‹ Histoire de la littérature allemandeChapitre 496 sur 534 · LAMPRECHT · texte numérisé non relu

LAMPRECHT

“karl Lamprecht, né en 1854, dans la Saxe prussienne, aujour- Phui professeur à l’université de Leipzig, a eu le mérite, dans in temps où l’historiographie allemande se cantonnait dans les “cherches de détail, de remettre en honneur, et par ses écrits et ar son enseignement, les vérités générales. Son grand ouvrage, qui a paru successivement depuis 1891 en douze volumes et trois

blumes supplémentaires, embrasse tout le développement maté-

del et moral du peuple allemand, ou, comme on aime à dire Ujourd'hui, toute l'étendue de l'expansion aliermande depuis les @mps primitifs jusqu’à nos jours!. C’est moins une exposilion | faits qu'un classement des faits, une sorte de philosophie de listoire, qui ne se distingue des tentatives précédentes du Hème genre que par la prétention qu'elle a de se fonder sur des incipes scientifiques. « Le jugement scientifique, » dit Lamecht, « cherche, par delà l'individu, ce qui est commun à plu- Sieurs, et. en forme un concept; il établit ensuite le rapport qui Cexiste entre les divers concepts, ets’élève ainsi des individus aux écourants qui s’accomplissent par leur intermédiaire ?. » Mais

“fausseté des Orléans ». Quant à la princesse Hélène, Metternich la trouvait, au

Puchlos ; il comprend : inodore (Tome IV, p. 516). — Ailleurs (p. 434), les exécuns ordonnées par la Convention sont présentées comme « un réveil du pur esprit celtique ».

L Deutsche Geschichte, 12 vol., Berlin, 1891-1909; Zur jüngsten deutschen Verngenheit, 3 vol., Berlin, 1901-1904. |

2 Zur jüngsten deutschen Vergangenheit ; 1, Wissenscha/ften, Sosiale Entwicklung,

ïoint de vue politique, « parfaitement anodine »; Treitschke traduit : vôllig

- c'était s'arrêter à mi-chemin.

historien, il en avait L droit. Mais pour un Bonn Fi

Lamprecht rejette bien loin les idées auxquelles autrefois

soumeltait l'histoire, et qui dérivaient soit de la philosophie, s

de la théologie. Mais des concepts (Begriffe), des courants (Sérô. mungen), qu'est-ce autre chose que des idées? Au reste, idées, concepts, courants peuvent être d’un emploi utile, à condilion qu'ils ne soient pas trop obscurs, et surtout qu'ils ne se subslituent pas au conflit toujours vivant, et en somme seul inléressant, des volontés humaines. Or c'est là le défaut du systèmede Lamprecht. Il renonce volontairement, par dédain ou par impuissance, au côté dramatique ét pittoresque de l’histoire. Le fait individuel et concret n'entre pas dans le moule abstrait devsa phrase. Les personnages qu'il introduit ne sont ordinairement accompagnés que d’un adjectif vague qui ne les définit pas, Le choix qu'il fait de ceux qu'il considère comme représenlalifs d'une époque n’est pas toujours heureux. Enfin il semble parfo is que, malgré la puissance de son esprit et l'étendue de sa connais sance, il embrasse trop. Sa vraie supériorité est dans la deseription du développement économique, industriel et commercial de l'Allemagne, et par ce côté l’ouvrage porte la marque de E époque où il a été conçu. Mais le mouvement des lettres, des arts et des sciences offre bien des lacunes et des points contestables

Même sa division de l'histoire se réduit à une série de formules. Le moyen âge est, pour lui, l'époque de la collectivité; l'individu disparaît dans la masse, tie COT poration ou caste sociale: il ne peut même pas prier Dieu directement. il faut que l Église lui prête sa voix. La Renaissance marque l’avènement de l'indivi duulisme, qui dure jusqu'au milieu du xvui* siècle ; puis commence le règne du subjectivisme, qui devient successivement sentimentalisme, réalisme, naturalisme, impressionnisme. Le caractei de la période dans laquelle nous vivons, c'est une’ nervosit l’état permanent; car c'est sans doute ainsi qu il faut entendre terme barbare dont Lamprecht se sert (Reizsamkeit). Et c'est st ces vocables que sont rangés les poètes contemporains; Liliene@ est le représentant de l'impressionnisme physiologique, Hugo: Hofmannsthal celui de l’impressionnisme psychologique.

51 l’on veut lire Lamprecht et profiter de sa vaste scivnce,

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