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Histoire de la lithotritie précédée de réflexions sur la dissolution des calculs urinaires

Le temps est déjà loin où nous luttions pour prouver la possibilité de la lithotritie, cette méthode existe aujourd’hui, elle marche, et le septicisme ne saurait la mettre en doute. Bien plus, notre tâche, à nous, toute différente de celle que nous avons accomplie, consiste à modérer la confiance que les médecins et le public ont placée en elle, à prévenir les applications intempestives que l’on en pourrait faire, et à écarter de son avenir les dangers que pourraient lui faire cout rir et l’imprudence de ses amis et la répugnance de ses adversaires. Nous sommes loin de révoquer en doute la bonne foi de ces derniers ; car dans les questions

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médicales, il s'agit de vie et de mort, et il y aurait crime à tenir un langage qui ne serait pas dicté par la conviction ; ainsi donc, il y a encore des hommes qui pensent que dans aucun cas la lithotritie n’est préférable à la taille; ceux-là, il faut les plaindre, car il leur manque une faculté : d’autres, au contraire, voudraient que cette méthode , pour avbir unè valeur réelle, fût applicable à tous les calculs et à tous les âges. Que faire en présence de semblables exagérations ? laisser dire, et compter sur le sens commun pour en faire justice. La lithotritie et la taille ont chacune leur domaine : il y a des circonstances dans lesquelles la première l’emporte sur la seconde, d’autres dans lesquelles les chances sont égales, d’autres enfin qui rendent la taille préférable ; mais la délimitation entre ces classes est loin d’être assez tranchée pour que l’on ne puisse faire des méprises : c’est ce diagnostic qui forme la partie la plus difficile de la lithotritie ; c’est cette appréciation des chances de l’une et l’autre opération qui , plus encore que la manœuvre, montre le véritable chirurgien.

A côté de ces deux moyens de guérison des pierres urinaires, il y en a un troisième que nous n’eussions pas cru, il y a quelques années , digne d’occuper un instant notre attention , et que nous ne saurions nous dispenser d’examiner aujourd’hui : je veux parler de la dissolution. « Cette antique doctrine, est-il dit dans la préface du Traité de l’Affection CaJculeuse,

PUÉFACE.

tant de Ibis déjà reconnue impuissante, relève de nouveau sa bannière , sur laquelle le mot de disgfégation semble vouloir remplacer celui de dissolution ; et aujourd’hui encore , .comme à toutes les phases de sa précaire existence, à côté d’un nombre très-exigu de faits tous douteux et contestables, elle invoque des recherches de laboratoire, sans tenir aucun compte de l’immense influence que le vase animé dans lequel il s’agit d’opérer exerce nécessairement sur les résultats. »

On voit, par ces véhémentes paroles, que M. Civiale prend la chose à cœur : c’est qu'en effet s’il fallait en croire M. Petit, tous nos instruments, si laborieusement inventés, seraient menacés de devenir inutiles et ne tarderaient pas à être rongés par la rouille. C’est une manière de terminer l’histoire du broiement à laquelle je saurai me résoudre s’il le faut, et je me consolerai de la ruine de l’édifice que j’ai contribué à élever, par la pensée du bénéfice que retirera l’humanité d’une méthode meilleure : toutefois, ce moment ne me semble pas encore venu ; et de même que la lithotritie n'a pas envoyé, comme on le présageait, tous les instruments de la lithotomie à la ferraille; de même aussi, la'dissolution des calculs par le traitement alcalin pourra laisser encore une part assez large à la méthode du broiement.

La connaissance de l’effet des substances alcalines sur les calculs urinaires remonte à l’antiquité ; car

IMlÉFACli.

Pline, dans son Uisloire naturelle, lib . 30, cliap. 8 , parle des bons effets des coquilles d’escargots contre la pierre, et depuis lors, la chaux, sous diverses formes, est entrée dans la composition d’une foule de formules qui ont été vantées comme capables de guérir de cette maladie. Il j a maintenant un siècle qu’un mode de traitement par les alcalis faisait dire que l’opération de la taille, devenue inutile, serait désormais reléguée dans l’histoire ; et cette espérance était confirmée par Morand, dans les rapports qu’il fit à l’Académie des Sciences en 17 ^0 et 1741.

Les expériences faites en Angleterre sur le remède de M”" Stephens, composé, comme l’on sait, de coquilles d’œuf et de savon, avaient établi que sur sept malades la pierre avait été reconnue par la sonde avant le traitement, et qu’après, non-seulement les symptômes avaient disparu, mais encore que l’exploration de ],a vessie n’avait plus rien fait rencontrer. En France, les observations paraissent avoir été faites avec beaucoup de soin.

Après avoir parlé des graveleux et des malades éprouvant les symptômes de la pierre, mais chez lesquels la présence du corps étranger n’avait pas été constatée avant le traitement, Morand ajoute :

« La quatrième classe est faite de vingt-deux malades de différents <àges, depuis trois ans jusqu’à soixante-dix-neuf, en qui la pierre a été bien positivement constatée par la sonde : deux sont dans l’usage

l’UÉFACE.

clos remèdes depuis peu de temps, quatre autres ne les ont pris également que pendant très-peu de temps ; cependant l’un d’eux s’est trouvé considérablement soulagé. Deux n’en ont reçu ni bien ni mal. Un, pressé par les douleurs de la pierre, s’est fait tailler, et on lui a retiré une pierre molle. »

« Des seize qui ont pris les remèdes pendant un temps assez considérable, il y en a onze adultes et cinq enfants. Des enfants, un seul se dit soulagé, les quatre autres ne l’ont point été du tout, et ont souffert l’opération de la taille; les pierres qu’on leur a retirées ne présentaient aucune trace de dissolution. » « Des onze adultes, trois n’en ont retiré aucun fruit; quatre sont fort soulagés, et quatre se comptent absolument guéris. » Des expériences faites hors de la vessie vinrent encore ajouter à la confiance dans l’action dissolvante de la chaux unie au savon. Descalculs placés dans les vases qui recevaient l’urine des personnes en traitement se trouvèrent dissous après un mois ou deux. Il faut sans doute tenir compte du choc du jet d’urine sur le corps étranger , mais ce choc eût sans doute été insuffisant pour déterminer sa disgrégation et son usure, si l’urine elle-même n’avait été assez fortement alcalinisée pour exercer une action dissolvante.

