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ÉRATURE CLASSIQUE. À!
portions à peu près égales, qui semblaient étonnées d’avo si longtemps unies. Il était à prévoir qu'au milieu de la d ganisation de l’ancien corps germanique se formeraient agglomérations nouvelles. Alors commença, en effet, la for de cet État de forme élrange et de nature encore indécisey se composait du margraviat de Brandebourg, du duché de Pri et d’un grand nombre de possessions échelonnées sur l'E ___ a Weser. : | É À L'Autriche, tout affaiblie qu’elle était, gardait la direction parti catholique. La Suède, depuis sa lutte contre la Russie, pouvait plus prétendre à soutenir la cause protestante en À magne. Il y avait, entre ces deux puissances déchues, un rôle rieux à jouer : ce fut celui que le Grand Électeur Frédériclaume essaya de prendre, sinon pour lui; du moins pour SeSk cesseurs. Il battit les Suédois à Fehrbellin, en 1675, et les re pour quelques années du territoire allemand ; il appela des col hollandais pour défricher les plaines sablonneuses du Brar bourg et de la Poméranie; il offrit un asile aux protestants P giés de France. En un mot, il fit de la petite ville qui étai capitale, et qui comptait moins de dix mille habitants, un. veau centre du protestantisme en Allemagne, et, en ce on peut dire qu'il posa les premiers fondements de la granc prussienne | . La Prusse, ou ce qui devait plus tard s'appeler de cen était devenu, entre les mains du Grand Électeur, un des pr paux États de l'Allemagne; son arrière-petit-fils, Frédéric l'éleva au rang d'une puissance éüropéenne. La guerre de Ans rendit le nom de Frédéric Il populaire, non seuleme l'héroïsme qu'il y déploya, mâis parce qu'on voyait en représentant d’une cause nationale. Les armées que l’Autr mettait en campagne depuis deux siècles étaient en grande composées d'étrangers; c'étäient souvent des chefs ita espagnols qui les commandaient. On put célébrer enfin toires remportées par un général allemand avec des allemandes; et l'on avait vu ce général résister, danswsi pagnes successives, aux forces combinées de trois Ét chacun semblait assez puissant pour l’anéantir. La longu liation de la guerre de Trente Ans était effacée. Tous les peupli race germanique, sous quelque gouvernement qu'ils fussen - gs'enorgueillirent des tiiomphes de Frédéric, et, en s'asso
+ % à oïre, ils eurent pour là première f6is le vague sentiment de unité. |
nthousiasme excité par la guerre de Sept Ans seconda l'essor “hitiérature allemande. Voici ce que dit Gœthe, dans un pas- Curieux de son autobiographie, où il explique le mouvement
abde l’époque vers laquelle le reportaient ses premiers sou- LA
“exploits du grand Frédéric furent le premier fonds vivant, ble, élevé, de la poésie allemande. Toute poésie nationale est ‘ou risque de le devenir, si élle ne repose sur ce qu’il y a de Jrofondément humain, sur les destinées des peuples et de leurs Cteurs, quand ils se sont identifiés les uns avec lés autres. Il nontrer les rois dans les périls de la guerre, où ils paraissent les ers, par cela même qu'ils fixent et partagent le sort du dérnier is sujets. [ls deviennent ainsi beaucoup plus intéressants que les eux-mêmes, qui, après avoir fixé nos destinées, se dispensent de nager. En ce sens, chaque nation, si elle veut-prétendre à l’esdes autres, doit avoir son épopée, pour laquelle la forme du éépique n’est pas précisément nécessaire.
es Chants de guerre entonnés par Gleim gardent un si haut rang la poésie allemande, c’est qu’ils sont nés au milieu de Paction, et ur forme h-ureuse, qui semble l’œuvre d’un combattant dans le mtdécisif, nous donne le sentiment de l’activité la plus complète. ‘r chante autrement, mais avec beaucoup de noblesse, les hauts leson roi; tous ses poèmes sont pleins d'idées: ils élèvent l'âme grandes peintures, et ils conservent par là même une valeur issable. Car la valeur intrinsèque du sujet traité est le principe in de l’art. On ne saurait nier, il est vrai, que le génie, le talent ne puissent tout faire de tout, par Pexécution, et dompter Ta rela plus rebelle; mais, tout bien considéré, le résultat est touune œuvre artificielle, plutôt qu’une œuvre d’art. Celle-ci doit 2msur un fonds important, pour qu’une exécution habile, soignée, iencieuse, fasse ressortir la dignité du sujet avec d'autant plus de ‘ur et d'éclat.
