ŒUVRES DE LA PAROISSE
\° Ecoles. Les religieux ont eu, de tout temps, une école attenante à leur église, et destinée à donner aux enfonts l'instruction religieuse et élémentaire, en même temps qu'à assurer le service de l'église. La langue de l'enseignement est l'Italien. Elle est tenue par un Père et compte trente élèves.
Pour les filles, les religieux ont établi sur leur territoire une communauté de Sœurs Franciscaines dont la maison-mère est à
Getnona près d'Udine, en Italie. Us y donnent l'instruction religieuse et les secours spirituels. Nous en parlerons en détail dans un chapitre suivant.
2" Associations. Confréries. Le Tiers-Ordre séculier de St-Francois est florissant dans la paroisse : il compte vingt hommes et deux cents femmes. Les réunions de chaque mois sont très exactement suivies.
Les confréries sont celles de Ste-Anne de St-Jean-Baptiste et dn Sacré-Cœur.
1° La confrérie de Ste-Anne a été transférée de St-Benolt à Ste-Marie. Nous en parlons ci-dessous au ch. VI.
2° La confirériedu Sacré-Cœur de Jésus a été canoniquement érigée par décret du 13 juin 1815. Elle compte de nomhreuï membres.
3° Paroisse St-Pactfique, de Prinhipo.
Depuis qu'une partie de la population latine a pris l'habitude d'aller passer l'été aux Iles des Princes, il devenait nécessaire de lui assurer les secours religieux. Et quand plusieurs familles s'y fixèrent tout à fait il fallut y laisser un prêtre à demeure. C'était une mission indispensable.
Les Pères Dominicains en furent d'abord chargés, mais lorsque k maison qu'ils y avaient fut vendue, ils abandonnèrent en même temps la mission (1844). Le Vicaire patriarcal y envoya alors un prêtre séculier qui y resta quelques années. Enfin le 8 février 1860, Mgr Brunoni y érigea une paroisse et la confia aux FF. MM. Riformati.
L'église, consacrée à St Pacifique de S. Severino, un grand saint de l'Ordre des FF. MM. de l'Observance, fut bâtie par les soins d'un généreux bienfaiteur, sur un firman obtenu par l'ambassade de France Rebi-akher 1279=1802. Elle a été bénite par Mgr Rotelli, Vie. apostolique patriarcal, le 26 septembre 1866.
Quoique la juridiction de cette paroisse se borne à la grande ile, le curé est tenu cependant d'assister spirituellement les Latins des autres lies. Deux Pères Riformati y consacrent leurs soins. La population fixe est peu nombreuse, environ cent vingt Âmes.
ŒCVRES DE L\ PAROISSE.
Le R. P. Préfet a établi dans cette lie une école de filles tenue par Ie8 Sœurs Franciscaines deGemona. Elles ont quatre-vingts élèves. Nous en parlerons au chapitre des écoles.
Associations et confréries. Le Tiers-Ordre de St-François.
§ IV
Paroisses des FF. MM. Capucins.
1° St-Louts de Péra.
1& révolution française avait supprimé les Ordres religieux et fermé les couvents. Il était donc impossible aux missionnaires du Levant d'attendre des secours de la mère-patrie ; il arriva même que plusieurs religieux, dans le commencement surtout, attires par je ne sais quelles idées, demandèrent à rentrer en France. Ce fut pour toutes les missions une très rude épreuve.
Il eu résulta d'abord une transformation dans le régime de la Mission en Grèce. Elle avait été gouvernée depuis son origine par un Custode, diïpendant du P. Provincial de Paris, qui avait toute autorité pour envoyer ou rappeler ses sujets, d'après les concessions du St-Siège. Quand la Province de Paris fut dissoute, il fallut donner à la mission une autre organisation, et la soumettre directement à la S. Congrégation et aux supérieurs généraux de l'Ordre. Le P. Hubert d'Amiens, Custode, fut nommé Préfet apostolique, et conserva sur la mission la même autorité. Mais ses supérieurs français n'étaient plus là pour le fournir des sujets dont il avait besoin. Les supérieurs généraux ne manquaient pas de bonne volonté, mais l'Europe entière était bouleversée, et les Ordres religieux dans un désarroi complet. Il fallait donc attendre longtemps les remplaçants de ceux qui mouraient, et ceux qu'on lui envoyait étaient pour la plu-
— repart italiens. C'est ainsi que la mission, de parisienne qu'elle était, devint en fait italienne. Le P. Hubert resta cependant Préfet de là mission et supérieur de St-Louis jusqu'à sa mort, arrivée le 4 février 1813.
