DÉCÉDÉ LE 16 AVRIL 1877 DAJIS SA 60' ANNÉE
Sa VIE A ÉTÉ NOBLEIŒNT REUPUE
PAR LES SERVICES RENDUS A l'ÉgLISE CATHOLIQUE,
A LA France, a l'Oribnt et a la science. Il laisse des regrets ineffaçables
au sein de sa famille et de ses noheibeux amis. Sa veuve désolée, selon le vœu de son uari
A PAIT GBAVHl GETTE PIERRE AUPRÈS DES CENDRES DE SON PLUS JEUNE FILS.
Devant la porte d'entrée, on voit les deux pierres funéraires suivantes, qui, lors de la pose du maître-autel en marbre, ont été transportées du chœur en cet endroit.
D. 0. M. la REPOSE AUPRÈS DE SES BONS PARENTS, THOMAS ROFFm, ÉCUTER, MEMBRE DE LA LÉQION d'honNEUB ET CHEVALIER DU
Saint-Sépulcre, en son vivant consul de S. M. T. G. a Saint- Jean d'Acre' et a Barouth; décédé a CP. le 96 janvier 1825, A l'âge de 49 ANS. Il n'a survécu qce d'une année a son bespbc-
TABLE père'. — J. M. JOUiNNDJ ■', EXÉCUTEUR DE SES VOLONTÉS, k
' Cf. no» TraiUt et CapiCulationt de la Fraiice en Orient.
> Ruffin, aaci«D secrétaire-lnterprdte de l'ambassade, consul-général d« France, et plusieurs fois chargé d'affaires, notamment durant l'expédition d'Egypte.
> Premier secrétaire-interprète du roi, à Paris, y déoédé en 1843,
pait poseh cette pierre de souvenir, au nom de sa sœur unique Rose Cécile de Lesseps ki de ses nièces. 1835.
D. 0. M. Hic jacbt Pefrus Dubouchet d'Orgeval de Saint- André, BEâlARUH ORDINUM EQUES, BEOIS CHRISTIANIS3IHI CONSUL CXDONEU MIS30S, LBQATUS IN PiCTAVIA DUCIS LUDOVId DE La RO- CHBJAGQUELBIN, UM PRO DeO, RëGE ET pATRIA FOHTITER MILITAVIT. LUGDUNI NATU3, 19 DIE JULII 1788, CoNSTANTINOPOLl OMn DIE 6 OG- TOBRIS 1825.
En 1881, la mission de St-Louis sabit un grand changement. Nous avons vu que, fondée par le Père Joseph du Tremblay, elle avait été confiée à la Province des Capucins de Paris, et qu'ensuite, par le fait des circonstances, elle était devenue une mission italienne. Plusieurs fois les ambassadeurs s'en étaient plaint et avaient réclamé le retour à l'ancien état de choses, surtout depuis qu'ils savaient que l'Ordre s'était rétabli à Paris. Cette demande, fort légitime, n'avait pu être exaucée pendant des années ; mais enfin en 1880 le P. Arsène, Provincial des Capucins de Paris, voyant ses religieux expulsés de leurs couvents, demanda et obtint des Supérieurs et du St-Siège, avec l'assentiment de la France, la concession de cette maison et le retour à l'ancien état de choses : le Provincial de Paris devait être chargé de pourvoir aux besoins de la mission, en qualité de Préfet apostolique.
Les religieux français prirent possession de leur ancienne maison le 27 mai 1881 ; la nouvelle communauté, installée par le P. Arsène, ne se composait que de trois prêtres et trois frères lais, sons la conduite du R. P. Marcel, vice-préfet.
Elle avait été accueillie avec faveur par l'ambassadeur, et par la colonie française, avec grande joie par le Vicaire apostolique patriarcal, Mgr Vanutelli, avec froideur par les autres communautés. Un des religieux italiens avait demandé à rester avec les français, mais il ne persista que quelques jours dans sa résolution et alla rejoindre ses compatriotes à 8. Stéfano.