Voilà des résultats obtenus aussi par des boissons alcalines, plus nombreux et plus complets, en apparence, du moins, que ceux fournis par l’emploi des

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eaux de Vichy depuis quelques années. Comment se peut-il qu’un mode de traitement dont l’efficacité était basée sur des expériences aussi positives, confirmée par des exemples de guérison tenus pour authentiques, pour la découverte duquel une récompense nationale avait été décernée par le parlement anglais, ait été si tôt et si complètement abandonné? Les guérisons n’auraient-elles été qu’apparentés, et les souffrances des malades auraient-elles reparu plus aiguës et accompagnées d’une altération plus profonde des organes-urinaires? Morand n’a pu déterminer les quatre malades qui se considéraient comme guéris à se laisser sonder; par conséquent il n’a pu acquérir la preuve de la dissolution ; et le temps qui s’est écoulé entre le traitement et son rapport n’a pas été suffisant pour valoir preuve ; toutefois il fait observer que l’introduction de la sonde n’aurait pu convaincre les incrédules, attendu que l’on ne devait pas conclure de ce qu’on ne rencontrait plus la pierre dans la vessie, qu’elle n’y fût plus réellement, puisqu’elle peut être pour longtemps soustraite à toutes les recherches. Il ajoute que l’on peut considérer comme probante la réunion des circonstances suivantes : « Lorsqu’un malade, se servant des remèdes, rendra d’abord avec ses urines un sédiment épais, ensuite des écailles pierreuses ou des fragments de pierre ; qu’il retiendra ses urines, qu’elles se clarifieront peu à peu, qu’il cessera de souffrir, et qu'il se trouvera en état de sup-

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porter la voiture. » La réunion de ces conditions peut bien établir une présomption très-forte en faveur de la guérison complète ; mais elle ne constitue point une preuve, à moins qu’elle ne persiste pendant plusieurs années; car le traitement alcalin fait disparaître parfois si complètement la douleur, au moins pour un temps, que les malades se croient guéris et peuvent à peine se persuader du contraire par la percussion de la sonde sur la pierre. J’en citerai pour preuve le fait d’un malade habitant au Mayet-de l’École, à six lieues de Vichy : sondé -par M. Senelle de Nevers , avant de prendre les eaux, il partit après un mois, se croyant parfaitement guéri. J’avais été chargé, par la Société de Médecine de Paris, conjointement avec MM. Delens, Guibourt, Hervey, Métier et Sandras, d’examiner un Mémoire communiqué par M. Petit, je profitai d'une opération qui m’appelait dans le Bourbonnais pour aller à Vichy même observer de plus près l’effet des eaux, et là M. Petit voulut bien soumettre à mon examen plusieurs calculeux en traitement, afin d’en vérifier plus tard les effets. 11 avait écrit à la personne dont il est parlé plus haut de venir à Vichy pour être explorée par moi ; mais elle ne jugea pas à propos de se rendre à cette invitation. Désireux pourtant de connaître toutes tes particularités d’un fâit de cette importance, je fis moimème le voyage en compagnie de mon confrère et ami le docteur Flandin, que j’avais trouvé à Vichy, et

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de M. Boudant, docteur en médecine à Gannat. Le malade nous dit, que deux jours auparavant il avait éprouvé de la douleur et de la difficulté pour uriner; mais qu’après la sortie d’un morceau noir, du volume d’un pois, qu’il nous montra, et que nous reconnûmes être du bois, tout avait disparu. Ce ne fut pas sans peine que nous lui persuadâmes de se laisser sonder; enûn il y consentit, et nous trouvâmes dans sa vessie une pierre grosse comme une noix. Quelques jours après, il retourna aux eaux; son traitement consistait en deux bains d’une heure et demie par jour, et vingtcinq à trente verres de la source des Célestins, que son estomac supportait à merveille. Après 23 jours de ce régime, notre malade rendit par l’urètre un calcul ayant la forme d’une noisette et l’aspect poreux d’une pierre ponce ; du reste, point de douleur. Cette fois, M. Petit ne voulant pas s’en lier aux apparences, pria un médecin habile de sonder la vessie, et l'exploration ne fit plus sentir de pierre. La saison des eaux étant terminée, M. Petit prit avec lui, dans sa voiture, le malade, et l’amena à Paris. Pendantla route, les secousses ne firent éprouver aucune douleur, et l’on pouvait courir quatre à cinq postes sans que le besoin d’uriner se reproduisît. Le premier soin de M. Petit fut de m’amener son compagnon de voyage ; et M. Flandin fut encore présent à l’exploration. L’histoire de ce qui s’était passé depuis un mois et l’épreuve du voyage m’avaient jeté dans le doute, et

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je m’attendais à ne plus rencontrer de corps étranger, lorsque ma sonde, en arrivant dans la vessie, vint heurter une pierre dont M. Petit lui-même reconnut la présence. Il était donc évident que la guérison n’était qu’apparente ou, du moins, qu’elle n’était pas complète, Je voulus savoir quel était le volume actuel du calcul ; mais la vessie, qui, sur ces entrefaites, s’était contractée, l’avait coilfé; je ne pouvais toucher que sa partie moyenne avec le bec de la sonde, et d’ailleurs le malade, qui persistait à se croire guéri, se refusait à permettre un plus long examen. Je ne pus donc vérifier ce point important; toutefois, le calcul se dérobait plus facilement que lors de ma première exploration au contact prolongé de la sonde, soit que la contraction partielle et irrégulière de la vessie l’enveloppât momentanément, soit qu’en effet il eût diminué de volume.

J’ai rapporté ce fait avec quelques détails, parce qu’il en dit plus que beaucoup de dissertations. L’on y voit jusqu’à quel point les eaux alcalines peuvent suspendre les symptômes, les faire disparaître, et combien les apparences, reconnues trompeuses, doivent rendre circonspect sur l’affirmation de la guérison.

Il importerait peu , sans doute, que la vessie renfermât un calcul s’il devait rester stationnaire , ne point augmenter le volume et ne manifester sa présence par aucun trouble dans les fonctions urinaires, ni aucune douleur ; mais quel médecin pourrait con-

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cevoir une telle espérance sans fermer les yeux à la lumière, et sans faire une abnégation complète de ses études primitives? Lorsque nous voyons la nature faire des efforts d’élimination dans lesquels souvent la vie est compromise, pour expulser d’organes moins importants que la vessie, des corps moins irritants que des calculs , il est absurde de supposer que des pierres pourront séjourner dans les organes urinaires sans y produire des troubles et sans en amener à la longue la destruction. Les exemples de pierres qui ont séjourné dans la vessie de personnes qui ne s’apercevaient pas de leur présence, sont de bien rares exceptions en présence de milliers de faits dans lesquels tous les traitements palliatifs n’ont pu que suspendre plus ou moins longtemps les symptômes, mais non soustraire à la nécessité d’une opération chirurgicale.

Si l’on jugeait d’après les résultats de l’expérience des siècles écoulés, l’insuffisance des eaux alcalines de Vichy, de Fougues, de ContrexeVille, etc., pour dissoudre les calculs urinaires , serait indubitable et ne mériterait pas de faire l’objet de nouvelles recherches. Mais, dans le traitement actuel, indiqué par M. Darcet, suivi et développé par M. Petit, il y a, dit-on, quelque chose de nouveau : c’est la quantité plus grande d’alcali que l’on introduit dans l’économie, Il y a des malades, en effet, qui boivent jusqu’à trente et quarante verres d’eau minérale et prennent

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deux bains chaque jour, sans que leur estomac, leur vessie, leurs reins s’en irritent trop, et sans que la dissolution de la fibrine, par la soude en excès, produise ces transsudations capillaires et ces épanchements sanguins dont parle M. Magendie, lesquels pourraient devenir funestes. M. Petit a donc pu, sans mériter le reproche d’obéir à des vues spéculatives que lui fait M. Civiale, se persuader qu'avec des doses triples de celles auxquelles on employait les eaux alcalines, il parviendrait à produire aussi des effets trois fois plus grands. La suspension presque complète des symptômes chez certains malades, join te à l’issue de petites pierres et de graviers d’acide urique, recouverts parfois d’une couche blanche poreuse formée par de l’urate de soude, a dû, tout naturellement, le confirmer dans cette pensée.

