CHAPITRE IV. ADDISON
t mon voyage a été d'examiner les diverses descrip- « tiens en quelque sorte sur les lieux, de comparer « la figure naturelle de la contrée avec les paysages < que les poètes nous en ont tracés*. » Ce sont les plaisirs d'un gourmet en littérature ; rien de plus littéraire et de moins pédant que le récit qu'il en écrivit au retour*. Bientôt cette curiosité raffinée et délicate le conduisit aux médailles, « Il y a une parenté, dit-il, entre elles et la poésie, » car elles servent à commenter les anciens auteurs ; telle effigie des Grâces rend visible un vers d'Horace. Et à ce sujet il écrivit un fort agréable dialogue, choisissant pour personnages des gens bien élevés, « versés dans les parties les plus « polies du savoir, et qui avaient voyagé dans les con- « trées les plus civilisées de l'Europe. » Il mit la scène € sur les bords de la Tamise, parmi les fraîches « brises qui s'élèvent de la rivière et l'aimable mélange « d'ombrages et de sources dont tout le pays abonde';» puis, avec une gaieté tempérée et douce, il s'y moqua des pédants, qui consument leur vie à disserter sur
1. I mu8t confess it was not one of the least entertainments that I met with in travelling, to examine thèse several descriptions, as it were, upon the spot, and to compare the natural face of the country with the landscapes that the poets hâve given us of it.