CHAPITRE VII
A^minktrathn extériiuti. De quil^ufs Luis pûHti^uis; Trahis i Alliances; Nigûàatms n Râlaihns avec d'autres piupks.
JL^S colonies venues de Grèce fqrmèrent en gé- Muiupucui du nérsl des états réparés. Leur territoire ne s*étendit ueili'fomé!!! op^ guère d'abord au-deli^ de quelques lieues. Non- pw»«*w« «•«^i' leulenfient chacune d'elles eut un gouvernement distinct , mais ce gouvernement encore n'eut pas toujours le même caractère, Leur union sous les rapports politiques, une confédération pour ré* sister ou se mieux défendre contre d'autres cités , n'en devinrent pas moins le besoin de toutes; elles ne pouvoient conserver qu'ainsi leur indépendance. Je parle de Tindépendaifce extérieure; car le ch<rf de l'adniinistration ou de ('armée s empara uop souvent d'une autorité dont il n*étoit d'abord que le ministre ou le dépositaire.
Cette usurpation» dans les premiers siècles surtout , devoit Atre supportée avec une indignation , dont la crainte seule pouvoit diininuer l'énergie, par ips enfant^ des premiers compagnons
(Tune fuite commune et des premiers fondateurs de la patrie nouvelle. S'étant éloignés pour échapper à l'oppression y ils la retrouvoient parmi les descendans des hommes auxquels ils s'étoient associés pour recouvrer ime ancienne liberté. Les pays mêmes dont ils sortoient ne furent pas toujours tyranniquement gouvernés : c'étoît quelquefois à des factions bien plus qu'à un maître que Ton cherchoit à se soustraire La démocratie a aussi ses haines, ses injustices, son audace, son despotisme. Spoliés , désarmés , menacés dans leur vie même, les citoyens du parti vaincu alloient chercher dans d'autres lieux ou sur d'autres rivages un asilè et des champs. La Sicile leur en ofiroit encore, ainsi que les côtes voisines de l'extrémité méridionale de l'Italie.
Auociaûon gé- Sans pénétrer dans tous les détails des alliances
nérale pourrésitier • /• . i t« y ¥
aux armes det écran- V^^ ^c formoient entre les divers peuples du pays «*••"• ou de la Grande Grèce , nous rappellerons prin-
cipalement celle qui s'établit entre la plupart des états siciliens, quatre cent vingt-quatre ans avant l'ère chrétienne. Un congrès se forma de députés réunis pour parvenir à ime réconciliation nécessaire et se soustraire à des dangers communs. On sentit le besoin de se lier étroitement , pour se défendre contre Athènes. L'île entière étoit menacée ; obligés de combattre tous séparément, les Siciliens
LiGlSL. DES SICILIENS. CH. Vil. 10)
aurotent pu être tous obligés il recevoir des lois (f un ennemi victorieux. Les observations présentées par Hermocrate , le député de Syracuse , eurent tout le succès qu'elles dévoient obtenir ( i )•
Ce succès 9 malheureusement, ne fut pas. du- m^ên ifaii«» rable. Assez peu d'années après , nous apercevons ||]JJ| ^ ctrib.|j. un traité qui a un caractère bien différent. Conclu entre Denys Pancien et les Carthaginois « it permet de supposer que ce tyran étoit d'intelligence avec eux pour laisser vaincre les peuples qu'il auroit dû défendre , dans Teiipérance de profiter de la terreur quMnspireroit cette union , pour %e rendre mattre i presque sans effort , des villes de Sicile sur lesquelles il vouloit établir sa domination (a). Il e\t remarquable en effet que, dans cette occasion , ce fut le vainqueur qui propou ta pane. Les conditiçns du traité furent que les Carthaginois afouteroient k ce qu'ils possédoient déjà en Sicile le territoire des Sicaniens, de Sélinonte , d'Agrigente et d'Himère ; que les habiuns de Camarine et de Géla pourroient rester dans leurs villes, mais sans murailles, et qu'elles paieroient un tribut aux Carthaginois ; que les