Le premier soin des nouveaux religieux fut d'établir dans la maison l'observance régulière et la récitation commune de l'office divin, avec les modifications que réclamait le petit nombre des Pères et leurs occupations multiples. Le second fut de restaurer la maison et de la rendre commode pour une comrau-
nautè régnlière ; la Province de Paria y consacra une somme considérable, mais on y réussit très bien.
Cependant le zèle des religieux demandait an autre aliment que le petit ministère que lui fournissaient l'ambassade et l'église de St'Louis. Le Souverain Pontife pressait alors tous les piftb'es de l'Orient de travailler à rapprocher l'Église orientale de l'Église romaine ; or le grand moyen étant l'éducation des enfants et surtout la formation d'un clergé indigène vraiment instruit et h la liauteur de sa mission, les supérieurs de la mission, se souvenant que de tout temps la maison de 3t- Louis avait été une maison d'éducation, résolurent de renouer, encore sous ce rapport, les anciennes traditions au nouvel état de choses. Le Père Préfet obtint donc du St-Siège un décret autorisant l'ouverture d'une école qui serait consacrée à l'éducation des jeunes clercs, sans distinction de rites. Ce décret est daté du 16 mai 1882. On ât rapidement les appropriations nécessaires et l'École (ou Collège) apostolique orientale de St- Louis fat ouverte dès le 4 septemlire 1882.
Les commencements furent dlMciles et les premières années ingrates ; mais peu à peu les religieux se formèrent à l'enseignement, les élèves à la discipline et l'ordre s'établit.
La Province de Paris fournissait les maîtres ; les diocèses du Levant les élèves : il fallait ausKi les ressources. Les maisons construites dans l'enceinte du couvent donnaient quelque revenu, la France quelques subsides, la Propagation de la Foi ac- Gorda un secours et l'œuvre marcha. Elle ne tarda pas cependant à avoir une autre ressource : quelques parents demandèrent que leurs enfants, bien que ne se destinant pas au sacerdoce, fussent admis à suivre les cours comme externes. On y consentit, après mûre délibération, et le prix de leurs mois d'école aide à entretenir les internes, dont l'éducation complète est tout à fait gratuite, quelle que soit leur origine.
Pendant que cette oeuvre s'organisait, les supérieurs consentirent, sur les demandes instantes des Frères des Écoles chrétiennes, à donner des aumôniers à leur grand collège de Eadi-Eeni. Cette aumônerie amena, le 11 septembre 1882, l'ouverture d'une nouvelle maison provisoire dans l'enclos des Frères. Les Pères devaient en même temps aider au ministère ecclésiastique de la paroisse.
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Quelques années après, en 1885 et 1886, le R. P. Marcel s'occupa d'oue autre fondation importante. Leâ œuvres de charité ne faisaient pas défaut à CP., mais il y manquait une communauté de Sœurs Gardes-malades. U forma un comité, et prépara tout pour cette fondation. II y fut grandement aidé par un ancien premier drogman de l'ambassade de France, Ministre plénipotentiaire, M. de Longeville, qui fut jusqu'au bout la cbe- Tille ouvrière de ce comité. Enfin les Sœurs Franciscaines de -Calais arrivèrent à Constantinople le 15 octobre 1886. Elles forent installées dans une petite maison de la rue de la Cban- «eilerie, qu'elles ne tardèrent pas beaucoup à quitter pour s'établir dans une autre maison plus commode et plus grande, rue Tom-Tom, qu'elles ont fini par acheter. Elles s'occupent en même temps de la lingerie, et occasionnellement de l'infirmerie de l'école.
Mais l'école prenant des développements, les supérieurs résolurent de l'agrandir, an risque même de se priver des ressoivces ^e la mission trouvait dans la location des maisons qui lai appartenaient. Le R. P. Marcel réunit toutes les ressources de la Mission, le R. P. Prosper, qui avait succédé au R. P. Arsène, en qualité de protincial, accorda un secours considérable ï le gouvernement français vint à l'aide de l'œuvre, comme aussi la Propagation de la Foi. On mena activement le travail et à l'automne de 1889, la nouvelle maison fut ouverte. C'est une recons^ction presque entière de l'ancien couvent. Elle offre, de la cour, un aspect simple et sévère mais imposant par sa masse et ses lignes harmonieuses. L'intérieur est vaste, bien disposé et tout à fait accommodé à sa situation. IjS. cour de récréation est grande et agréable.