si les Prussiens, et avec eux l'Allemagne protestante, avaient is pour leur littérature un trésor qui mañhquait au parti con- Mebqui lui a toujours manqué, malgré tous les efforts qu'il a Our y suppléer. Les écrivains prussiens s’inspirèrent de la grande [uälS pouvaient se faire de leur roi; et ils montrèrent d’autant lézèle, que celui au nom duquel ils faisaient tout ne voulait en @façon entendre parler d'eux. 1
the semble croire que Frédéric Il rendit d'autant plus de » - aux poètes allemands qu'il les méprisa davantage. Sans
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aller aussi loin, on ne peut qu'être frappé de ce qu'il y a d tradictoire dans le rôle de ce roi, de qui ses compatriotes 4 une ère nouvelle dans le développement de leur vie natio à qui n’aimait et n’admirait que l'étranger : tant il est vrai ! sont les circonstances qui donnent leur vraie portée aux a des hommes, et que la figure des grands capitaines, auss que des grands inventeurs, a besoin, pour se compléter, d élément insaisissable qu'y ajoute l'imagination populaires déric I, tout français par l'esprit, fut, en dépit de lui-mêm des auteurs de la réaction littéraire contre‘la France. 4 Quand Voltaire arriva à Berlin, en 14750, il crut n’avoi quitté Versailles. « La langue qu'on parle le moins à la co écrivait-il, «c'est l'allemand!. » Frédéric parlait mal sa la maternelle, et l’écrivait plus mal encore. Il fallait qu'un d amis de jeunesse, M. de Suhm, lui traduisit les traités phi phiques de Wolff du latin en français, pour qu'il pût s’y intére Il ne prêta jamais la moindre attention au mouvement litté qui commençait autour de lui. Il ne vit dans le succès de de Berlichingen qu’une preuve du mauvais goût qui régnait. er dans le public. Quand Christian-Henri Müller lui envoya ses P allemandes du moyen âge, il lui fit répondre que « toute l'éd « ne valait pas une charge de poudre et quil ne tolèrerait jé « de telles platitudes dans sa bibliothèque ». Il eut, en 1760 entrevue avec Gellert. « Pourquoi n’avons-nous pas de bons «vains en Allemagne? » lui demanda-t-il. — « Votre Majes « voit un, » interrompit un assistant. — « C'est bien, » rép Frédéric, « mais pourquoi n’en avons-nous pas plusieurs» sa Dissertation sur la langue allemande, il ne nomme ni Klops ni Wieland, ni Lessing, ni même Kleist, Gleim, Ramler, qui ( taient ses victoires et lui dédiaient leurs vers?. Les odes de, stock lui rappelaient trop les cantiques sacrés que ses précep | ri
1. Lettre à Mme Denis, du 24 août. — ‘Voltaire écrivait encore au de Thibouville, le 24 octobre : « Je me trouvé ici en France. On ne par « notre langue. L'allemand est pour les soldats et les chevaux: il n'est néci « que pour la route. En qualité de bon patriote, je suis un peu flatté do c « hommage qu’on rend à notre patrie, à trois cents lieues de Paris. Je trou « gens élevés à Kœnigsberg qui savent mes vers par cœur. » M:
©. Dissertation sur la langue allemande, les défauts qu'on peut lui reproc causes de ces défauts et les moyens de les corriger; 1780. — Nouvelle éd L. Geiger; Heilbronn, 1885. — On trouvera mentionnés dans l'introduc Geiger les principaux écrits suscités par la dissertation de Frédéric. Gœt, même avait composé un dialogue, qu'il ne fit pas imprimer, et qui semb
fi ent fait dre Ans sa jeunesse comme pensum. ‘land ne lui apportait qu'un écho affaibli de la France. Mais qui étonne, c’est qu'il n’ait pas compris la dialectique fine et rée de Lessing. Au fond, il était persuadé que les Allemands produiraient jamais rien que par imitation. Il leur accordait bon sens, la patience, la profondeur même; mais il les troulourds et diffus; il leur reprochait surtout de ne pouvoir tter un sujet sans l'avoir épuisé. Il oubliait que ces défauts Wwaïent devenir des qualités, et que, sous la pesanteur du style, sachait peut-être l'embarras d’une pensée que sa propre origiité génait encore. Il conçut des projets de réforme; mais on (bien que tout ce qu'il rêvait pour son pays était une sorte littérature pseudo-française. Il propose, dans sa Dissertation, doucir la langue en insérant des voyelles entre les consonnes lüiples. 11 conseille l'étude persévérante des anciens. Enfin, il ère beaucoup « de la friction de l'esprit français ». Il pensait que l'Allemagne, au degré de civilisation où elle était ivée, devait avoir une littérature. Il présageait une aurore : esse doutait pas qu'elle était venue, et que le grand jour it luire..
es contemporains de Frédéric Il furent plus justes envers qu il ne l'était pour eux. Ils proclamèrent hautement la part bavait prise à l'émancipation de l'Allemagne. Les critiques et philosophes continuèrent l’œuvre que le guerrier diplomate it commencée. La période qu’on a appelée du nom de Sturm- -Drang, qu'est-ce autre chose qu'une guerre de Sept Ans dans férature? Frédéric I avait suscité l'esprit qui allait remettre estion la supériorité littéraire des nations voisines; et, le
où PAllemagne se trouva dotée à son tour d’une littérature male, on pardonna au grand roi d’avoir trop aimé Voltaire,
ce
ce qu'il avait été, à son insu et presque malgré lui, l’allié de sing et le précurseur de Gæthe1.
au H. Prœhle, Friedrich der Grosse und die deutsche Litteratur, 1872 : 2e 6d., 1878; — À. E. Berger, Friedrich der Grosse und die she itterarur Bonn, 1890.
LBossenr. — Hist. de la littér. allemande, 10
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