PRÉFACE. XIII
profondéaftftDi d&MtMBnifn. OiynJtjHftit de la famille, Bl||l0aRiif des successioni, formation des confni^ purliMil èdafeiit des différences caractéristiqaes (1).
Si la Grèce vaincue a subjugué son vainqueur, c'est au point de vue des beaui-arts, au point de vue des conceptions philosophiques, au point de vue de la culture générale de Tesprit, mais non an point de vue de Tart de gouverner et de faire régner Tordre et la paix par la justice (2).
Si le stoïcisme s*est répandu dans la société romaine, c'est qu'il s'est trouvé en harmonie avec les tendances propres du génie romain, tendance à l'unité du gouvernement en ce monde, tendance à l'universalité de la justice. Il a trempé des caractères et produit des actes d' héroïsme. Mais il n'a pas créé cette jurisprudence civile, judicieuse, modérée, pratique, pleine de nuances et dépourvue de roideur, vraiment humaine et nullement systématique, cette jurisprudence qui, après la disparition du stoïcisme, n'a presque rien eu à changer de ses règles pour s'appliquer à des peuples imbus d'autres idées philosophiques ou religieuses (3).
En résumé, les lois modernes ont des interprètes, des commentateurs. Rome a eu des jurisconsultes, iesjuris eonditores, qui ont présidé an développement du droit en suggérant des coutumes, en fécondant les germes déposés dans les lois, en restant le conseil écouté des parties, des magistrats et des juges. C'est à leur influence qu*est due principalement la perfection scîentiGque delà jurisprudence des premiers siècles de l'empire.
(1) tl. Dausts, Mémoire déjà cité, hc. cit., p. 626 et tuiv. ^ M. Jodrdan, De rkjfpatkique, p. 155.
(i) Oa lira sur ee point une appréciatioii différente dans Tonvrage li intémmt et d bien écrit de M. Petit de JuUevîlIe sor la Grèce toos la domination nMDaine, p. i*6, 203, 262. Qae les Romaînt aient emprunté à la Grèce telle •■ telle itt^totion, le ehirographum, Vhypoiheea peut-être, nous ne le nions pas. Ib avaient l'habileté, noos l'avons reconnu, d'imiter ce qu'ils jugeaient bon cbet les antres et de prendre leur bien partout o& ils le trouvaient. Encore ont-ils ehmgé selon leur génie le chirographe et l'hypothèque. Mais ils n'ont certes pu appris des Grecs cette sagesse pratique, ce goût de l'utile, cet art de gonterner que les Grecs ne possédaient pas.
(8) Voy. pauriant M. fibns, Op. cit., t. 2, p. 55 et suiv. Le droit romain, «mme cet anteur en fait la remarcpie, M resté à beaucoup d'égards bien audestons des visées du stoïcisme. GeU est vrai. Gela même est une preuve que le caractère romain, plus prudent que généreux, voulant le possible, ne rêvant pat l'absolu, n'a pas été transformé par le stoïcisme.
CetH lenr autorUé qui a imprimé au droit romain le caractère d*iine législation incessamment progressive.
Ces considérations générales peuvent aider à Tintelligence des monuments dn droit romain. Le respect dn passé et Tesprit d'innovation, en se combinant» y ont laissé des vestiges qai seraient one complication fatigante, si on n*y apercevaiti avec on intérêt sontenn, les traces des efforts d*an peaple voulant réaliser de plus en plus et de mieux en mieux la combinaison du juste et de Tutile, y réussissant avec un succès jusqu*alors inouï. Par cette lente et toujours apparente formation , le droit romain a mérité d'être étudié avec une ardeur égale par deux classes de juristes. 11 a fourni des documents précieux à ceux qui aiment à remonter aux origines ; il a été cultivé avec fruit par ceux qui veulent avant tout suivre la marche de Tesprit humain vers hi perfection.
J. E. Lambè.