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LE CULTE DE LA FORME. L” ORIENTALISME EN POÉSIE

étrangères; le gasel et la makame; l’octave et la s 4. Fees poète et VOTRE — 2, Platen; son dél

4 Due introduction de la philosophie orientale. Bo a : retour aux formes simples. Jules- Hammer. Pas el

W us :

o 7 Le. soin de la forme n'avait pas été étrangne aux < éor y

poésie, et de choisir, entre les formes A .

, aient s'accorder avec le génie de la langue. Ils substit “ Je drame, le trimètre fambique à l’alexandrin franc sAopia l'hexamètre gréco- -latin chez Klopstock. et

cédé les formes les nee simples. La créatio hardie de la période classique, et celle qui resta le m . laire, ce fut l’ode klopstockienne, rythmée à la manièr par une alternance de syllabes longues ou brèves, sons forts et de sons faibles. Mais, en général, ce € les écrivains de cette période, c’est la subordination di au fond. La forme n’est, chez eux, qu'un vêtement; € produire son effet de par son alliance avec a pens recouvre. :

à - LE CULTE DE LA FORME. , 695 recherche de la forme pour elle-même. On s'adresse alors &

Le) V4 reille, autant et plus qu'à l'esprit. On veut fr

apper par des emblages inattendus de mots ou de sons, par des bizarreriées

construction, par l’archaïsme ou le néologisme. C’est l’époque » sonnets ciselés, des harmonies imitatives, des rimes allongée: mitoyennes; c’est aussi l’époque où les rythmes étrangers itroduisent, non plus modifiés ou adaptés, mais conservés lé Sfidèlement possible dans leur pureté exotique. PA ! @the rendit l'Orient Presque populaire par son Divan oriental- y ë dental; mais il n’emprunta aux littératures orientales que lat des images et un certain sensualisme délicat. Il ne fit que ‘aichir sa propre poésie à cette source qui venait de jaillir pinément. D’autres allèrent plus loin, et essayèrent d’accli- D er en Allemagne le gase! et la makame. Ce furent surtont 2 kert et Platen qui ouvrirent la voie à cetorientalisme nouveau.

@ gasel est parfois un simple quatrain, où le premier,-le ,# : nd et le quatrième vers riment ensemble; la rime est ordi- sa ement allongée, c'est-à-dire qu'elle porte sur les deux, trois Quatre derniers mots du vers et sur la dernière syllabe du s \précédent!, Mais le gasel peut comprendre un nombre FRE a de vers, et alors tous les vers pairs riment avec les deux /

niers; les vers impairs restent sans rime. Cette forme To (ue, où une seule rime riche revient, comme un perpétuel LA

); après chaque couple de vers, se just luire un effet harmonieux dans une petite ée, un seul sentiment domine et se repr liers, comme si elle obsédait l’e

ifie et peut même pièce où une seulé ésente à intervalles |

sprit du poète?, Ailleurs, [à

oici, comme exemple, l'épigraphe des gasels de Platen : ne Wasser wogt die Lilie, die blanke, hin und her,

Doch irrst du, Freund, sobald du SagSt, sie schwanke hin und her : «Es wurzelt ja so fest ihr Fuss im tiefen Meeresgrund, | 5 GS $ P Haubt nur wiegt ein lieblicher Gedanke hin und her. » | 2e nS l'eau, le lis blanc se balance çà êt là, — maistu te nt qu'il flotte incertain çà et là. — Son pied n'est lerfond de la mer? — Sa tête seulement est mu

tromperais, ami, en 5 . 0 « » Er | -il pas solidement enraciné

© par une pensée gracicuse.… 7 t 1 » & eLest ce gasel de Platen : 1:20 « Der Strom, der neben mir verrauschte, wo ist er nun? +2 «Der Vogel, dessen Lied ich lauschte, wo ist er nun° En. « Wo ist die Rose, die die Freundin am Herzen trug, D ÆUnd jener Kuss, der mich berauschte, wo ist er nun°? ee # Und jener Mensch, der ich gewesen, und den ich längst A « Mit einem

% andern Ich vertauschte, wo ist er nun? .

rent qui a cessé de mugir à côté de moi, où est-il maintenant? — L'oi-

> 5 Nn* vw an MPOSSERT. — Hist. de la littér. allemande. 23 |

1 faut bien avouer que le gasel n'est qu'un exercice de ve cation dont tout le mérite est dans la difficulté vaincue. |

