Catalogue de Stengel, Richter (Cons" du Consistoire à Brieg), Nom'. Gj\ fr. en ail'' (1718, n" 269) ; la Grammaire de J.-A. Porte (1743, n° 329 ; encore l'auteur est-il un pasteur qui exerce à Marbourg) ; la Grammaire philosophique de D'Açarq (1760, n" 372); pour Neuchàtel une Méthode analytique {\lM,n" 442).

A Zurich on imprime De la Cour (1736 et 1743, Steng., n" 308) et une Anweisung zur Erlernung der fr. Spr. wie sie bei der Kunstschule zu Zurich eingefûhrt isf (1773, Steng., 409) ^

11 est vraisemblable qu'on faisait venir des livres de France. Ainsi nous avons la certitude que la Grammaire de Port-Royal était en usage, puisqu'avec beaucoup de bon sens, en mars 1723, les curateurs de l'Académie de Lausanne proposent l'introduction d'une nouvelle grammaire, de Ruchat, au lieu de celle de Port-Royal, (( trop difficile pour la jeunesse » (« anstatt der von Port-Royal, so fur die lugend allzuhoch ») ^.

D'autres manuels, venus de France ou de Hollande, étaient mis aux mains des enfants. Au besoin on les réimprimait sur place. Ce fut le cas pour Restaut, dont on fit une édition à Lausanne en 1760 (Steng., n" 336), pour Wailly à Berne et à Bâle (n" 371, n. 1). On y employait aussi, naturellement, le célèbre ouvrage de Des Pepliers, si usité en Allemagne (1775, 1789. Steng., n" 191)''.

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