Que M. Petit soit de bonne foi dans son enthousiasme, et qu’il obéisse à sa conviction , cela ne peut être douteux ; que M. le docteur Prunelle, inspecteur de l’établissement de Vichy, soit consciencieusement opposé au large emploi des eaux, conseillé par son collègue-adjoint M. Petit, cela ne peut être non plus mis en question. Il est bien entendu que tous, dans cette discussion, nous ne sommes guidés que par l’amour de la vérité et que nous avons seulement en vue le bien de l’humanité. Examinons donc les faits de dissolution observés jusqu’à ce jour, et voyons s’ils sont concluants? Pour ma part, je dirai non, puisque

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dans les uns, l’existence et le volume de la pierre n’avaient point été appréciés avec la sonde avant le traitement; puisque dans les autres, malgré la suspension complète des symptômes, une ou plusieurs pierres existaient encore dans la vessie.

Et d’abord, il ne faut pas attribuer à l’action dissolvante des eaux la sortie des petites pierres entières et sans altération qu’entraînent des urines plus abondantes ; de l'eau pure prise en même quantité eût pu produire le même résultat. Parnai les faits rapportés dans la brochure de M. Petit, l’un des plus complets est celui de M. de Long-Perrier, dans la vessie duquel j’avais reconnu la présence d’une très-petite pierre, et qui, cinq jours après son arrivée à Vichy, la rendit spontanément : elle était du volume d’un pois, et ne présentait aucune trace d’action appréciable, car je ne puis admettre comme un indice de dissolution une saillie blanchâtre du volume d’une tète d’épingle, tors même que ce point serait formé par de l’urate de soude. Je ne puis voir, pour moi, dans ce fait, qu’un exemple nouveau de sortie spontanée d’un gravier de moyen volume, comme on en trouve des milliers d’exemples dans les auteurs. M. Petit m’objectera peutêtre, que pour avoir été rencontré par la sonde et pour avoir déjà produit de la douleur et de la gêne dans l’émission de l’urine, il fallait que le corps étranger eût acquis déjà un certain volume : celte dernière circonstance est expliquée par l’adhérence du gravier à la par-

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lie antérieure du col de la vessie. Quant au laU de la découverte de ce gravier par le cathétérisme, je crois pouvoir supposer qu’il n'eût probablement pas éïé senti, je ne dirai pas par une autre main, une telle outrecuidance est loin de ma pensée, mais avec une sonde autrement courbée que celle dont je me sers: La pierre de M. de Long-Perrier me parut, au surplus , si petite, que je lui donnai l’assurance qu’en une minute, et à l'instantmême, je pouvais la détruire. Des affaires qui l’appelaient à Meaux dans la journée , l’engagèrent à différer l’opération d’une semaine; puis il changea d’avis, se rendit à Vichy, et fit bien, comme l’a prouvé l’événement; car, pour moi, qui me suis donné pour mission chirurgicale de diminuer ou de proscrire la douleur, je considère que cent verres d’eau à boire en six jours valent encore mieux qu’une opération , quelque peu pénible et innocente qu’elle soit. Mais on tirerait de ce fait une fausse conséquence si on voulait voir un exemple de dissolution là où il n’y avait, en réalité, qu’une expulsion sans altération chimique. Déjà, bien des fois , j’ai vu des graveleux rejeter des graviers doubles et triples en volume de celui dont ilesticiquestion.Jeciterai entre autresM.Buch..., de Boulogne, près Paris, qui, peu d’heures avant le moment que j’avais fixé pour le broiement, rendit une pierre grosse comme un fort noyau d’olive; M. Gr... d’Elbeuf, auquel je me contentai de faire en présence de son médecin, le docteur Molin, des

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injections à travers une grosse sonde de gomme, pensant que sa petite pierre pourrait sortir entière, sans opération, et qui l’expulsa en effet ; elle était presque double de celle de M. de L... Je citerai encore un marchand de bouteilles, rue de Provence, qui, à la suite d’un traitement par les eaux de Vichy que je lui avais prescrit, il y a deux mois, vient d’expulser un calcul d’oxalate de chaux, long de neuf lignes, ayant l’aspect d’une chrysalide, et ne présentant d’autre trace d’action des eaux alcalines, qu’un léger dépôt de carbonate de chaux dans les anfractuosités qui existent à sa surface.

Les nouveaux partisans de la dissolution assurent qu’il n’y a jamais d’inconvénient a faire l’essai des eaux alcalines. Suivant eux, lorsque les calculs sont formés d’acide urique, l’action dissolvante est certaine ; arrivé dans la vessie, le carbonate de soude est décomposé : l’alcali se combine avec l’acide urique du calcul, et forme, à sa surface, un urate de soude soluble qui se sépare, et permet au réactif d’opérer sur les couches suivantes, jusqu’à ce que la dissolution soit achevée. Lorsque la pierre est formée de phosphate de chaux d’ammoniaque et de magnésie, il n’y a point sur les sels d’action chimique ; mais la matière animale qui leur sert de moyen d’union est ramollie, détruite même, et les sels se séparent, obéissant à une sorte de disgrégation. Enfin, si les calculs sont formés d’oxalate de chaux , les carbonates alca-

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lins sont impuissants pour les dissoudre, mais ils n’empirent pas l’état du malade, et la chirurgie peut toujours intervenir. La conclusion serait logique si les choses avaient toujours lieu de la sorte ; mais les résultats ne sont pas, à beaucoup près , aussi simples ni aussi constants. Je n’ai pas Ja prétention d’apprendre à MM. Darcet, Chevalier, Petit, etc., quelles altérations chimiques éprouvent des calculs plongés dans les sources alcalines gazeuses ; là, des matières inertes, soumises à des actions purement chimiques, produisent des réactions prévues; mais il n’en est plus de même pour l’être organisé vivant : les combinaisons qui ont lieu dans l’intérieur des organes nous échappent , et les résultats seuls peuvent nous les faire soupçonner. Or, ces résultats je les étudie depuis quatorze ans, comme le prouve l’ouvrage que j’ai publié en 1825, ayant pour titre : Exposé des dicers procédés employés pour guérir de la Pierre, La manière dont cette question est traitée depuis deux années me permettait de supposer sans trop de prévention que je n’étais pas en arrière des notions acquises ; pourtant je me suis abstenu jusqu’ici de prendre part à la discussion sur la dissolution des calculs urinaires, pensant qu’il convenait d’observer auparavant les effets d’une saturation plus complète, produite dans le mode de traitement actuel par des boissons alcalines plus abondantes et des immersions plus prolongées ; deux années d’attente ne m’ayant point donné de so-

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Iiition, comme on a pu le voir dans les pages qui précèdent, et mon nom ayant été cité de part et d’autre à propos de faits relatifs à la dissolution, je n’ai pas cru pouvoir plus longtemps me dispenser d’intervenir et de formuler une opinion que je serai toujours prêt à rectifier si des faits nouveaux viennent m’en imposer le devoir. Voici donc quels sont les résultats les plus ordinaires de l’administration des carbonates alcalins à doses suffisantes pour modifier l’urine, et faire disparaître pendant un laps de temps assez long son acidité naturelle. Les calculs d’oxalate de chaux et ceux de phosphate triple de chaux, d’ammoniaque et de magnésie, bien loin d’être dissous, tendent généralement à s’accroître sous l’influence du traitement alcalin, par l’addition de nouveaux phosphates qu’il produit en abondance.