(0 1 hucyaia«, IV, ÎS 5B it suiu. Mal» voir le livre VI , SS <^ (1) Diodorc , Xlll , SS tt\ei luiu. U voir cniultc , llv. xvi ,
Léoniinsy les Messéniens et les autres Siciliens se* roient libres et se gouverneroieiit par leurs propres lois, Syracuse exceptée, laquelle resteroit sous l'empire de Denys ; que des deux parts les prisonniers de guerre et les vaisseaux seroient ren* dus à ceux sur qui on les avoit pris ( ) )• Ce traité , qui aflTermissoit la domination de Denys , ne lui donna qu'un désir plus vif de Tétendre. Huit ans après f c'étoit aux Carthaginois eux-mêmes qu'il demandoit de lui céder ce qu'ils possédoient en Sicile (4) ; et , peu d'années après encore, un traité soumit désormais ces villes à son obéissance (5). conféd$fi^tïon Rappelons aussi le traité qui stuvit une nou*
mire uiuMurifUw ii • • « /^ • a »
yïet 4c Hïciic. Son velle victoire des Àyracusams contre Agngente, et
que des ambassadeurs du peuple vaincu étaient venus demander à la cité victorieuse {6 ) ; l'alliance de plusieurs peuples de Sicile contre Agathode (7) ; et un congrès où des députés de toutes les villes se réunirent à Cela pour parvenir à une conciliation
C4ruurti et K^n 0U
(3) Diod. XIII, S ( i4' ^oir h note E aux txhïrchtcmtnt.
(4) Dfod. XIV, S$ 18, 41 , 45 etsuiu,, 72 // suip.
(1) Dtod, XIV, S 9<î. yoir «ufff le traité rappelé livre xv, SS i^etsulu,
(d) Oiod. XII , i a. Quatre cent iiuarante-'fept om avant Jé«u«-Chrht. Il en rappelle deux de Denyï le |eune, XV^S 7J j xvj,$ 5.
(7) DIod. XIX, S 110.
tiCISL. DES SICILIENS. CH. VU. IO5
génénie (8). Plus anciannemem » quand les Syracusaitis eurent chassé Thrasybule» successeur (THiè* ron P% et» comme lui, frère de Gélon, les autres ciiés s^inirent pour la destructbn de la tyrannie et son remplacement par un gouvernement populaire. Alors se forma véritablement une fédératbn. Des députés des différentes villes se réunirent » et tous , au nom de leur république , résolurent d*élever une statue colossale k Jupiter, qu'ils dési-* gnèrent par Juplitr libérateur: dénomination qui rapportoit à la protection spéciale de ce dieu la liberté que les Siciliens avoient conquise (p).
Un traité d'alliance fut conclu ensuite entre Aiuiinw»«eiu« Uenys et quelques peuples d Italie. Les causes et pui jitAUe. les résultats en sont également développés par Uiodore de Sicile ( i o). Obligés de se rendre après un comlMt inutile, les habitans de la Grande Grèce , qui venoient d'être vaincus , furent renvoyés dans leur patrie par Denys , qui n'exigea pas même de rançon , et qui leur permit de continuer à se gouverner par leurs propres lois ( 1 1 ) • Mais
(H) Thucyd. IV, S ;8. Quatre cent vingt-cinq ans avant J^5u>-Clirht,
(9) Diod. XI , S 71. An 4(S ) avant J. C. Sur le traité fait ptu^ sicun annéei aupravant avec les Carthaginois , on peut voir la note E hux Éclalreissemens,
(10) Llv. Xiv, 1% 40 it $utv. loir aussi Justin , XX , S i.