Il fut remplacé par le R. P. Valentin de Terni et d'autres sans interruption jusqu'en 1881. Mais comme d'un côté les œuvres françaises de la mission étaient toutes emportées par le courant révolutionnaire, comme de l'autre les religieux étaient peu nombreux, ils se bornèrent bientôt au service de l'ambassade et au petit ministère qu'ils pouvaient exercer dans leur église. Ils eurent cependant une petite école, dans laquelle ils réunirent une trentaine d'enfants, auxquels ils donnaient l'instruction élémentaire, et qui leur servaient dans les fonctions du culte religieux. La mission de St-Louis marchait donc doucement, comme du reste toutes les autres : jusque vers 1840 le catholicisme était comme endormi dans Constantinople.
Or en 1831 un grand incendie dévora une grande partie de Fera, entre autres le palais de France, St-Antoine et St-Louis. II respecta l'église de ate-Marie. I^es PP. Capucins se réfugièrent dans une partie du couvent qui avait été épargné par les flammes, et y ouvrirent une chapelle provisoire, où ils continuèrent le ministère.
Lorsqu'ils voulurent reconstruire leur église, sur les bases mêmes de l'ancienne, ils rencontrèrent des difficultés, et une opposition formelle de la part de l'ambassade française, qui leur contestait le droit de propriété sur leur propre couvent, ou du moins sur une partie de leur terrain. Après de longues négociations leur droit fut reconnu par le Conseil dÉ'tat, la France s'engagea même à reconstruire l'église, en même temps que le palais de l'ambassade, mais à la condition que les Capucins céderaient une partie de leur terrain pour y faire les dépendances de l'ambassade. Ils avaient dû en céder déjà un peu pour la construction de la cliancellerie, et s'étaient privés d'une sortie du côté de Galata; ils se trouvaient donc ainsi fort resserres; mais enfin, en 1846, leur église était presque achevée. Quoique le gouvernement français eût fait les principaux frais, les Capucins y avaient néanmoins contribué pour une somme notable.
Elle fut bénite par le R. P. Mauro da Léonessa, alors Préfet,
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le 1" mai 1847, ea présence de M. de BourqueDay, ambassadeur, et d'une nombreuse assistance : elle n'était pas encore complètement achevée. On n'y a fait depuis d'autre addition que celle du clocher, élevé par les soins des Pères et à leurs frais.
En 1882, lorsque les PP. Capucins français eurent repris possession de leur ancienne mission, ils trouv^ent que l'église était dans un grand délabrement et soogèrent dès lors à une restauration complet*, c'est-à-dire à la remettre dans son état primitif. Le P. Provincial de Paris, Préfet de la mission, adressa □ne demande au gouvernement français. Quelques discussions s'élevèrent encore au sujet de la propriété de l'église, mais elles furent enfin résolues en faveur des religieux, et le ministre des affaires étrangères accorda aux Capucins une somme de 13,500 francs, comme il avait été demandé, tout en reconnaissant à nouveau les droits de la Mission. Les réparations furent faites avec intelligence et l'église reprit exactement la physionomie -qu'elle avait en 1647.
Cette église, de médiocre grandeur, s'élève sur les bases de l'ancienne et dans les mêmes proportions : elle est agréable et de bon goût. A la difTérence des autres églises de Péra, qui sont dans le style byzantin ou jésuite, elle affecte plutôt la forme des basiliques romaines.
La muraille extérieure du cdté du palais de l'ambassade est ornée de sculptures, pour s'harmoniser avec les antres constructions. Ou y lit sur une plaque de marbre l'inscription suivante :
D. 0. M. SCB INV. DIVI LUDOVia f^NCXE REGIS ANNO Do- MIM 1846, REGNANTE LUDOVICO pHUJPPO I" AD HtEPCLGIDAM PoB- TAM LBGATO F. A. BARO>JE DE BOLTIQUENEY, -EDIFIGAVIT P. L. LaO- HECISQUE, PARISIENSIS.