Les calculs d’acide urique seuls paraissent être attaqués par les eaux de Contrexeville, d’Evian, de Fougues, dé Vichy, etc. Il se forme à la surface de cette espèce de concrétion urinaire un urate de soude soluble dont probablement une portion se détache, car elle prend un aspect poreux et cellulaire ; la matière animale qm entre dans la composition des calculs se trouve mise à nue superficiellement ; elle forme une enveloppe molle qui protège la muqueuse vésicale contre le contact violent de la pierre et suspend la douleur; mais en même temps, elle défend les couches secondaires contre les alcalis et elle borne leur ac-

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lion. Si les calculs n’ont qu’un petit volume, le ra^ mollissement ou même la destruction de la couche externe, qui paraît avoir lieu pour quelques-uns, favorise leur expulsion, et les traces évidentes de l’altération produite par les alcalis manquent rarement de faire supposer qu’elles avaient primitivement un volume beaucoup plus considérable, et de corroborer la foi des croyants. Dans quelles circonstances a lieu cette altération? pourquoi n’est-elle pas constante? Nous l’ignorons : nous ne savons pas non plus à quelle profondeur peut s’exercer l’action chimique , ni quel est le maximum de grosseur des graviers dont la sortie a lieu ; la nature des concrétions ainsi que l'ampleur de l’urètre doivent rendre cette limite variable ; toutefois, il est permis d’affirmer en thèse générale que si la pierre a plus de huit lignes de diamètre, il y a peu de chances de la voir sortir spontanément.

Mais l’urate de soude que l’on observe sur la surface des calculs des personnes qui ont été soumises au traitement alcalin, est-il toujours l'effet de la combinaison de la soude avec l’acide urique du calcul? ou bien, n’est-ce pas l’acide urique libre de l’urine qui s’unit à la soude et se précipite sous forme d’urate, ajoutant à la pierre des couches nouvelles? Cette dernière formation doit avoir lieu la première, car l’acide et la base se rencontrant tous deijx à l’état de dissolution, leur combinaison doit être instantanée , et l’actiou sur le calcul ne peut avoir lieu

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qu’aprés la neutralisation complète de l'acide urique en suspension dans le liquide. Nous admettons que dans le traitement à haute dose il en est ainsi, et que la soude en excès peut se combiner avec l’acide urique de la pierre; nous sommes d’accord sur ce point, mais nous cessons de l’être sur les conséquences qu’il doit avoir. En effet, les partisans de la dissolution établissent en principe que l’urate de soude étant soluble, il se sépare à mesure qu’il se forme, et que, par conséquent, la destruction de la pierre en est le résultat indispensable. L’urate de soude est soluble, il est vrai, mais seulement à une température élevée, non à celle du corps de l’homme, et surtout dans un liquide déjà saturé de ce même sel. Pourtant, j’ai dit plus haut que l’aspect poreux de certains calculs, expulsés pendant le traitement alcalin , semble indiquer la séparation d’une partie de cet urate de soude formé à la surface de la pierre; je l’ai dit, parce que cela m’a semblé positif. Mais à côté de ces calculs, je puis en montrer d’autres dans lesquels l’urate de soude est manifestement ajouté à la pierre primitive, dont les limites sont parfaitement tranchées. J’en citerai un exemple un peu plus loin.

. On a maintes fois objecté aux dissolutistes que le corps vivant ne peut être assimilé à une cornue inerte, que les réactifs pris par la bouche subissent des altérations successives dans l’estomac , dans les poumons, dans leur mélange avec le' sang, dans le travail de la

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sécrétion des reins, etc. Veulent-ils cependant s’en tenir aux expériences de laboratoire? eh bien! il est facile de leur démontrer qu’elles viennent confirmer et expliquer ces substitutions d’un sel à uiï autre, ces transformations de diathèse qui produisent des résultats entièrement contraires à ceux que l'on se proposait d’obtenir. Mon ami M. Mathiessen a bien voulu me seconder dans cette recherche, et m’aider à expliquer les phénomènes de décompositions et de combinaisons qui s’observent sur les calculs vésicaux pendant le traitement alcalin. Voici, parmi un assez grand nombre d’expériences, celles qui ont le rapport le plus direct avec cette question ; on peut facilement les vérifier :

1 ° Le bicarbonate de soude, qui doit être porté presque jusqu’à l’ébullition pour être ramené à l’état de sous-carbonate de soude, laisse dégager son acide lorsqu’on le met en présence de l’acide urique à la température du sang, et forme un urate de soude peu soluble, bien qu’il soit le plus soluble des urates.

2° Si le sous-carbonate de soude est en excès, l’acide urique s’y (Jissout avec elTervescence, et produit du gaz ammoniac, du cyanurate et de l’urate de soude.

3“ L’acide urique se dissout à la température du sang dans le carbonate d’ammoniaque, dégage l’acide carbonique, et forme un urate d’ammoniaque beaucoup moins soluble que l’urate de soude.

4" Deux dissolutions limpides concentrées d’urate

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de soude et d’urate d’ammoniaque, versées ensemble à la température du sang, donnent lieu à la formation d’un sel double presque insoluble, qui se précipite, lorsque l’acide urique est en excès, sous forme de matière gélatineuse et visqueuse, ressemblant beaucoup à du mucus, lequel, avec le temps, se condense et devient plus compacte. Si l’on chauffe ce sel double dans une capsule de platine, on a d’abord dégagement d’ammoniaque qui bleuit le papier rougi de tournesol, puis une forte odeur de cyanogène et d’acide hydrocyanique ; le résidu est du carbonate de soude régénéré. S’il n’y a pas excès d’acide urique, les deux dissolutions concentrées forment de petits cristaux blancs et luisants.

5“ Du phosphate de chaux agité à la température du corps humain avec du sous-carbonate de soude, produit une quantité considérable de carbonate de chaux et de phosphate de soude ; car la liqueur filtrée de laquelle l’on chasse tout l’acide carbonique par l’acide acétique, précipite du phosphate de chaux par l’eau de chaux. Ce précipité se dissout dans l’acide acétique, et reparaît en saturant l’acide acétique par l’ammoniaque. Le résidu lavé donne une vive effervescence avec l’acide hydrochlorique.

6“ Un os frais, entouré de ses cartilages, ligaments et périoste, donne également du phosphate de soude dans une dissolution de sous-carbonate de soude à la température du sang.

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Ne trouvons-nous pas dans ces expériences les explications des dépôts successifs des sels, et des transformations de diathèse dont je parlais tout à l’heure? Ainsi, dans la combinaison du bicarbonate de soude avec l’acide urique, nous voyons : dégagement d’acide carbonique, dégagement de l’ammoniaque, formation d’un carbonate d’ammoniaque , dissolution de l’acide urique par l’ammoniaque, et formation d’un sel double presque insoluble d’uratc de soude et d’ammoniaque , qui se précipite.

