Œuvres, éd. Gap., p
quels il offrit de montrer en trois leçons tout ce qu'il avait conneu des fontaines, pierres, métaux et autres natures ». Ces conférences physico-chimiques eurent lieu, et quoique le quadruple des prix d'entrée fût promis par le professeur d'un nouveau genre à ceux qui prouveraient qu'il était menteur, il ne.se trouva personne pour Ie« rembarrer ».
La science grecque et latine resta muette. Aussi, à la suite de cette confrontation, Palissy, prenant absolue confiance, commençal-il à parler de toute la tradition avec un dédain assez dégagé. Ayant de quoi « clore la bouche à ceux qui demandoient comme il estoit possible qu'un homme pust scauoir quelque chose et parler des effects naturels sans auoir veu les Hures latins des philosophes », assuré de convaincre quiconque « voudroit prendre la peine de venir voir son cabinet », il n'hésita plus à « aduertir ses lecteurs quils se donnassent de garde de enyurer leur esprit de sciences escriptes aux cabinets par une théorique imagimatiue, ou crochetée de quelques liures escrits par imagination de ceux qui n'ont rien practiqué * ». Toutefois ni ces paroles hardies, ni l'exemple de Palissy n'eurent le retentissement qu'ils eussent pu avoir. Les progrès qu'il a fait faire à la chimie pratique et théorique restèrent obscurs, comme l'homme lui-même. Il eut Tenvergure d'un Paré, il n'en eut pas rinfluence.
La PHYSIQUE. — La physique est presque toute latine encore. Cependant les livres des anciens, qui faisaient le fonds des connaissances, passent en français d'assez bonne heure. Le Traité du monde d'Aristote est traduit par Meigret en 1 541 et par Saliat en 1543 ; Y Histoire naturelle de Pline, par Meigret en 1552, et par du Pinet en 1562. Les Problèmes d'Alexandre d'Aphrodisée, mêlés aussi de physique et de médecine, sont faits français en 1555 par Heret qui exprima la confiance que ces prppos et arguments, tout en paraissant d'abord quelque peu étranges sous ce vêtement, avec le temps, n'y auraient pas moins de grâce qu'en leur première langue 2. Les ouvrages importants des modernes, de Cardan, de Lemnius, de Bruccioli, furent aussi mis en langue vulgaire « bien que les choses de la philosophie naturelle ne s'y peussent aisément traiter, n'ayant iamais que bien peu este escrites en ceste langue -^ ».
L'honneur d'avoir donné un des premiers livres originaux revient encore à Symphorien Champier, qui a été un des plus remar-