L'HISTOIRE ET LA PHILOSOPHIE
Wlemagne, Treitschke disait, dans une lettre à son père : « Les rands historiens ont toujours manifesté ouvertement Jeurs Préférences; Thucydide est un Athénien, Tacite est un aristorate *. » Il oubliait que, chez Tacite et Thucydide, le patrio-
Henri de Treitschke est né à Dresde, en 1834: son père était mmandant de la for teresse de CRM UR et tout dévoué à à la
Lles b'inotbeutés allemandes, grandes ou pétites, é rien impiäblement fondues dans l'unité nationale. Il était encore au nnase de Dresde, lorsqu'il prononcça, dit-on, dans une séance dique, un discours où ce programme était déjà contenu en me. Il fit plus tard son tour universitaire, visita Bonn, pzig, Tubingue, Heidelberg. Un petit volume de chants patrioües, qu'il publia en 1856, est écrit dans le ton légèrement
al par un cours privé à l’université de Leipzig, sur différents À de. ÉURae et D Lpirel Il pañe snsuite une ir -
bord voulu une Allemagne unie et libérale; mais quand il vit Marck s’apprêter à faire l'unité en dehors de la liberté, il liqua son libéralisme. Il entra au Reichstag en 1871, et, en ; il fut nommé professeur à l’université de Berlin. Une surté, qui datait de sa jeunesse, le gênait quand il paraissait en ic; il avait la parole embarrassée; mais il était dans le count + idées du jour, et chacune de se$ allusions aux événements itemporains était saisie avec empressement par son auditoire, lui resta fidèle jusqu’à sa moft, en 1896.
reitschke dirigea pendant quelque temps les Annales prusnes. 11 y écrivit une série d'articles qui furent très remartés, et il n'est pas de meilleure source d’information pour qui ut se rendre compte de l’opinion d’une partie de la société Th. Schiemann, Heinr ich von Treitschke's Lehr- und Wanderjahre, 18341866 ;
mich, 1896.
L ulerländische Éraiahes Gœttingue, 1856.
allemande au moment des grandes luttes entre la Prusse, PA triche et la France. C’est en 14871 qu'il commença Son 1 Histo de l'Allemagne au XIX° siècle, et cette date marque l'esprit d livre. Treitschke avait d'abord eu l'intention d'écrire l’histoir de la Confédération Germanique, qu'il voulait mener jusqu'a traité de Francfort; mais son cinquième volume s'arrête à l'anné 1848, Une longue introduction, qui remplit presque tout le. pre mier volume, remonte jusqu'au traité de Westphalie. Le but d l'historien est de montrer comment la Confédération se fondit devait se fondre dans la monarchie prussienne. Cette idée h sert de mesure dans l'importance relative qu'il attribue a au événements. « L'histoire politique de la Confédération ne pet « être considérée, » dit-il, « que du point de vue prussien, ca « pour être capable de juger les transformations des choses, « faut être placé soi-même sur un terrain fixe ?. » Mäis ce poin de vue, si on le lui accorde, se rétrécit encore. De même que dans l'Allemagne, il ne voit que la Prusse, de même, dans. Prusse, il ne voit que la noblesse et l’armée. Il dénie à la bour geoisie le sens politique, et le patriotisme du parti libéral lui es suspect. Il ne veut pas voir que ce parti avait préparé l'unitt l'avait faile moralement, avant qu'elle fût réalisée par la: côT quête. Lorsque aucun préjugé ne l’aveugle, il retrouve.so talent de narrateur. Le caractère de Frédéric-GuillaumeIW,s vie intime et son entourage sont peints avec une abondancé d détails intéressants, qui pourraient faire envie à un romancier
En réalité, c'est là son véritable horizon, c’est là qu'il se. ser le plus à Paisée Il considère le monde du fond d’un bureau d la chancellerie prussienne, ou d’une fenêtre du palais de Berlir Sa vue se trouble dès qu'il porte ses regards au delà de la fror tière. Il n’a aucun aperçu sur l'Europe, 7 large et dégagé, ( c'est de ce côté-là Surtout, si on le compare à ses prédécesseur! que l’infériorité est manifeste. Il change de ton, selon qu'il parl de la Prussé, de l'Autriche ou de la France; ce qui est péch véniel d’un côté, dévient crime im pardonnable de l’autre?
1: Voir : Zehn Jahre deutscher Kämpfe, 1865-1874; Leipzig, 184 Un 4 recueil s'y est ajouté : Deutsche Kämpfe, Neue Folge, Berlin, 1897.