Quant à la production des phosphates, elle est encore plus facile à expliquer, puisque leurs éléments sont déjà en présence dans l’urine ; mais les expériences ci-dessus montrent comment; le traitement alcalin augmente leur prédominance , leur déposition abondante et l’accroissement rapide des calculs'. En elfet, les poumons éliminent -du sang l’acide carbonique ; il est donc plus que probable que beaucoup de sous-carbonate de soude circule avec ce liquide après l’accomplissement des phénomènes respiratoires. Or, nous avons vu que les os subissent une altération dan le sous-carbonate de soude : ils cèdent leur acide phosphorique, et il reste un carbonate de chaux. La quantité de phosphate de soude contenue naturellement dans le sang, se trouve de la sorte augmentée et en excès. Les reins doivent diminuer cette exubérance de phosphate de soude, et, en effet, ils le séparent ; mais là ce sel se trouve en présence de la

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chaux, de l’ammoniaque et de la magnésie, qui s’emparent de son acide et forment des sels insolubles. On conçoit que la diathèse phosphatique produite, tantôt par l’état inflammatoire des reins, tantôt par une action lente sur les tissus, ne doit pas se manifester tout d’abord ; aussi les phosphates, lorsqu’ils se déposent sur des calculs d’acide urique, sont ordinairement précédés par l’urate double de soude et d’ammoniaque, et accompagnés d’une altération de la santé.

Quant au carbonate de chaux, il suit d’ordinaire la diathèse phosphatique ; peut-être sa production n’at-elle lieu que quand l’exhalation pulmonaire devient insulfisante pour diminuer l’excès d’acide carbonique ; le sang artériel eutraînç alors une certaine proportion de bicarbonate de soude qui arrive jusqu’aux reins et la vessie : là il se décompose en présence de l’acide urique, comme nous l’avons dit, -et l’acide carbonique s’unit à la chaux. Peut-être aussi l’altération des os, par le carbonate de soude, fait-elle passer dans le sang du carbonate de chaux rendu soluble par l’acide carbonique, lequel carbonate se sépare et se concrète dans les reins.

Quelques pages plus loin , je citerai des faits dans lesquels on pourra suivre pas à pas cette succession d’une diathèse à une autre.

Ainsi, le premier effet du traitement alcalin est la formation d’un urate de soucje à la surface de la pierre. Il semblerait, d’après les expériences citées précédem-

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ment, que la combinaison de l’acide urique avec le carbonate de soude dégageant de l’ammoniaque, la formation de l’urate de soude serait toujours accompagnée de la production de l’urate d’ammoniaque, lequel devrait s'y combiner pour former immédiatement le sel double presque insoluble dont nous parlions tout à l’heure. Peut-être, en effet, la couche muqueuse observée à la surface des pierres urinaires pendant le traitement résulte-t-elle parfois, non de la matière animale des calculs mise à nu, mais de la précipitation des deux urates, qui, comme nous l’avons dit, prennent d’abord une apparence gélatineuse pour se concréter ensuite. Toutefois, il paraît certain que, dans plusieurs conditions dont je ne puis préciser ni la fréquence ni l’espèce, l’urate de soude est seul produit; que, malgré son peu de solubilité, ce sel est détaché du calcul, et que la matière animale qui entre dans la composition de ces concrétions est mise à découvert. A cette période du traitement, les douleurs produites par le contact de la pierre sur la vessie diminuent d’une manière notable, et souvent même cessent assez complètement pour faire croire à la guérison, comme nous l’avons vu précédemment : cette suspension de la douleur provient peut-être de ce que l’urate double gélatiniforme de soude et d’ammoniaque est moins irritant pour la vessie que les sels dont sont formées ordinairement les concrétions urinaires ; ou bien encore, elle peut dépendre de la ma-

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tière animale mise à nu, formant autour de la pierre une sorte de coussinet qui protège la muqueuse.

Nous avons eu déjà l’occasion de montrer que dans le cas où l’urate de soude formé seul à la sqrface des calculs d’acide urique s’en sépare, la matière animale qui contribue à l’union des sels peut arrêter l’action dissolvante et la borner fréquemment à la superficie. Lorsque la pierre est petite, la soustraction d’une ligne ou deux sur toute sa circonférence peut l’amener au point de parcourir l’urètre et d’être expulsée. Mais supposons que les concrétions ayant dépassé le volume de gravier pour atteindre l’état de pierre, le ramollissement de leur surface et l’abondance de l’urine soient demeurés insuffisants pour en amener l’expulsion ; supposons encore que malgré la suspension des symptômes, le traitement n’ait pas été discontinué, et que la saturation alcaline persiste : alors il se fait uu temps d’arrêt; une sorte d’équilibre s’établit entre la disposition primitive qui tendait à l’accroissement du calcul par l’acide urique, et le nouveau mode de vitalité imprimé à l’économie par le traitement. Cet état de calme dure plus ou n^oins longtemps, suivant les sut jets, après quoi l’équilibre est rompu, la diathèse alcaline l’emporte et produit des combinaisons nouvelles faciles à expliquer par les expériences précédentes ; alors on voit apparaître d’abord la prédominance'pbospbatique, résultat ordinaire de l’irritation des reins et de la vessie, car on ne peut espérer de condamner ainsi

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les reins à une sécrétion anormale sans qu’il en résulte, à la longue, un état inflammatoire toujours croissant. Si la saturation est poussée plus loin encore, aux phosphates triples se joint ou se substitue un nouveau sel, le carbonate de chaux, comme déjà Berzélius l’avait observé avant moi, et comme on le verra clairement dans les observations qui suivent.

A partir du moment où s’établit la prédominance dans l’urine des phosphates triples de chaux d’ammoniaque et de magnésie, la pierre, demeurée stationnaire, grossit rapidement par la déposition des sels, d’autant plus abondants que le traitement est mieux suivi ; l’inflammation catarrhale des bassinets des urètres et de la vessie apparaît ou s’aggrave; elle amène, à la longue, une altération profonde de ces organes, et les malades paient quelquefois de leur vie le soulagement que le traitement alcalin leur avait fait éprouver d’abord. S’il me fallait citer dès faits pour montrer à quel déplorable état peuvent être réduits les calculeux, par cette intarissable confiance dans les vertus dissolvantes des eaux alcalines gazeuses, je n’aurais que l’embarras du choix, car peu d’entre eux se soumettent à une opération sans en avoir fait l’essai, et l’on verrait que les plus éclairés ne sont pas en général ceux qui savent abandonner à temps un espoir dont la prolongation devient funeste, lorsqu’il n’est pas réalisé tout d’abord.

