T SON GROUPE
RIRE Mr ec ee peines éternelles.et sur le dogme de la Trinité, ne furent le prélude des fameux Fragments d'un Anonyme, qui soulevèrent orage. L'Anonyme était un professeur du collège de Ham- 2, l'helléniste etorientaliste Reimarus, mort en 1768. La docdes fragments n’était autre que celle des déistes anglais, | ant le côté surnaturel du christianisme, dont ils ne gardaient
le contenu historique et la morale. Lessing fit face de tousles Se Son principal contradicteur fut un pasteur de Hambourg, mé Melchior Gæze, qui avait déjà combattu contre Basedow, Let. les dissidents de sa paroisse, et qui avait anathématisé le tre et la religion naturelle. Lessing écrivit contre lui les Anti- »qu on a appelés les Provinciales de l'Allemagne. Il y a cepen- “une différence essentielle entre les deux pamphlets : Pascal se doctrine à doctrine ; Lessing, sans prendre parti ni pour ontre l'Anonyme, proclame seulement la légitimité de toute ion raisonnée et de toute conviction sincère. Un malentendu, Se garda de lever, existait entre son adversaire et lui : Gæze réssait en vain de conclure, l’orthodoxie luthérienne et le nalisme vulgaire étaient également an tipathiques à Lessing. seule chose lui importait : c'était le droit du philosophe de , 7 en dehors des doctrines consacrées. On a souvent cité ces les qu'il: prononça dans le cours de la discussion, et qui iment en effet le fond de sa pensée : « Ce qui fait la valeur Pomme, ce n’est point la vérité qu’il possède, ou qu'il croit sséder; cest l'effort sincère qu'il a fait pour la conquérir; “Cenn est point par la possession, mais-par la recherche de la ité que l’homme grandit ses forces et qu'il se perfectionne. Si utenait renfermée dans sa main droite la vérité tout entière, dans sa, main gauche l'aspiration éternelle vers la vérité, me avec la condition de se tromper toujours, et s'il me die « Choisis ! » je saisirais humblement la main gauche et räÿmente eines Ungenannten. — Le premier et le plus inoffensif de ces frag- Parut en 1774 : De la tolérance qu'il faut accorder aux déistes. Cinq autres irent de près en 1777 : La raison décriée dans les chaires; — Impossibilité Tévélation à laquelle tous les hommes puissent raisonnablement ajouter foi; — Jéde la mer Rouge par les Israélites; — Que les livres de l'Ancien Testament Paslété écrits pour révéler une religion; — De l’histoire de la Résurrection. dernier fragment, l’un de ceux qui furent le plus attaqués, Du dessein de ébde ses disciples, distinguait deux formes du christianisme primitif, l’une 1ée au fondateur, et l'autre aux apôtres, qui auraient approprié la pensée du Fa besoins de la propagande. —- A consulter : David-Fréd. Strauss, Zermann
Mliéimarus und seine Schutzschrift für die vernünftigen Verehrer Gottes, 81862; 2e édit., Bonn, 1877,
« pour toi!. Lessing résuma sa philosophie réligieuse dans un petit
| composé de cent aphorismes, l'Éducation du genre humainl
il montra que la révélation n’était pas une et immuable, : multiple, et qu’elle était progressive comme l’humanité elle: mé Mais la vraie conclusion de ses polémiques religieuses fi poème DTA de Nathan le Sage, qu'il termina en 171
qui ne fut joué qu'après sa mort. n.