Si la province de Paris avait fait des sacrifices pour la reconstruction de St-Louis, elle fut la première à en profiter : ses jeunes religieux, obligés par la persécution de quitter le sol français, y furent fraternellement accueillis, en décembre 1889, et y restèrent jusqu'en septembre 1890. Ils inaugurèrent le nouveau chœur, disposé au deuxième étage pour remplacer le -chœur qu'ils avaient auparavant près de l'autel et qui était devenu trop petit pour le nombre des religieux.
Dans les premiers mois de cette année on acquit un vaste terrain à Kadi-keui, sur le bord de la mer, et on y éleva aussi ra-
pidemeot que possible une grande maison pour abriter les jeunes religieux dont nous venons de parler. Ils en prirent possession en septembre i890.
Œtn-RES DE LA. MISSION ST-LOUIS.
1" Service de l'église. L'église St-Louis, dite autrefois f Paroissiale et Royale i, dans tous les actes officiels, est affectée au service de l'ambassade française, mais elle reste cependant une église publique. Le ministère s'y fait en français. On y prêche régulièrement pendant l'A vent, tous les dimandies à la messe de 10 heures ; pendant !e carême, le dimanche et le mardi, de plus une retraite de dames la quatrième semaine et une retraite d'hommes la cinquième. On y prêche encore tous les jours, le mois de Marie et la neuvaine de N.-D. du Mont^ Carmel : et enfin les quarante heures. Cette église est très fréquentée par la Colonie française ou parlant français : les offices s'y font suivant les usages de France et avec gravité. Les élèves de l'école, surtout ceux du séminaire, y contribuent de leur mieux. •
2° Service de l'ambassade française. Les Capucins sont aujourd'hui, comme il ya près de trois cents ans, les aumôniers de l'ambassade française. Ils ont la juridiction paroissiale dans toute l'enceinte du palais de France et de la chancellerie. La messe officielle est fixée A 10 heures, elle est toujours très fréquentée. Pendant l'été, quand l'ambassade va à Thérapia, ou va dire la messe, les dimanches et fêtes, dans la chapelle du palais.
3° AumÔnerie des Frères de Kadî-keui. Sur la demande des Frères et avec le consentement du Vicariat, la Province a accepté l'aumônerie des Frères et de leur collège. Deux Pères et un Frère lai sont occupés à cette œuvre. Outre les instructions religieuses et les catéchismes qu'ils font au collège, ils en font aussi à l'école paroissiale. Ils remplissent en même temps les fonctions d'aumôniers dans le pensionnat des Dames de Sion.
4° Aumônerie de l'école de St-Mîchel. La mission donne encore tous les secours religieux, messes, instructions, confessions, etc., à l'école que les Frères ont fondée sous le patronage de St Michel, rue de Agha-Hammam. Le nombre des enfants catholiques y étant relativement plus considérable, on y trouve aussi plus de consolation.
5° Aumônerie des Sœurs Franciscaines. Ces religieuses ayant été appelées par ta mission et s'occupant de i'ècoie et de la sacristie, il est juste qu'on leur donne tous les secours religieux dont elles ont besoin. Un Père est leur confesseur, tous à tour de rdle vont leur dire la messe chaque matin. Elles ont des pensionnaires âgées, et quelques orphelines.
6" Catéchismes. Presque dès le commencement, les Pères se sont occupés de donner l'instruction religieuse, et de faire le catéchisme aux enfants des deux sexes qui sont élevés dans leurs familles ou dans les écoles laïques. Cette œuvre a pris un grand développement. Plusieurs fois par semaine les enfants y viennent avec assiduité et plaisir. Chaque année, le jour de l'Ascension, on fait solennellement la première communion, comme en France, Les élèves du séminaire vont en outre faire le catéchisme, plusieurs fois la semaine, dans les classes externes des Frères — à Galata, au Taqcim et à Pancaldi.
