‹ Histoire de la littérature anglaise, Volume 3Chapitre 8 sur 271 · CHAPITRE I. I/A RESTAURATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. I/A RESTAURATION

santi suF la vie humaine, noyant toute lumière, effaçant toute beauté, éteignant toute joie, traversé çà et là par des éclairs d'épée et par des lueurs de torches, sous lesquels on voyait vaciller des figures de despotes moroses, de sectaires malades, d'opprimés silencieux.

Le roi rétabli , ce fut une délivrance. Comme un fleuve barré et engorgé, l'esprit public se précipita de tout son poids naturel et de toute sa masse acquise dans le lit qu'on lui avait fermé. L'élan emporta les digues. Le violent retour aux sens noya la morale. La vertu parut puritaine. Le devoir et le fanatisme furent confondus dans un discrédit commun. Dans ce grand

clandestine -ceosors, and gave money to some for this end. » (Buckle^ History of Civilisaticnj ï, 346.)

Even yearly in the ISth century the « most popular divines » in Scotland affirmed that Satan « frequently appears clothed in a corporeal substance. » {Ihid., 367.)

« No husband shall kiss his wife, and no mother shall kiss lier child on the Sabbath-day. » (Z&id., 385.)

The quhilk day the Sessioune caused mak this act^ that ther sould be no pypers at brydels, etc. (I6id., 389.)

1719. The presbytery of Edinburgh indignantly déclares : « Y ea, «ome haye àrrived at that height of impiety as not to be ashamed of washing in water and swimming in rivers upon the holy Sabbath. » (iWd.)

a I think David had never so sweet a time a^s then^ when he was pursued as a partridge by his son Absalom. » (Gray's Great and Pretious Promises.)

Voir tout le chapitre où Bnckle a décrit, d'après les textes, l'état de l'Ecosse au dii- septième siècle.

10 LIVRE m. L'ÂGE CLASSIQUE.

reflux, la dévotion, balayée avec Thonnéteté, laissa rhomme dévasté et fangeux. Les parties supérieures de sa nature disparurent; il n'en resta que l'animal sans frein ni guide, lancé par ses convoitises à travers la justice et la pudeur.

Quand on regarde ces mœurs à travers Hamilton et Saint-Évremond, on les tolère. C'est que leurs façons françaises font illusion. La débauche du Français n'est qu'à demi choquante; si l'animal en lui se déchaîne, c'est sans trop d'excès. Son fonds n'est pas, comme chez l'autre, rude et puissant. Vous pouvez casser la glace brillante qui le recouvre, sans rencontrer le torrent gonflé et bourbeux qui gronde sous son voisin*; le ruisseau qui en sortira n'aura que de petites échappées, rentrera de lui-même et vite dans son lit accoutumé. Le Français est doux, naturellement civilisé, peu enclin à la sensualité grande ou grossière , amateur de conversation sobre, aisément prémuni contre les mœurs crapuleuses par sa finesse et son bon goût. Le chevalier de Granrimont a trop d'esprit pour aimer l'orgie. C'est qu'en somme l'orgie n'est pas agréable : casser des verres, brailler, dire des ordures, s'emplir jusqu'à la nausée, il n'y a là rien de bien tentant pour des sens un peu délicats ; il

1. Voyez, dans Richardson , Swift et Fielding, mais surtout dans Hogarth , la peinture de cette débauche brutale. Encore récemment dans un finish à Londres, les gentlemen s'amusaient à soûler de belles filles parées en robe de bal; puis quand elles tombaient inertes, à leur faire avaler du poivre, de la moutarde et du vinaigre. (Flora Tristan, 1840, Promenades dans Londres, chap. viu. — Té' moin oculaire.)

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