Je trace ces lignes à Vendôme, où je viens de pra-

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tiquer la taille hypogastrique sur un médecin distingué; depuis deux ans il se flattait de l’espérance de guérir par l’eau de Vichy, et il en était arrivé à un tel état de souflrance, de raccornissement de la vessie, de fièvre et d’altération de la santé, que le broiement était devenu, sinon tout-à-fait impraticable, du moins inopportun, et que sous pèine de le voir succomber en peu de jours à l’intensité de ses douleurs et à la fièvre, il fallait en enlever immédiatement la cause. Chez lui, la confiance avait été entretenue par la sortie de quatre petites pierres ovoïdes ; la plus volumineuse a six lignes sur quatre ; sciées par la moitié, leur tranche présente trois couches bien distinctes : au centre un noyau épais d’une ligne, jaune et compacte; ensuite une couche de deux lignes d’un jaune plus pâle, moins dense; et à l’extérieur une enveloppe blanche assez dure, ayant un quart de ligne d’épaisseur. J’ai remis l’une de ces petites pierres à M. Bourson, préparateur du cours de M. Gay- Lussac ; il l’a trouvée formée d’acide urique et d’urate d’ammoniaque ; la croûte blanche et dure, évidemment superposée, est de l’urate de soude et d’ammoniaque. Je donne ici cette analyse pour preuve du soin qu’a mis à la faire ce jeune et habile chimiste (1).

(1) Calcul formé d'urate d'ammoniaque, et d'urate d’ammoniaque et de soude.

Ce calcul formait deux couches très-faciles à séparer. La partie du centre était formée d’urate d’ammoniaque, et la couche supérieure d’urate d’ammoniaque et de soude.

PUÉFACB.

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M. Petit prétend que ce malade n’a pas pris l’eau de Vichy en quantité Suffisante, et il n’admet pas qu’il eût fait un traitement. Or, depuis deux années, M. Lousier a pris de toutes manières les carbonates alcalins, et s’il les a suspendus pendant quelques jours, à des intervalles plus ou moins longs, c’est que l’état de ses organes digestifs et urinaires lui en imposait la loi ; mais il lui est arrivé de persévérer pendant deux mois sans interruption, et de prendre chaque jour, pendant ce temps, neuf verres d’eau de Vichy, six à dix pastilles de Darcet, et un bain dans lequel on faisait dissoudre une livre de sels de Vichy ; et on n’appelle pas cela un traitement !

La pierre que j’ai extraite de la vessie a quinze lignes dans son plus grand diamètre, ainsi que je l’a-

II a été facile de reconnaître la présence de l’urate d’ammoniaque en traitant le calcul en pondre par la potasse, qui a dégagé une forte odeur d’ammoniaque. Le même dégagement d’ammoniaque aurait pu avoir lieu avec d’autres calculs, par exemple avec le phosphate d’ammoniaque et de magnésie ; mais il a été très-facile de le distinguer de ce dernier par sa calcination au chalumeau ; il s’est volatilisé en entier sans laisser la moindre trace de résidu, tandis que le sel de phosphore aurait laissé nn résidu de phosphate de magnésie.

La couche supérieure, traitée par la potasse, a aussi donné une odeur très-prononcée d’ammoniaque. Calcinée au chalumeau, sur une lame de platine, elle a laissé un résidu de carbonate de soude, facile à reconnaître par sa solubilité dans l’eau, et par un dégagement d’acide carbonique en le traitant par l’acide hydrochlorique. Ce résidu avait la propriété de ramener au bleu le papier rougi de tournesol ; et sa dissolution, traitée par le chlorure de platine, ne donnait pas de précipité, caractère qui indique que ce n’était pas du carbonate de potasse, mais bien du carbonate de soude.

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vais reconnu avec la sonde exploratrice (1) ; les couches extérieures avaient été détachées d’un côté par le brise-pierre, dans une application que j’en fis pour obéir à la prière de M. Lousier, car il ne pouvait se résoudre à renoncer à la lithotritie , après s’ètre vu forcé d’abandonner l’espoir de la dissolution. Cette pierre est formée d’un noyau d’acide urique de 5 lignes, revètud’une croûte épaisse, grisâtre, friable, composée de phosphate ammoniaco-magnésien, et superficiellement, d’urate, de phosphate et de carbonate de chaux. Je transcris l’analyse faite par M. Bourbon (2).

(1) J’ai pratiqué cette taille hypogastrique avec les instruments que j’ai imaginés, dans le but de rendre cette opération plus sûre et plus facile. Le raccornissement de la vessie m’a détourné de mon procédé habituel, qui consiste à passer dans les lèvres de la plaie de la vessie un fil en caoutchouc destiné à les soulever et à prévenir l’infiltration urinaire. ( Mémoires sur la cystotomie épipubienne, in-8“, Paris, 1837.) Au moment où je corrige l’épreuve de cette feuille, 40 jours se sont écoulés depuis l’opération , et les nouvelles que je reçois de Vendôme me font espérer une guérison prochaine, malgré les circonstances presque désespérées dans lesquelles se trouvait le malade. Seulement, l’estomac détérioré se refuse à recevoir une nourriture plus substantielle que deux ou trois cuillerées de gelée de viande.

(2) Calcul formé d’acide urique, de phosphate ammoniaco-magnésien, et à la superficie, d’urate, de phosphate et de carbonate de^haux.

L’analyse de ce calcul a été faite de la manière suivante :

Pour reconnaître la présence du carbonate, je l’ai traité, dans un petit tube de verre fermé à l’une de ses extrémités, par de l’acide hÿdrochlorique étendu. Il s’est dissous, en partie, avec une effervescence qili indiquait suffisamment la présence de l’acide carbonique.

D’un autre côté, en le calcinant sur une feuille de platine,.à l’aidc du chalumeau, il a laissé un résidu blanc, qui avait la propriété de ramener au bleu le papier rougi de tournesol. Ce résidu était donc de la chaux caustique et du phosphate non déconiposé.

PIIÉFACE.

11 me semble que l’on peut «uivre dans ce fait, sinon les procédés de la nature, du moins les phases des productions et des transformations auxquelles donnent lieu chez certains calculeux les carbonates alcalins. Nous voyons, pendant quelque temps, M. Lousier prendre les eaux de Vichy à doses modérées, et en éprouver un soulagement tel qu’à plusieurs reprises il se crut guéri. Pourtant ses pierres, loin de diminuer, augmentaient de volume, puisqu'une croûte, compacte et lisse, d’urate de soude et d’urate d’ammoniaque, s’était formée à leur surface; sel double plus insoluble , dont nous avons précédemment expliqué la formation;

M. Lousier expulsa donc successivement, et à des intervalles plus ou moins longs, les graviers dont nous avons parlé. Si l’on me demande pourquoi ces graviers sont sortis après la superposition de l’urate de soude et d’ammoniaque, qui avait augmenté leur volume d’un quart de ligne, Je demanderai à mon tour comment les

J’ai reconnu la présence du phosphate en ce que sa dissolution, dans l’acide hydroehioriqiie traité par l’ammoniaque, donnait au précipité du phosphate de chaux par la neutralisation de l’acide.

Quant à l’urate de chaux , sa présence a été démontrée en traitant le calcul par l’acide nitrique, et son évaporation à sicclté a laissé un résidu de couleur pourpre, caractère qui indique la présence de l’acide urique, tant dans ses combinaisons avec les bases qu’à l’état de liberté.