7° Prédications. Les Pères, outre les prédications dont nous avons parlé, sont encore demandés souvent pour des occasions extraordinaires, et surtout pour les retraites des communautés et des associations, à Constantinople, A Sm\Tne et ailleurs.
8° Ècole-Sémînaires. L'œuvre la plus importante et la plus caractéristique de la Mission c'est incontestablement l'école dont nous avons raconté le commencement et le progrès. Avec les années, encore bien peu nombreases, elle a atteint son complet développement. Elle comprend en ce moment deux sections, le petit séminaire ou collège proprement dit, et le grand séminaire. Au petit séminaire on fait toutes les études classiques ordinaires et les élèves y font leurs humanités complètes. Plusieurs ont pu se présenter avec succès aux examens de France,
Oaelques-uns ont été reçus avec honneur dans les écoles spéciales. La discipline y est forte, quoique douce et paternelle. Les externes, qui doivent toujours être moins nombreux que les pensionnaires, arrivent dés le matin et suivent tous les exercices, comme les autres. Après leur repas, qu'ils vont prendre en famille, ils rentrent à l'école jusqu'au soir.
Au grand séminaire les élèves portent la soutane et font les études ecclésiastiques ordinaires. La philosophie dure un an, la théologie quatre ans. On leur enseigne en même temps l'histoire ecclésiastique, l'écriture sainte et le droit canonique. On le^ forme aux cérémonies, au chant grégorien et à la musique. Qaelques-uns sont déjà dans les Ordres, les autres sont tous clercs.
Un des premiers élèves de l'école, natif de Smyrne a été ordonné prêtre par son archevêque, & St^Louis ; un autre entré dans l'Ordre des Capucins, a été ordonné par le Vicaire patriarcal.
Les élèves du grand séminaire sont au nombre de douze : Latins de divers diocèses, sept ; Arméniens, trois ; Géorgiens, deux.
Les élèves internes du petit séminaire sont choisis par les évëques des divers diocèses du Levant. On avait d'abord admis ceux qui se présentaient d'eux-mêmes, sans les éprouver suifisamraent, mais le recrutement fait de cette façon était fort défectueux et les déchets considérables. La règle invariable aujourd'hui est de ne les admettre que sur la présentation des évëques du Levant, et on les instruit pour eux spécialement. On les prie de bien s'assurer avant de les envoyer, s'ils ont une véritable vocation. Ils sont au nombre de trente-quatre dont vingt-deux Latins, neuf Arméniens, trois Géorgiens.
L^ externes appartenant à de bonnes familles de Péra sont au nombre de vingl^trois. »
9° Associations et confréries. Confrérie de JV,-D. du Mont-Carmel. Depuis l'année 1731 , la confrérie est établie dans cette église. La solennité de la fêle, qui se célèbre le 16 juillet, «st précédée par une neuvaine, fort suivie. Elle comprend un grand nombre de membres ; mais elle n'a pas de réunions mensuelles.
Les religieux de la mîssioD appartiennent tons à la province de Paris, comme autrefois. Bb sont au nombre de onze prêtres, dont huit employés à St-Louis et trois & Kadi-keui, et de quatre Frères lais, dont trois à St'Lonis.
3* Paroisse de St-Stefano.
Cette paroisse a été créée par Mgr Brunoni par un décret du 16 décembre iS63. L'église a été bâtie sur un ûrman impérial, émané à la demande de l'ambassade de France, Chaban, 1281= 1865. Elle a été bénite et inaugurée, le 16 juin 1867, par le R. F. Pierre de Settignano, préfet de la mission.
Cette paroisse appartient aux FF. MM. Capucins qui ont fait tous les frais de sa construction. Depuis que les Capucins de la province de Paris ont pris possession de leur ancienne mission de St-Lonis, cette station dépend de la mission de Smyrne. Dans ces dernières années, le Bév»' Père Général de l'Ordre y a établi nn noviciat international pour les missions de l'Ordre.
Les Religieux sont au nombre de cinq prêtres, cinq clercs et quatre frères lais.