Trois religions sont mises en présence, oyresuhtées pi sultan Saladin, un chevalier du Temple et le juif Natha se trouve à la fin que le sultan, lé templier et la fille ado de Nathan appartiennent à une même famille. La conclusio: facile à tirer. Pourquoi se combattre aw nom d'une illusion tient aux bornes de notre savoir? Ne vaut-il pas mieux $ au nom d’un principe supérieur? Le vrai sage est celui sait pratiquer la vertu et se soumettre aux décrets de: Lù nelle Providence. Lessing avoue, dans un projet de préface a été conservé, que les idées-de Nathan étaient les siennes” « La un s’avisait de dire que cétté pièce enseigne qu'il « à toutes les époques et chez toutes les nations des hon « qui se sont mis au-dessus des religions révélées et qui n « pas été moins estimables, et si l’on ajoutait que mon « évidente a été de montrer ces hommés sous un jour p « rable que celui sous lequel le chrétien vulgaire less « dérés he ici, je n'aurais rien à objecter. Et si l’on pré « enfin qu'une pièce ayant une tendance si particulière ne $a « être assez riche de sa propre beauté, je n aurais qu'à m « mais je n'aurais point de honte. J'ai conscience du bu « voulu atteindre : on peut en rester très loin, encore « que je n’en suis resté, sans déshonneur. » Aïnsi Les rendait compte de la difficulté du sue L'action que ni
1. A consulter. — A. Boden, Lessing und Gæ%e, Leipzig, 1862 : c'est uno un essai dé réhabilitation dont l’auteur est K. Ræpe (Johann Melchior. “Rettung, Hambourg, 1860). — La discussion est résumée et ramence. cipes dans l'ouvrage de E. Fontanès, le Christianisme moderne, étude su {Paris, 1867); mais il est douteux que Lessing se fût laissé enrôler dans tantisme libéral. — On peut cohsulter-aussi l'article a très im} la Allgemeïine deutsche Biographie, tome IX.
2. Die Ersichung des Menschengeschlechts, 1180. Traduction de Tisso
its; mais les caractères sont vivants. Pour le don de personr des idées et de faire vivre des abstractions, Nathan le Suge penser au premier Faust 1.
Ssing écrivit encore les Dialogues pour les francs-macons, au u des souffrances qui accablèrent ses dernières années. Il it sa femme, Éva Kœnig, au mois de janvier 1778, après quinze de mariage; l'enfant qu’elle lui donna vit à peine le jour. Même mourut le 13 février 1781, pauvre comme il avait vécu, duc de Brunswick se chargea de ses funérailles. Il avait en nagne plus d'ennemis que d’admirateurs. Cependant quelvoix s'élevèrent pour protester, au nom de la pensée et du >, contre l’étroitesse des rancunes théologiques et littéraires il était victime. Herder traça de lui un beau portrait dans un lénécrologique, inséré au Mercure allemand, et Gleim écrivit à énburg : « Vous savez combien je l’aimais, Le chercheur de té, qui se faisait un devoir de secouer dans leur torpeur les itres de la chrétienté, et qui les poussait à défendre ce qu'ils eignaient, à produire au jour ce qu'ils tenaient caché dans nbre. Les patriarches ônt pu se réjouir autour du lion mort; iS il nous appartient de protéger sa mémoire et de le défendre tre la calomnie. Nous l'avons connu; nous savons qu'il ne
lait que répandre la lumière et la vérité dans le monde ?. »
nportance de Lessing ne fat réellement comprise que le jour s semences fécondes qu'il avait jetées dans tous les domaines
urt dommencèrent à lever. Gœthe ne se lasse pas de dire
s'est formé avec son aide et qu’il s'est nourri de ses écrits.
son vrai continuateur fut Herder. Le point de vue qui
iedäns Nathan le Sage est aussi le sien. Herder reprit la
ère conception de Eessing, cette idée de l'humanité, élevée
Ssus des distinctions religieuses et nationales, et l’entoura
hes développements. Le Nathan nous apparaît ainsi non
nent Comme le point culminant de la vie de Lessing, mais
@le lien entre deux âges de la littérature allemande.
lée de la pièce s'exprime dans le conte des Trois Anneaux, emprunté à une > de Boccace (Décaméron, I, 3), et très habilement dramatisé au troisième : A partir de Nathan le Sage, le vers ïambique non rimé, qu'avaient déjà i Jean-Élie Schlegel et Brawe, fut définitivement admis dans la poésie QU@: — Traduction française : Théâtre choisi de Lessing et de Kotsebue int Nathan le Sage, Emilia Galotti et Minna de Barnhelm) par De Barante ‘anck, Paris, 1874.
von Heinemann, Zur Erinnerung an Gotthotd Ephraim Lessing, Briefe und icke, Leipzig, 1870.
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