Du reste, l’eau bouillante dissolvait une portion de ce calcul qui ne pouvait être que de l’urate de chaux, puisque le phosphate et le carbonate .sont insolubles, et l’oxalate d’ammoniaque indiquait la présence de la chaux dans cette dissolution.

préface;

graviers, qui descendent des reins, ne sont point expulsés immédiatement lorsqu’ils ont le volume d’une tête d’épingle ou d’un pois, tandis qu’ils sortent quelques semaines ou quelques mois plus tard, lorsqu’ils ont acquis le volume d’un noyau d’olive ; mais passons. Après l’issue de ces quatre pierres, M. Lousier n’éprouvait pas un soulagement complet ; il était donc manifeste qu’il en existait encore une ou plusieurs autres dans la vessie ; il redoubla d’ardeur, et se mit à suivre le traitement avec autant de persévérance que lui permit de le faire sa constitution débile. C’est alors qu’il prit les 55 bains alcalins, les 540 verres d'eau de Vichy, et les 400 pastilles de Darcet, mentionnés plus haut. Mais l’elTet produit fut loin de répondre à son attente : les douleurs atroces, l’inflammation catarrhale, la fièvre continuelle, le raccornissement de la vessie, rendirent, en très-peu de temps, la taille nécessaire. Maintenant, quelles modifications a éprouvées la pierre pendant cette saturation alcaline ? On peut facilement les suivre : à l’urate de soude a succédé la production des phosphates, accompagnement ordinaire du catarrhe; puis, la prédominance des carbonates étant poussée plus loin encore, la formation du carbonate de chaux en a été le résultat. Or, ces couches de dépôt secondaire, produites évidemment sous l’influence dû traitement, forment plus des deux tiers de la masse du calcul, et, pour en venir à ce point, il n’a fallu que quatre mois.

l'UÉFACE.

Dans ce fait, tomme dans l’iiistoire du gravier d’oxalale de chaux dont j’ai parlé plus haut, nous voyons le carbonate de chaux venir se déposer sur une pierre déjà existante ; dans le suivant, nous allons le voir, sous l’influence des eaux de Vichy, donner lieu à une gravelle à et des calculs d*un nouveau genre.

M. G., auquel M. Gasc donne actuellement des soins comme médecin, appartient à une famille de calcul eux, car ses deux frères ont été opérés par la taille. Toutefois, chez lui, la formation de la pierre ne fut point primitive : une affection de la prostate, pour le traitement de laquelle mon ami le docteur Pasquier et moi réunîmes nos lumières et notre expérience, existait déjà depuis plusieurs années lorsque les symptômes de la pierre parurent. Je pratiquai le broiement, et comme il y avait une rétention complète d’urine, je fus obligé de faire, au moyen du brise-pierre à cuillers, l’extraction de tout le détritus. Le calcul avait quinze lignes. L’analyse faite par M. Peligot, le 18 mai 1837, apprit qu’il était formé par un peu d’acide urique, du phosphate de chaux et beaucoup de mucus : l’écrasement et le mélange des. couches dans l’opération ne permettaient pas de savoir dans quel ordre la déposition du sel avait eu lieu. En conséquence de cette analyse, je fis prendre à M. G. une limonade hydrochlorique ; mais son estomac s’en fatigua, et il se mit à l’usage du bicarbonate de soude, à la dose d’uu gros par jour. Sept mois après, une

VUÉFACE.

nouvelle pierre s’était formée, que j’enlevai par le broiement. M. Peligot analysa les débris de cette concrétion le 2 février 1838, et il la trouva formée de phosphate de chaux, d’une quantité très-minime d’acide urique et de carbonate de chaux. Cette analyse ne me fut point communiquée à cette époque, et c’est depuis quelques jours seulement qu’elle a été mise sous mes yeux. Au mois de mai de l’année dernière, je donnai à M. G. le conseil d’aller aux Pyrénées prendre les eaux sulfureuses, qui me paraissaient convenir à son affection de la prostate ; mais les eaux de Vichy ayant été ordonnées à M™® G., son mari l’accompagna. Je l’engageai à suivre les conseils de M. Petit, et ce fut sous la direction de cet honorable confrère qu’il prit les eaux. M. G. demeura 39 jours à Vichy; chaque jour il prit huit à dix verres d'eau et un bain. Pendant tout ce temps sa santé fut excellente, et il ne ressentit rien vers les organes urinaires ; mais à peine était-il monté en voiture pour revenir, qu’il éprouva de la douleur dans les reins; l’urine bientôt devint catarrhale ; et quinze jours après le retour de M. G. à Paris, je retirai de sa vessie plusieurs petites pierres broyées : des graviers furent aussi amenés entiers dans les cuillers de l’instrument. Je ne fus point frappé d’abord de leur forme rhomboïdale ; mais plus tard elle éveilla mon attention, et la vive effervescence que je vis produire sur. ces concrétions par l’acide hydrochlorique confirma mes soupçons :

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je remis alors à M. Bourson, les débris de calcul provenant de deux opérations différentes, et à M. Guibourt, des graviers extraits entiers. Le premier trouva du carbonate de chaux et un peu d’urate de chaux; le second reconnut un carbonafe de chaux mêlé à du phosphate de chaux. Peut-on ne pas voir ici, dans la production de calculs de cette espèce, l'influence des carbonates alcalins ? Ces faits ne sont-ils, pas remarquables? et n'est-il pas permis de croire'que l’attention étant éveillée sur ces transformations de diathèse, on trouvera qu’elles sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne l’avait supposé d’abord ?

Il semble résulter de ce qui précède, que la disposition à la formation des calculs peut être plus facilement changée que détruite, et que le plus souvent on substitue une diathèse à une autre. Comment cela se fait-il ? Nous avons cherché à en donner plus haut des explications. Dira-t-on qu’elles laissent à désirer? J’y consens; je conviendrai, si l'on veut, que ces faits sont incompris, de même que tant d’autres choses qui se rapportent aux fonctions vitales. Mais ils n’en sont pas moins de nature à faire rejeter l’opinion des dissolutistes qui s’imaginent qu’en introduisant du bicarbonate de soude dans l’économie , on forcera les reins à produire toujours un urate de soude et rien que cela. Prétendre rétrécir de la sorte le mécanisme des sécrétions, n’est-ce pas mettre la puissance de l’art au-dessus de- celle de la nature?

PRÉFACE

En effet, M. Liebig ne vient-il pas de démontrer, dans un beau travail, que l’acide urique peut donner naissance à seize produits divers, et nouveaux pour la plupart (1)?.

On voit que la question de la dissolution des calculs n’est pas aussi simple que semblent le croire ses nouveaux partisans, et qu’il nous reste beaucoup à apprendre. Si je n’obéissais qu’au sentiment de mon insuffisance, je m’abstiendrais encore de formuler une opinion. Toutefois, comme il faut conclure, je dirai ce qui, pour moi, résulte de l’observation des faits.

Les carbonates alcalins sont le moyen le plus efficace que possède l’ârt de guérir pour combattre la gravelle d’acide urique.

Dans certaines circonstances que nous ne pouvons toujours préciser, l’alcali se combine avec la pierre si elle est formée d’acide urique, et produit un urate de soude qui s’en sépare. Celte combinaison ne se fait ordinairement qu’à la superficie; pourtant nous manquons de faits pour en assigner la limite. Ce ramollissement et cette séparation peuvent favoriser l’expulsion de pierres d’un petit volume.

Les alcalis ont donc pour les cas de petites pierres

(1) Ces produits sont : l’urile, l’allantoïne, Turée, J’aciiie oialurique, l’alloxane, l’alloxantine, l’uramile, Vacide thionurique, l’acide dialurique, l’acide alloianique, l’acide parabaiiiquc, i’acide mesoxaliqiie, l’acide mickonielinique, le tnurexide. la ninrexane.

