‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 106 sur 271 · CHAPITRE n. DRYDEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. DRYDEN

VIII. Apparition de Fart d'écrire. — DifféreDce entre la forme d'esprit de l'âge artistique et la forme d'esprit de l'âge classique. — Procédés de Dryden. — La diction soutenue et oratoire.

IX. Manque d'idées générales en cet âge et dans cet esprit. — Ses traductions. — Ses remaniements. — Ses imitations.— Ses contes et ses épttres. — Ses défauts. — Ses mérites. — Sérieux de son caractère j élans de son inspiration, accès d'éloquence poétique. — Ode pour la fête de sainte Cécile. ^

X. Fin de Dryden. — Ses misères. — Sa pauvreté. — £n quoi son oeuvre est incomplète. — Sa mort.

La comédie nous a emmenés bien loin ; il faut revenir, considérer les autres genres. Au centre du grand courant se meut un esprit supérieur. Dans l'histoire de ce talent, on verra Thistoire de l'esprit anglais classique, sa structure, ses lacunes et ses puissances, sa formation et son développement.

Il s'agit d'un jeune homme, lord Hastings, mort à dix-neuf ans de la petite vérole.

Son corps était un orbe, et son âme sublime — se mouvait autour des pôles de la vertu et du savoir.... — Viens, docte Ptolémée, et essaye — de mesurer la hauteur de ce héros....

— Les pustules gonflées d'orgueil qui bourgeonnaient à travers sa chair, — comme des boutons de roses, s'enfonçaient dans sa peau de lis. — Chaque petite rougeur avait une larme en elle — pour pleurer la faute que commettait sa naissance ;

— ou bien étaienl-ce des diamants envoyés pour orner sa peau, — sa peau, le cofl'ret d'une âme intérieure plus riche encore? — Il n'y eut pas besoin de comète pour prédire ce

changement, — puisque son cadavre pouvait passer pour une constellation ' !

C'est par ces belles choses que débuta Dryden, le plus grand poëte de l'âge classique en Angleterre.

De telles énormités indiquent la .fin d'un âge littéraire. L'excès de la sottise en poésie, comme l'excès de l'injustice en politique, amène et prédit les révolutions. La Renaissance, effrénée et inventive, avait livré les esprits aux fougues et aux caprices de l'imagination, aux bizarreries, aux curiosités, aux dévergondages de la verve qui ne se soucie que de se satisfaire, qui éclate en singularités, qui a besoin de nouveautés, et qui aime l'audace et l'extravagance, comme la raison aime la justesse et la vérité. Le génie éteint, resta la folie ; l'inspiration ôtée, on n'eut plus que l'absurdité. Jadis le désordre et Télan intérieur produisaient et excusaient les concetti et les écarts ; désormais on les fit à froid, par calcul et sans excuse. Ils exprimaient jadis Fétat de l'esprit, désormais ils le démentirent. Ainsi s'accomplissent les révolutions littéraires. La forme, qui n'est plus in ven-

1, His body was an orb, his sublime soûl

Did move on Virtue's and on Learning^s pôle.

.... Corne, learned Ptolemy, and trial make If tbou this hero's altitude canst take.

....Blisterswith pride sweU'd, whichthrough 's flesh didsproul

Like rosebuds, stuck i' th* lilly skin about.

Each little pimple had a tear m it

To wail the fault its rising did commit.

Or were tbese gems sent to adorn his skin»

The cabinet of a richer soûl within ?

No comet need foretell his change drew on Wbose corpse might seem a constellation.

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