‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 473 sur 595 · VUES GÉNÉRALES SUR LE THÉÂTRE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

VUES GÉNÉRALES SUR LE THÉÂTRE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE

scandale d'un mariage disproportionné ' ; plus tard on le retrouvera en province, sur des scènes importantes, à Bordeaux, à Dijon, à Nantes, à Rouent Mais combien peu sont dans le même cas! Vallon, qui joue à Darmstadt en 1737, n'a jamais été signalé jusqu'ici en France et, sur vingt-sept acteurs dont on retrouve la trace à Munich de 1719 à 17i2, sept sont également inconnus.

Nous sommes, il faut le dire, extrêmement mal renseignés. La troupe que dirigeait Sainville à Dresde en 1774 ne nous est connue que par une pièce des Archives de la Comédie-Française. Voici Desforges, qui joue à Munich de 1739 à 1742, et se rend à Berlin en 1743 ^ Est-ce le même que Pierre Desforges, chef de la troupe de La Haye en 1722, 1729 et 1731 V

Il semble bien ; en tous cas le nom ne se retrouve que bien plus tard en France : en 1757 et 1758 à Lyon, en 1767 à Bordeaux".

Préfleury jouait à La Haye en 1697 et 1701, avant de faire la navette entre la Bavière et les Pays-Bas de 1702 à 1711 ^ Est-ce lui qui débute, sans succès, à la Comédie-Française, en 1711 et 1713 ? Ce doit être plutôt un frère h lui, qui s'expatrie, lui aussi, après son échec, car on retrouve « Préfleury aine et Préfleury cadet » dans la troupe de Munich, de 1732 à 1742 '.

Il est probable que, si l'histoire de ces troupes circulantes était mieux connue, elle fournirait pas mal d'exemples d'acteurs ou d'actrices, français d'origine, — leurs noms semblent le prouver ^ — mais français qui, depuis longtemps, parfois dès leur première jeunesse, avaient subi bien des contacts et perdu celui qui leur aurait été nécessaire avec l'idiome et l'accent de Paris. Ainsi la troupe de Bareith a un corps de ballet où se rencontrent des noms nettement germaniques : Thérèse Keislerin (1747), Franz Schumann, Frédérica Rôthern (1750), Cari Rusler, Lisette KrafTtmeyern (1751) ^

Certains d'entre eux paraissent s'être même germanisés. Les chefs

i. A dix-sept ans il avait épousé M"'' Duclos, qui en avait cinquante-cinq (Campardon, Corn... Troupe française, p. 93).

2. A. Detcheverry, Hisloire des théâtres de Bordeaux, p. 2"20. — L. de Gouvenain, Le Théâtre à Dijon, p. 86.

3- K. Trautmann, o. c, p. 2G6, et J.-J. Olivier, o. c, t. II, p. 3i.

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