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d’acide urique et la gravelle rouge, des applications heureuses ; mais leurs dangers surpasseraient de beaucoup leurs avantages si l’on voulait les administrer à tous les calculeux indistinctement, et sans tenir compte d’une foule de considérations qui doivent en proscrire, en restreindre ou en modifier l’emploi ; considérations dont les médecins qui prescrivent le traitement alcalin et ceux qui le dirigent n’ont pas toujours tenu compte.

La première condition pour faire un traitement rationnel est de connaître la nature de la pierre , car l’urate de soude, au lieu de se former aux dépens du calcul, peut se déposer à sa surface et augmenter son volume, s’il est composé d’oxalate de chaux, de phosphate de chaux d’ammoniaque et de magnésie, ou d’urate d’ammoniaque.

Des irrigations continues avec une solution trèsétendue de sous-carbonate de soude pour les pierres d’oxalate de chaux, avec de l’eau aiguisée par l’acide hydrochlorique pour les phosphates, pourraient avoir quelque faible action dissolvante.

Lorsque la pierre est d’acide urique pur, le premier effet peut être, comme nous l’avons dit, un commencement de dissolution ; mais sur cet urate de soude, fruit d’une combinaison avec la pierre, viennent souvent se déposer des concrétions nouvelles.

L’action des carbonates alcalins serait plus puissante, plus facile à diriger, moins souvent détruite

XXX Vi

l'UÉFACK.

OU dénaturée par l’influence de l’estomac, des poumons et des reins, si des irrigations continues de solutions alcalines étaient faites dans la vessie avec la sonde à double courant. Si l’on arrive à dissoudre les calculs urinaires, c’est surtout, peut-être même seulement par ce procédé que l’on pourra y parvenir. Les expériences tentées il y a cent ans par Haies, et, il y a dix-huit ans, par M. J. Cloquet, n’ont pas donné, il est vrai, des résultats complètement satisfaisants ; mais comme le premier avait expérimenté avec de l’eau de chaux, le second avec de l’eau distillée, j’ai pensé que l’on ne devait pas préjuger des effets du carbonate de soude en irrigations : aussi ai-je voulu éprouver tout récemment les effets de ce moyen, joint au traitement alcalin ordinaire, suf deux malades qui ne m’ont pas semblé dans les conditions favorables au broiement : des parcelles de pierres détachées par le lithotribe m’avaient appris qu’elles sont formées d’acide urique. Je pousserai cette expérience aussi loin qu’il conviendra avant de pratiquer la taille.

La connaissance de la nature des calculs urinaires est donc essentielle au traitement; mais comment l’obtenir d’une manière exacte, si ce n’est par la lithotritie ?

La seconde condition est l’appréciation approximative du volume de la pierre, car jusqu’ici, des faits bien constatés n’ont point encore prouvé la possibilité de la diminution de calculs d’un certain volume.

l'IlÉKACE.

au }>6inl d’eu produire l’expulsion; loutefois, ce n'est pas une difficulté aux yeux des dissolutistes, puisque c’est là justement le point en litige; d’ailleurs, si l’on satisfait à la condition suivante, on pourra quelque peu négliger celle-ci.

La troisième condition à remplir est relative à la direction du traitement et à l’observation des modilications qu’il apporte dans l'économie, surtout dans la sécrétion urinaire : tôt ou tard, en effet, le tratitement alcalin à liantes doses amène, avec l’inflammation catarrhale , la diathèse phosphatique ; puis, dans certaines circonstances, la formation du carbonate de chaux, de l’urate de chaux, etc. : c’est ce point qu’il importe de ne pas dépasser, qu’il ne faut même pas atteindre ; car alors l’altération des organes, le raccornissement de la vessie surtout, marchent avec une grande promptitude.

Tels sont les écueils à éviter et les précautions à prendre dans l’administration des eaux alcalines ; si les médecins des établissements thermaux perdent ces considérations de vue, ils courent grand risque de voir bientôt les plaintes des calculeux étouffer les bénédictions que les graveleux leur adressent.

L’appel fait par M. Petit, depuis deux ans, aux malades affectés de la pierre, appel consciencieux, j’en suis certain, ne peut manquer d’avoir été entendu. Bon nombre d’entre eux, sourds aux conseils, qu’ils peuvent supposer intéressés, de quelques chi-

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rurgiens, voudront sans doute saisir l’espérance qui leur est offerte de nouveau. Nous pouvons donc assurer que bientôt les effets de la saturation alcaline seront jugés, et que nous serons fixés sur les limites de sa puissance. Je suppose que le rapport de la commission nommée par l’Académie de médecine sera fait dans cet esprit de doute et d’examen, autrement les conclusions ne pourraient qu’être prématurées et entachées d’irréflexion. Pour moi, je continuerai de suivre l’étuide de cette question avec l’attention qu’elle mérite, avec l’indépendance et l’impartialité qui, pour nous, sont un devoir. Personne n’en désire plus vivement la solution; car s’il était vrai que des calculs pussent être dissous par des boissons, je me reprocherais d’employer, pour les détruire mécaniquement, une opération même légère, et à plus forte raison de les- extraire par la cystotomie. Au contraire, si les eaux de Contrexeville, d’Evian, de Pougues, de Vichy, etc., sont aujourd’hui, comme jadis, impuissantes dans la généralité des cas de pierres proprement dites, il importe que les malades ne se bercent pas d’un espoir trompeur pendant des années; qu’ils n’attendent pas pour invoquer le secours de la chirurgie que leurs organes urinaires soient devenus malades, que le temps favorable au broiement soit écoulé, et que la cystotomie elle-même, cette ultima ratio, ait perdu de ses chances.

J’espère que M. Petit, pour lequel j’ai de l’estime

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cl (le rallecliou, ne verra dans les réflexions qui précèdent rien qui lui soit personnellement hostile ; il comprendra que je me montre bien plutôt son ami en le maintenant dans la ligne de l’observation, en résistant à un entrainement que les faits ne justifient pas encore, et en l’empêchant de compromettre par une exagération fâcheuse un moyen utile. Mais dût-il s’identifler avec les eaux alcalines au point de se trouver blessé de ce que j’ai cru devoir en dire, je ne pourrais que lui répondre : Amiens..; sedmagis arnica veritas.

Dans cette histoire, extraite de la seconde édition de mon Traité de Litholi;itie, j’espérais mettre de côté toute discussion de priorité, partir des décisions de l’Académie des Sciences, et n'avoir plus à débattre une question tant de fois jugée. J’avais dédaigné un pamphlet aussi méchant que spirituel, publié sous le titre de Cinquième Lettre sur la Lithotritie; j’avais laissé sans réponse les insinuations perfides et fausses jetées çà et là dans le Traité des Maladies de l’Urètre; je n’avais accordé qu’un sourire à ces affiches dont les murs de l’École et les carrefours ont été couverts pendant une année , dans lesquelles, par une similitude de noms , était annoncé un cours de lithotritie par M. Leroy, élève de M. Civiale.

Dans l’intérêt de la science ef^de la dignité de notre profession , autant que par ennui et par dé-

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