‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 128 sur 271 · CHAPITRE IL DRYDEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL DRYDEN

de lui, Settle, Shadwell, sir Robert Howard, faisaient pis. VImpératrice du Maroc^ par Settle, fut si admirée, que les gentilshommes et les dames de la cour l'apprirent pour la jouera White-Hall, devant le roi. Et ce ne fut point là une mode passagère ; quoique dégrossi, ce goût dura. En vain les poètes rejetèrent une partie de Talliage français dont ils avaient chargé leur métal natif; en vain ils revinrent aux vieux vers sans rime qu'avaient maniés Jonson et Shakspeare; en vain Dryden, dans les rôles d^Antoine, de Ventidius, d'Octavie, de don Sébastien et de Dorax, retrouva une portion du naturel et de l'énergie antiques : en vain Otway, qui avait un vrai talent dramatique, Lee et Southern atteignirent à des accents vrais ou touchants, en telle sorte qu'une fois, dans Venise sauvée^ on crut que le drame allait renaître : le drame était mort, et la tragédie ne pouvait le remplacer ; ou plutôt chacun d'eux mourait par l'autre, et leur union, qui les avait énervés sous Dryden, les énervait sous ses successeurs. Le style littéraire émoussait la vérité dramatique ; la vérité dramatique gâtait le style littéraire; l'œuvre n'était ni assez vivante ni assez bien écrite; l'auteur n'était ni assez poëte ni assez orateur: il n'avait ni la fougue et l'imagination de Shakspeare ni la politesse et l'art de Racine * . -Il errait sur les confins des deux théâtres, et ne convenait ni à des artistes demi-barbares ni à des gens de cour finement polis. Tel est en efl'et le public qui l'écoute, incertain

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