‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 45 sur 248 · Page · texte numérisé non relu

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7. Cf. ibid., 49. o Si nous voulons rechercher les choses au vray, nous trouuerona que la plus part de nous françois vsent de ceste superfluité de Ictres, et mesmemcnt de (, », X, plus pour parer leur escriture, que pour opinion qu'ilzayent qu'elles y soiét necesseres. Car les U avecq Xesffouuécs comme carpes scruCt de grand remplage ea vne escriture, et donnent grand contentement aux yeux de celuy qui se paist de la seule flgure des letres, sans auoir égard si la lecture pour laquelle elle est principal lement inuétée en sera facile et aisée. »

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d autres ; ils « ont de eoustume de se remparer et fortifier, premie* rement de Tusage comme d'ung Bellouard imprenable, et hors de toutes batteries. Secondeniêt ils ont p'>ur renfort, que pour marquer la difTerdce des vocables, il n y a point de danger d'abuser d'aucunes letres. Tiercement ilz s'efforcent de défendre la superfluité des letres pour monstrer la derivaison, et source d'ung vocable tyré d une autre langue : craignans à mon advis d'estre blasmez d'ingratitude, si autrement ils le faisoient ».

En vérité, aucune de ces raisons n'a de poids. On invoque l'usage, mais l'usage qui a puissance « qazi tçUe q'une lof » c'est celui qui est « joint a la r^zon » (3/e/i/., p. 6). Celui qui est « sans ordre et sans r^zon » n'est pas l'usage, c'est l'abus. Or, cet abus ne peut être mis en balance avec la raison, souveraine maîtresse en toutes choses ; quand nous lui obéissons, nous ne devons avoir « égard, ny a nous vsages, ny à ceux que nous tenons de tout temps, et qui semblent auoir esté de tout iamais : car la vertu et la rayson doyuent tout dompter* ».

On invoque d'une manière aussi vaine le besoin de marquer les « dérivaisons ». On dit que « nous sommes tenuz d'escrire quelque marque de deriuaisons quant nous tyrons quelque vocable d'une autre langue, comme par vne manière de reuerence et recognoissance du bien que nous auons receu en faisant tel emprunt [TraiL^ 15-16) ». Mais il n'y a aucun crime à ces emprunts, qui ressemblent à celui « qu'vng peuple fait des bonnes loix, et coustumes d'une autre nation. Parquoy il n'y a point de dommages : mais au contraire vng merueilleux gain de gloire, et honneur pour la langue de qui on fait l'emprunt (16) ». Aucun peuple ne s'en est privé et n'a songé pour cela à déformer son écriture. 11 est juste de reconnaître ce qu'on doit au latin, quand l'occasion s'en présente, comme quand on fait une grammaire, mais non quand on écrit ^. Au surplus, quand même nous nous y serions obligés, la convention « se pourroit maintenir nulle, comme qui est faicte contre les loix et ordonnances de bien escrire ». Or « il n'est point de bienfaict si grand qui puisse obliger à mal faire, ny faire chose sotte (17) ». Enfin si tant est que des lettres superflues doivent rester dans les mots français, pour témoigner de leur origine ancienne, il semble qu'alors ce la loy deut estre generalle. Comment doncques nous

1. Trait. ^ p. 9. — Dauron, dans les Dial. de Peleticr du Mans, attaque de môme 1 usaire comme contraire à la raison, inconstant, et formé par des jjens sans autorité (p. «2 et 8ui%'.).

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