‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 43 sur 248 · Voir ce qu'il dit d'obvier. Trait · texte numérisé non relu

Voir ce qu'il dit d'obvier. Trait

4. u Au lieu de leur gratifier, vous les miitr^z an peine de desaprandr0 un«i chos0 qu'iz trouvât bonn0 et çse0, pour an aprendre une fascheus^, longue e dificil0, e qui nt leur pourra aporter que confusion, erreur, e obscurité. » Ils ne reconnaîtront plus estre, tempeste. écrits être, tempête, ni veux devenu veus et liront vens (p. 46).

5. Comme c0 mot temps, an i mutant un p, ou antand tout soudein qu'il vient de iempux, c par et moyen, on voit et qu'il sinifi0 (p. 47). »

Hiètoire de la langue française, H. 7

L'écriture ne peut représenter de la parole que « l'ombre » et non le naturel ; c'est donc chimère de prétendre faciliter aux studieux des autres nations l'étude d'une langue qui demande la fréquentation des gens qui la parlent ^ Simplifier la graphie, c'est en outre lui ôter beaucoup de sa grâce ^, détruire les relations apparentes entre les mots de même famille, confondre ceux qui ne sont distincts que par là, manquer à la révérence qu'on doit à la langue où on a puisé 3. C'est aussi se ravaler au niveau du vulgaire, et supprimer la différence qui doit exister entre l'écriture des doctes, et celle des gens mécaniques *. Enfin la prononciation changeant, l'écriture serait perpétuellement à recommencer^. Au reste la tentative vient trop tard, elle ne peut aboutir et ne convertira personne^.

On peut dire que du premier coup, Meigret a vu toutes les objections, et a réfuté par avance celles qui devaient lui être faites dans la suite, et qui sont encore répétées à ses successeurs.

La première, celle-là im peu passée de mode, mais que les habitudes calligraphiques du xvi* et du xvii® siècle expliquent suffisamment, est que les vocables rehaussés de lettres qui montent ou descendent en dehors de la ligne ont plus belle apparence. « Où est, dit avec raison Meigret {Trait, ^ p. 11), celuy qui ne blasmast le peinctre qui, entreprenant de pourtraire la face de quelqu'vng : feit en son pourtraict des cicatrices, ou autres marques notables qui ne fussent point au vif^? » (ibid.).

Cette première défense n'est pas sérieuse. Mais ceux « auxquels l'amendement des choses est ennuyeux et déplaisant » en ont

1. Il est étrange qu'avec ces idées, De Bèze ait écrit un bon traité de prononcia« tion.

2. « An toutes lan(cu0s vulguer^s, plusieurs Içtr^s ni sont aplique0s pour i seruir, ni pour et qu\\ta i so^t necesser0s : mçs seul^mant pour i donner grâce (p. 50). » Cf. p. 59.

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