Ùilloi a été très répandu
3. Ce mot se disait ailleurs. Voir Noël du Fail, II, J4, et Pasquier, Bech., liv. IX.
4. Il existe un dépouillement des mots dialectaux cités comme tels par les lexicographes. Voir W. Heymann, FranzÔsische DialektwÔrter des XVI ^•^ bis XV//i**» Jahrh. Dissert. Giessen. 1903. Cf. Romania, XXXIV, 126.
5. M. E. Dupuy (Bernard Palissy y p. 231 et suiv.) cite toute une liste de mots que Tartiste a pris à sa province; bassis (chaussée du marais salant), chauchet (raisin noir), coye (courge), gemble (coquillage), pible (peuplier), vismes (osier), etc. Nombre d'autres sont vraiment saintongeais.
6. accolade? y aiguade^ aiguillât, aillade, aspic (plante), auberge» bâcler, badaud, badiiiy bagasse (femme), bague^^baladin^ balandran^ barricade^ barrique^ bastonnade.
Toutefois il ne faudrait pas croire, comme on Ta dit avec exagération, qu*il se soit jamais agi de « rétablir la féodalité dans le langage, alors qu'elle disparaissait dans TEtat ». H. Estienne luimême a marqué qu'on ne devait pas aller trop loin, si on ne voulait troubler la pureté du français, et qu'il y avait des mesures à garder *. Pasquier reprochait déjà des abus à Montaigne ^, et dans sa lettre à M. de Querquifinien, ce qui est bien significatif aussi, il ne reproduisait les idées de Ronsard sur les autres langues de notre France ; il ne proposait d'emprunter au gascon le mot d'escarbilhat^ qu'après avoir discuté sur l'endroit « ou il falloit puyser la vraye nayueté de nostre langue », et montré toutes sortes de scrupules sur la corruption du parler de la cour ^, Chez les écrivains qui gasconisent le plus, la proportion des mots patois est infime. Même en admettant sans réserve tous ceux que signale M. Lanusse, il y en aurait une trentaine dans Montaigne.
Il y a plus. Pour que l'unité du français coimit des risques, il eût fallu tout au moins — sans parler des circonstances historiques — que la licence qu'on prenait d'enrichir le vocabulaire au moyen des dialectes provinciaux se compliquât d une semblable audace en ce qui concernait la grammaire. Or il y a bien dans les textes des formes et des tours dialectaux, picards dans Dubois, gascons dans Montluc, mais en fort petit nombre, et on n'oserait soutenir que dans la plupart des cas les auteurs aient eu la pensée de les naturaliser en français. Je vois bien que Des Autels affirme « suiure l'usage de son pais, contre la coutume des autres François qu'il n'ignore pas * » ; mais il s'agit là d'une question de prononciation de ïh muette, et, en matière de prononciation, l'accord sur le meilleur usage était loin d'être complet. On a eu raison de rappeler que Montaigne a, de parti pris, malgré les observations de
b^adroiCj bUtortier^ bogae, bordel?, bouquet, bourriquet^ boutade, boutargue, bonté, brague, brancard, brindille, brousse, brugnon, cabestan, cadastre, cade, cadenas, cagot (béarnais), cagoule, cairon, cinnelas, cardon, carnassier, caserne, civadière, cocon, coquillade, coquiole, cossat, daurade, déjuc, dot, églantine^ émissole, enclotir, ers, escalier, escarbillat, espalmer, esparcet, fadaise, faguenas, fat, filadiére, fillasse, flamant, fougon, gabie, gamache, garigue, gimblette, girole, luzerne, margouillet, martingale, mascaret, micocoulier, milan, mistral, muge, muscadelle, naulage, panade, panicaut, parpaillot, pastel (guêde), pétarade, pondre (citron), presse (pèche), rabiole (rave), rapetasser, savantasse, touselle, triolet, troubadour, truc (coup).
Le même ouvrajire donne comme venus à la même époque d'autres dialectes : marron, benêt, freluquet, pouliche, houille, gaspiller.