Sur la façade extérieure, donnant sur la terrasse réservée, on lit, dans le triangle symbolique, léhovak; et au-dessous : D. 0. M. SOB Djv. Mvi LuDovia Frangine régis an.s-o D. 1846.
L'intérieur est très simple : une seule nef assez large, terminée par une abside carrée, beaucoup moins large, et deux sortes d'absidioles dans lesquelles on a mis des autels. Le maltreautel est dédié à St Louis, celui du nord à la T. St« Vierge, celui du midi à St Félix de Cantalice.
L'église n'est pas voûtée, piaia couverte d'une double toiture avec charpente apparente, gracieusement ornée, dans le même style que les murailles et les colonnes. Au fond du cliœur, des peintures représentent en haut le Père Éternel, à sa droite le Sauveur du monde, à sa gauche l'Annonciation de N.-D., audessona St Louis, patron de l'église. De chaque côté de l'autel sont deux trihunes destinées, celle du nord à l'ambassadenr, celle du sud au personnel de l'ambassade.
Sur la ii-ise autour du chœur, court l'inscription suivante :
Domine salvam fac remp. D. 0. M. sub inv. divi Ludovict. An. Pom. m D CGC XLVII. edifica.
Dana la nef au-dessus des autels les noms des saints auxquels ils sont consacrés. Sur la frise, au-dessus des arcades les commandements de Dieu en langue française. Dans les angles formés par la frise et la voûte, aux quatre coins de l'église, l'image des évangélistes. Au fond, en face dos autels, des invocations à 8t François d'Assise et à St Joseph de Léonîsse.
Le mattre-autel était en bois peint ; mais par les soins du R. P. Pierre de Settignano, il a été remplacé par un autre en marbre, à l'aide d'un subside accordé à la mission par la France, durant l'ambassade de M, de Thouvenel.
Sous la tribune à droite en entrant, se trouve la sépulture des religieux, qui avaient le droit d'y être inhumés, par une concession souveraine, valable pour les religieux et les ambassadeurs. Elle est recouverte de l'ancienne pierre portant cette inscription :
Séries Cu-puccinorum sus hoc. tumulo repultorum ajb institu- TioNE n,LORmi IN Gr-Ccia missionum. Anno 1625. 1648, P. RoBËRTir.s Bellovagex.
1648. P. Laurentius Silvanec, 1648. P. HoNORATus Parisiënsis. peste corrept. 1655. P. JoANNE-s FRANascus Antissidor. peste corrept.
1661. F. COSMAS SiLVANECT. LAICUS.
1665. p. Jacobus PARisiENSia custos.
1671. p. Thomas Parisiënsis CUSTOS.
1681. P. FRANascus MONTROL. peste CORREPTUS.
1689. P. Léo Parisinus peste gorrept.
1705. P. Feiancisciis Parisinus peste corrept.
1713. P. HiEROTHECs Balserik. peste corrept.
1728. P. LuDovicus Franciscus Parisinus superior Sti Geor-
Gn TESTE corrept.
1723. F. j£!an)ius Vennetus iaicus peste corrept. 1739. P. Carolus DuiiENS. peste corrept.
Sur les murailles on a disposé des plaques de marbre blanc qui portent le souvenir de personnes qui ont été inhumées dans l'église, ou qui se sont intéressées à son avantage.
Au nord, en partant de l'autel de la T. Ste Vierge,
1* Le nom de Mme Laurécisqne, femme de l'architecte de l'église.
8' Un peu plus loin celui de son fils mort presque en même temps que sa mère, en 1847 ,
2° Entre les deux celle de Mgr Godefroy de la Porte, que nous avons rapportée ailleurs.
3° M. Joseph Vattier de Boameville, drogman, mort en 1854.
De l'autre cAté nous relevons les noms de
1* M. Jules deCadalvône, mort en 1852.
2° De SitwDd de St-Fériol, attaché d'ambassade, mort en
3° Nous citons tout entière l'inscription qui regarde M. Dantan, car elle offre un intérêt historique.
Ici REPOSE
Michel Ange Dantan,
PREMIER interprète DE l' AMBASSADE DE FRANCE
PRÈS LA Porte Ottomane,
NÉ LE 20 NOVBIffîRE 1763. DÉCËC^ I£ 2 JUIN 1813
après AVOra servi son pats A.VEC LE ZÈLE LE PLUS DÉVOUÉ