‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 259 sur 534 · EN · texte numérisé non relu

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LA LITTÉRATURE cLASSIQ Re

en lui; mais d’autres fois « son imagination prenait le mors « dents et l’emportait dans les espaces. » Il ne pensait pas même, dit-il, quand il était levé et quand il était couché, etil ajoutait que si la bonté divine voulait.faire une seconde édition de sa vie, il proposerait volontiers des corrections « pour Le por

< trait et pour le plan général ». Quant au portrait, il s'en cons ue Mais le plan général, quoi qu’il ait pu faire, est toujours resté défectueux. Dès sa jeunesse, ses études furent dispersées. Fils d'un pasteur de Ra ns id il fut énvoyé, en 1763, ayant déjà vingt et un ans, à l’université de Gœttingue, dont il fut plus tard un des professeurs les plus marquants. Son goût le porta d’abord vers les mathématiques, auxquelles il emprunta cet esprit de précision, mais aussi de sécherèsse, qu'il appliqua plus tard aux sujets littéraires. Puis il se partagea entre les sciences naturelles; la philosophie et l’histoire. Il sentait combien la dispersion de ses efforts lui était nuisible, et il essayait de s’en défendre; mais la pente de sa nature restait la plus forte. «Un grand Rs | « nient de mes études de jeunesse, » dit-il, «c’est d’avoir tracé le « plan de l'édifice sur une trop vaste échelle. Il en est résulté que je « n'ai jamais pu finir l’étage supérieur; je n’ai même jamais « un toit quelconque. J'ai dû me contenter de quelques mansar « je les ai garanties le mieux que j'ai pu, mais pas assez bien p « empêcher la pluie d'y entrer. Que de gens à qui cela arrive

Il lisait beaucoup, et il consignait toutes’ses impressions da S son Journal ; mais il ne tenait pas à mettre le public dans la | fidence de son travail. « Je ne me suis jamais proposé. d'être « écrivain, » dit-il; « je me suis toujours borné à lire ce qui me « plaisait, et à tes ce qui s’'imprimait de soi-même dar « mémoire. » Avant de commencer son enseignement à.Goœætting; il fit, pour compléter sa propre instruction, deux voyages en Ai terre. Il y suivit le progrès des sciences; il étudia le théâtre: il admirait Shakespeare, moins il approuvait les imitations

s'en pres en Ames et qi Jui semolaient des paro I

cette idée, que le spinosisme pourrait bien être un jour gion de l'humanité. Il croyait aux songes et aux pressent Il s'occupa de physiognomonie avant Lavater, et, quand publia ses Fragments, il le combattit avec les armes'dela

F RER RE £ 2 Nr RRENE UE 7e us auMonSTEs: 2 7: 1849 Me persifla au nom du goût littéraire. Il lui reprochait de con. érer plus les lignes du visage que l'expression. Il refusait dmettre que la beauté physique fût le signe de la beauté tale, et, comme preuve du contraire, il citait Socrate; il aurait se citer lui-même. L'article sur la Physiognomonie contre les ISiognomonistes, qui parut dans l’Almanach de Gættingue de 1778,

ib suivi d'un Appendice comique sur les queues des animaux, |

iquées symboliquement dans le style naïvement boursouflé Éavater, Le seul ouvrage de longue haleine que Lichtenberg entrepris, c'est son Explication détaillée des gravures de Hogarth, il a laissée inachevée. Il voulait « exprimer par des paroles e que l'artiste avait tracé avec le burin, et l’exprimer comme artiste lui-même l'aurait fait, si, au lieu du burin, il avait tenu de plume ». Il s’est mis tout entier, son caractère, ses opins, sa manière de vivre, dans ses fragments posthumes; ils tort mêlés, mais on n’a qu’à rapprocher les passages carac- Stiques, pour en tirer toute une biographie morale. Dans ses mères années, Lichtenberg se confina dè plus en plus dans fétraite. « J'ai beaucoup pensé, » dit-il, « plus encore que je n'ai j'ignore donc beaucoup de ce que le monde sait; de là ent que je me trompe souvent dans mes rapports avec lui, et la me rend timide. Si je pouvais dire tout ce que j'ai pensé, dire dans l’ensemble, comme cela se présente à moi, j'aurais éntainement du succès. » Il s'était habitué à vivre dans des imatives de bien-être relatif et de souffrance, et il avait pris parti de la destinée qui lui était faite. « L'homme se plaint moindre mal, et quand il est exempt de douleur, cela lui mble tout naturel. Il n’en est pas ainsi de moi : quand je ne luffre pas du tout, ce*qui m'arrive parfois étant couché, j'en Trouve une satisfaction sans bornes; je verse alors des larmes #Mjoie, et ma profonde reconnaissance envers mon créateur Mmtribue encore à me tranquilliser. Si l’on pouvait mourir üsi! » Il eut la mort qu'il désirait, le 24 février 1799, et sa mmée alla peut-être au delà de ce qu'il avait espéré,

éditions. — G. Ch. Lichtenbergs vermischte Schriften nach dessen Tode aus tinterlassenen Papieren gesammelt und herausgegeben von L. Ch. Lichtenberg rKries, Gættingue, 9 vol., 1800-1806: nouv. éd. augmentée, 8 vol., 1844-1846: tbeïtzmann, Aus Lichtenbergs Nachlass, Weimar, 1899. — Un choix (avec elet Blumauer) dans la collection : Deutsche National-Litteratur, de Kürsch- Des extraits, avec une notice biographique: par Grisebach : Gedanlen Maxmimen vaus Lichtenbergs Schriften, Leipzig, 1871. — L'Explication. des

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