‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 11 sur 271 · n déterrait les malheureux pour les secourir · texte numérisé non relu

n déterrait les malheureux pour les secourir

14 LIVRE m. L'Age classique,

l'esprit en est bas, avec quelle maladresse et dans quelles balourdises il délaye sa farce vindicative ! Çà et là subsiste une image heureuse, débris de la poésie qui vient de périr; mais tout le tissu de l'œuvre semble d'un Scarron, aussi ignoble que l'autre et plus méçhdnt. Cela est imité, dit-on, de Don Quichotte; Hudibras est un chevalier puritain qui va, comme l'autre, redresser les torts et embourser des gourmades. Dites plutôt que cela ressemble à la misérable contrefaçon d'Avellaneda*. Le petit vers bouffon trotte indéfiniment de son pas boiteux, clapotant dans la boue qu'il affectionne, aussi sale et aussi plat que dans r Enéide travestie. La peinture d'Hudibras et de son cheval dure un chant presque entier; quarante vers sont dépensés à décrire sa barbe, quarante autres à décrire ses culottes. D'interminables discussions scolastiques, des disputes aussi prolongées que celles des puritains, étendent leurs landes et leurs épines sur toute une moitié du poëme. Point d'action , point de naturel , partout des satires avortées, de grosses caricatures; ni art, ni mesure, ni goût; le style puritain est U-ansformé en un baragouin absurde, et la rancune enfiellée, manquant son but par son excès même, défigure le portrait qu'elle veut tracer. Croîriez-YOUs qu'un tel écrivain fait le joli, qu'il veut nous égayer, qu'il prétend être agréable? La belle

1, For as iEneas bore his sire

Upon his shoulder through the fire, Our knight did bear no less a pack Of his own buttocks on his back.

Page 1