La makame n’est pas, à proprement parler, une forme vers l c’est un long jeu de mots, mais qui ne porte ordinairement q sur la fin des mots. Qu'on se figure un morceau débutant par

vers de Boileau : | ue a tt RS ER « Le Moïse commence à moisir par les bords, » ou par ce vers célèbre d'une tragédie oubliée :

« Croit-on d’un tel forfait Manco-Capac capable? » è

qu’on se figure ce morceau continuant sur le même ton, et aura quelque chose de semblable à la makame arabe ou à mande !. D'ailleurs la makame n'a aucune intention satirique didactique; elle ne vise même pas à l'esprit; elle jongle seulem avec les mots, comme l'enfant s'amusé à faire sauter. un

Les emprunts faits à l'Italie étaient plus familiers aux allemands. L'octave était connue ; on la perfectionna quelqi ou on crut la perfectionner, en lui donnant tantôt des. doubles, tantôt deux rimes seulement au lieu de trois elle n'a que deux rimes, elle s'appelle la siciliane ?. L

« seau dont le chant charmait mon oreille, où est-il maintenant? — Où « que mon amie portait Sur sa poitrine, — et ce baiser qui m'enr « maintenant? — Et cet homme que j'ai été, et que depuis longtemps « échangé.contre un autre moi, où est-il maintenant ? » Rat El 1. La deuxième makame de Rückert commence ainsi : « Mich hi « Genossen — ein trauter Kreis umschlossen, — von welchem eingeschlossér « Geselligkeit — und Géfälligkeit — und ausgeschlossen Missheiligkeit, « während wir nun die Fäden der Reden hin und wider spielti « Schwanken der Gedanken uns unterhielfen mit Geschichten und Be « Gedichten, — trat herein ein Mann. » — « AVec de gais Compagnok « enfermé un cercle intime, où était incluse la sociabilité, et l'affabilit « exclue la mésintelligence. Et tandis que nous faisions aller et ve «“ conversation, et que, dans le balancement des pensées, nous pou « d'histoires, et de récits, et de poésies, un homme entra. » R « volume tout dans ce style. “es 9. Voici une siciliane de Rückert à rimes doubles : « Die Nachtigall ruft mit Gekose : Rose! . es « Wo bist du? was dich meinem Gruss entziehst du?, « Der Zephyr seufzend haucht im Moose : Rose! « Wo bist du? was vor meinem Kuss.entflienst du?) \ « Der Quell aus Büschen sprudelt : Lose Rose! La « Wo bist du? was in fremde Spiegel siehst du? « Die Blumen alle rufen : Rose! Rose! . A « Wo bist du? uns're Kôn’gin, wo verziehst du?» |

« Le rossignol appelle de sa voix caressante : Rose! — où .es-

"1 A. et Fs Porte re Wa TE AAGES s AS. FLE R'EAES PE VE Eneine ie DE 2 5e x Tag n

bordinairement féminines. A l'octave s’'ajoutèrent Je tercet et itournelle !.

nfin l'on continua d'emprunter les formes prosodiques de liquité, et, à l'exemple de Klopstock, on ne s’en tint pas aux 1es connus et presque courants, mais on en créa de nouveaux. convémient de ces créations, c’est qu'elles étaient tout. art. Îles. Henri Heine introduit quelque part, dans ses Reisebilder, Personnage qui dessine sur le plancher une série de petites B es horizontales, droites ou courbes, indiquant des syllabes ues ou brèves, pour pouvoir scander des vers qu'on lui donne $ e. Et son interlocuteur fait cette remarque, que le poète, en ant au-dessus de chaque morceau un plan prosodique de la phe, semble dire au lecteur : « Voyez, vérifiez, le compte y iset, sil manque une seule syllabe, vous direz que je vous ai : lé. » La plaisanterie de Heine, quelque déplaisante qu'elle e pour son ennemi personnel Platen, n'est pas une pure mnie. Peu d’Allemands, même de ceux qui sentent les finesses : langue, seraient capables de rythmer couramment certaines de Platen ou de Klopstock, si un tableau explicatif ne leur . it en aide.

ce à dire que ces poètes qui ont plié, travaillé et quelquefois nté la langue n'aient été que des artisans de mofs, des urs de beaux vers, ou plutôt de vers corrects, comme on le d reproché? Si leur œuvre a certains côtés artificiels, elle nspirée du moins, dans son ensemble, par un sentiment du “très profond, très délicat et très personnel. Ils ont le goût exigeant; ils se placent devant le produit de leur imagina-

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