‹ Histoire de la littérature canadienne [microforme]Chapitre 3 sur 52 · HAE RIT D · texte numérisé non relu

HAE RIT D

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le sens de nos destinées littéraires, Ce nouvel état de choses politiques en changeant les conditions économiques du pays, entraînera à sa remorque toute une révolution dans la marche de Péducation. Laisance et le bien-être matériels contribueront à faire la fortune des arts et des lettres.

Tout en louant beaucoup les succès qui ont marqué cette première période de notre littérature, je dois reconnaitre cependant qu'elle me paraît bien incomplète. Nous avons, il est vrai, des représentants à peu près dans tous les genres, mais nous en comptons peu, et encore la critique doit-elle être indulgente à leur égard. C'est beaucoup si nous considérons les difficultés qui ont entouré les origines et les premiers temps de Ja colonie ainsi que les obstacles qui ont arrêté le progrès de l'éducation, mais c’est pen si nous comptons les années qu’ se sont écoulées depuis la découverte du Canada jusqu’à nos jours À part quelques essais généreux qui indiquent du talent, des études, de la science, du goût et une véritable vocation littéraire, il y a bien peu d'œuvres véritablement dignes de passer à la postérité et capables de donner au-dehors une haute idéede notre Parnasse littéraire. Mais les écrits indigènes, tout indignes qu'ils puissent paraître auxétrangers, n'en méritent pas moins notre bienveillance et les prévenances du lecteur canadien. Ils suffisent pour donner à notre littérature une apparence de vitalité très satisfaisante si nous la jugeons, sinon très consolante si nous la comparons à ses sœurs ainées.

Dans tous les cas, le moment est arrivé d'imprimer au mouvement actuel une direction convenable. La critique littéraire à maintenant sa raison d’être : plus tard il ne serait pas temps.

Je n'ai pas ambitionné pour ma part de promener dans notre bibliothèque nationale ce flambeau lumineux qui laisse voir à côté des beautés de l’art les défauts de l'écrivain. Mon rôle a été bien plus modeste et j'avoue de suite, avant qu’on me le dise, que ma critique se ‘approche plus de la bibliographie que de l'esthétique, elle est plus anecdotique que savante, moins substantielle que variée. Mais j'ai peut-être réussi à réunir dans ces pages les noms de tous ceux qui ont écrit sur quelque sujet que ce soit, Autant qu'il m'a été possible je n’ai oublié personne. C'est déjà quelque chose, Je me sentirai done satisfait d'offrir à mes concitoyens ce modeste catalogue de la librairie canadienne, et d'avoir, le premier, jeté un jalon dans le champ de la critique littéraire en Canada.

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