‹ Histoire de la langue universelleChapitre 6 sur 296 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

que, sous peine de revenir à la tour de Babel, une si énorme production scientifique doit <>tre unifiée et coordonnée? Que de temps perdu pour les chercheurs, que de recherches inutiles et par cela môme nuisibles, si les nomenclatures changent avec les nations, si les classifications ne sont pas concordantes, si les instruments choisis pour efTectuer les mômes mesures donnent dans les difïerents pays des indications qui ne soient pas comparables, si les définitions ne sont pas les mêmes, si les unités adoptées sont diflerentes, si les travaux accomplis en des points différents concourent au même but et entraînent ainsi de regrettables doubles emplois ' ! »

On a dû remarquer que l'expression de « tour de Babel » se présente comme malgré lui à l'esprit de l'auteur, et que la première condition de l'organisation du travail scientifique qu'il énonce est l'uniformité de la nomenclature, c'est-à-dire un vocabulaire scientifique international. Or c'est là la moitié d'une langue internationale. Ainsi toutes les raisons invoquées à l'appui de la création de V Association internalionale des Académies militent également en faveur de l'adoption d'une langue internationale. Plus généralement, chacune des raisons qui justifient séparément les diverses conventions internationales et les divers offices internationaux vaut pour la langue internationale, instrument ou complément nécessaire de toutes ces institutions-. Sa nécessité résulte encore plus évidemment du développement des moyens de communication : à quoi bon pouvoir se transporter en quelques heures dans un pays étranger, si l'on ne peut ni comprendre les habitants ni se faire comprendre deux? A quoi bon pouvoir télégraphier d'un continent à l'autre, et téléphoner d'un pays à l'autre, si les deux correspondants n'ont pas de langue commune dans laquelle ils puissent écrire ou converser?

Aussi l'utilité d'une langue internationale est-elle de plus en plus généralement reconnue. Mais il y a encore beaucoup de personnes qui n'osent s'arrêter à cette idée, parce qu'elles

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