(11) DIod. XIV, s 103.
il fut moins indulgent envers les Rhégiens, qui âisoient partie de ces peuples. Leur insolente réponse à ce prince , qui demandoit une de leurs filles en mariage (i 2), ne pou voit guère inspirer une clémence égale à celle dont les autres recevoient un si grand témoignage. Denys cependant con* sentit à une capitulation qulls lui demandèrent ; c'étoient une somme de trois cents talens , raban-* don de leurs vaisseaux (au nombre de soixante* et*dix ), et la garantie de cent otages (13). Il paroissoit abjurer sa vengeance : elle n'étoit que différée ; Rhégium finit par être détruite de fond en comble ( 1 4 )• Rdtifont poMtj. Les relations politiques furent assez fréquentes que. .vecc,udHu« ^^^^^ g ^^ ^^ Svracuse. Aristus fut envoyé à
Denys Tancien par la première de ces deux villes (15). Aristus, chargé en apparence de détruire la tyrannie , avoit une commission secrète de raffermir ; les Lacédémoniens espéroient qu ils seroient plus sûrs , n'ayant à traiter qu'avec un seul, de Tassocier mieux à leurs intérêts. Quelques années auparavant, les Syracusains avoient
( 1 2) ^oir le tome précédent , pag. 461.
(i)) Diod. m. S 106.
(14) Diod. XIV, S 108, pag, 2|8. ^bir le S 1 1 1, et Strab. vi, pag. 158.
(if) Diod. XIV, S 10. Ad 4o4avant J. C.
envoyé un ambassadeur k Sparte , alors en guerre avec Athènes (i6). Plusieurs autres associations politiques entre les deux peuples nous sont rappelées encore par Hérodote, par Diodore, par PItttarque (17). Denys l'ancien , pendant la durée de son règne , avoit &it alliance avec les Illyriens par Tentreniise du roi des Molosses , Aicétas , qui , chassé du trône, s'é toit réfugié à Syracuse (18). Nous apprenons de l'orateur Lysias (19) que Conon» si célèbre k*Ia-fbis comme général et comme magistrat, fit tous ses efforts « pendant la guerre du Péloponnèse, pour engager Denys à devenir l'ennemi de Sparte et l'allié d'Athènes.
Un des princes qui régnèrent le plus long- Bien^iu «JHiétemps a àyracuse, Hiéron il, ne se distmgua pas tuiéedesyn moins par la sagesse et la fidélité de ses alliances que par les éminens services qu'il rendit dans l'administration intérieure de Tétat. Une grande preuve en fut donnée après les destructions et les malheurs qu'un tremblement de terre fit éprouver à l'île de Rhodes , ancienne alliée de Syracuse,
(16) Diod. XIII , SS 4 ^' suiv. Thucyd. VI , $S 75 et 88.
(17) Hërod. vn , SS 1 57 «' suiv, Diod. xiil, S î4; XV, $$ 34 it suiv. Plut. Dion , S ^«
(18) Diod. XV, S 13. K?i>.surcc roi , Xénophon , HelUn. iv, pag. 584 et 585 ; Pausirn. I , c. xi.
(19) Page i^j, Plaid, sur les h'ens d'Aristophane,
racuM.
lo8 H13TOIRE DE LA LÉGISLATION.
Hiéron ne se contenta pu db lui envoyer une somme considérable » 3 lui envoya beaucoup (Tautres secours ; û accorda même une exemption d'impôts à tous ceux qui navigueroient vers cette lie. Parmi les sommes envoyées , une partie étoit destinée aux sacrifices , une autre à y faire venir de nouveaux citoyens, toutes à d'utiles secours pour . d'autres besoins publics ; et , après tant de dons , comme s'il eût encore été redevable à des alliés malheureux, Hiéron, dit Polybe, fit élever deux statues , dont l'une représentoit Syracuse plaçant une couronne sur (a tête de Tautue représentant le peuple de Rhodes (zo).
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(ao) Polybe, v, $ 88. Voir VHisf. univ. angl t V, pag. ja^j Faz. 2^3 ; et Ubb. Ëmm. t. UI, pag. 263 et i6\.