‹ Histoire de la littérature contemporaine en RussieChapitre 85 sur 90 · Elle tire à 6631 exemplaires · texte numérisé non relu

Elle tire à 6631 exemplaires

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Je citerai entre autres son élude sur Bismarck, et les biographies des écrivains de Tépoque du romantisme par Annenkof etPypine. Un critique inGoloss, je crois, faisait très-spirituellement remarquer un jour que le Messager de r Europe s'efforce visiblement d'imiter la Itevue des Deux-^Mondes jusque dans ses moindres détails. Et en effet , il parait exactement le premier de chaque mois ; le choix de ses articles se rapproche assez de la revue française ; comme elle, il contient à la dernière page un bulletin bibliographique, et publie un annuaire.

Le parti de la droite est représenté par le Messager f*usse et le Citoyen , — revues moscovites, les seules qui aient survécu à tant de morts! En général, Moscou a toujours eu des tendances opposées à St-Pétersbourg. Le journalisme, dans la première de ces villes, a fidèle* ment conservé les vieilles traditions du Slavophilisme et du Panslavisme ; de plus , il est conservateur et fait une guerre acharnée au réalisme pétersbourgeois. Le Messager russe {Rousski Viestnik) de Katkof vient immédiatement après le Messager de l'Europe. Deux choses caractérisent cette revue : c'est son extérieur peu agréable et peu élégant, et en second lieu, les romans anglais qui prennent presque la moitié de son contenu. Il y avait un temps où elle était assez heureuse pour le choix de ses romans ; c'est lorsqu'on y lisait les noms de Tourguénief, de Dostoïevsky et de Tolstoï. Aujourd'hui elle a aussi sa nouvelle école dont les débuts ont été assez malheureux. Nous avons déjà parlé du comte Salhias, d'Averkief (comme romancier) d'Avsienko et de Markévitch. Dans ses articles de critique, elle défend l'école naturelle et les principes de l'esthétique contre les attaques du réalisme.

Le Messager tuisse traîne à sa remorque le Citoyen^ (Grafdanine) fondé en 1872, par Gradovsky, et qui a pour principaux rédacteurs : le prince Métchersky et Dostoïe>?sky. Cette revue , avec son air aristocratique et bigot , est assez terne.

Les Annales de la Patrie (Otétchestvenny Zapiski)^ après la désertion de Biélinsky, eurent une existence assez étiolée. Plus tard , la suppression du Çontem* porain^ et Tadjonction de plusieurs rédacteurs de cette revue, tels que Nékrassof, Stchédrine, la ranimèrent un peu. Aujourd'hui elle est sous la direction de M. Kraïévsky, rédacteur en chef du Goloss et qui, par ce moyen , peut avoir deux poids et deux mesures. Les Annales de la Patrie ont tourné à la démocratie et au socialisme dont elles partagent le monopole avec une autre revue, le Diélo [V Œuvre), qui est assez insignifiante au point de vue littéraire. L'Aurore (Zara) est à l'agonie. Le Travail universel (Vsiémifmy Jroud), si je ne me trompe, est décédé. Sous la direction du docteur Khan, il publia les articles critiques de Solovief et d'Akhscharoumof, et des drames d'Ostrowsky. C'était une revue élégante et bien imprimée ^. .

Nous avons parlé des tendances réalistes du Contemporain ayant à sa tête Nékrassof et Dobrolioubof. Ce dernier, très-modeste dans ses articles critiques, ne garda aucune mesure dans ses satires en vers que publiait le Sifflet (Svistok), Sous le pseudonyme de Conrad Lilienschwager , il se moquait de tout : des

1. Je ne parle pas ici des revues purement hfsloriques, ou con- Baoréea à une spécialité quelconque, comme : les Archive^ ruises, les Antiquités russeSf la Revue du ministère de l'instruction publique, de l'Académie des sciences^ de la Société de géographie, les revues militaires et médicales, cto.

faits, des principes, des autorités, des talents et des productions littéraires. Cette manie de tout ridiculiser plut beaucoup aux nihilistes qui regardèrent Dobrolioubof comme un des leurs. Le Svistok trouva de nombreux imitateurs , qui n'eurent pas toujours l'esprit et le talent de Conrad. En 1857 , parut le Plaisant ( Véselichak)^ de Pluchard. Ce dernier dans sa circulaire disait au public : « Venez rire de nous avec nous, d'eux, de vous-mêmes, de tous et de tout. » Les principaux rédacteurs du Véseltchak étaient le baron deBrambéous, le comte SoUohoub, Bénédictof, Pogosky, etc. Le nom de Brambéous fit la fortune du journal ; les autres n'y figuraient que pour la forme. Après la mort de Brambéous, la rédaction de ce journal fut confiée à Lvof, qui avait fait jouer quelques pièces au théâtre Alexandre. Maltraité comme auteur par la critique, il tourna ses sarcasmes contre le journalisme; mais son faible talent et la grossièreté de ses plaisanteries firent tomber le Véseltchak. Nous ne parlerons qu'à titre de mention du Goudok dont le slyle et l'esprit sentaient le ruisseau, et de la Zanoza qui ne vit pas longtemps le jour. En 1859, parut Ylskra [Etincelle)^ d^ Kourotchkine , qui pendant quatre années fut le seul journal amusant en Russie. Elle eut même beaucoup plus de succès que le Véseltchak. Moins modeste dans ses allures, elle alléchait le public par des scandales, des caricatures , des attaques remplies d'allusions, au bas desquelles il n'était pas bien difficile de mettre les noms propres. Plus tard, il s*opéra une scission au sein de sa rédaction ; une partie des collaborateurs s'en détachèrent et fondèrent un autre journal humoristique : le Boudilnik^ qui, comme son frère aîné, s'occupa de

scandales et de cancans littéraires. Ces deux journaux amusants existent encore aujourd'hui et sont les seuls dignes d'attention.

La presse quotidienne ne commença à donner signe de vie qu'à partir de la guerre de Crimée. Jusqu'en 4825, la Russie ne posséda qu'un seul journal : les Nouvelles de Saint-Pétersbourg ; il perdit plus tard son caractère ofiiciel, et Y Invalide devint l'organe du gouvernement. V Abeille du Nord, rédigée par Grelch et Bulgarine , avait plutôt un caractère littéraire, bien que son bagage de critique fût assez léger. Inutile de dire que le contenu de ces trois journaux était très-maigre et sans couleur ! A part les oukazes, les décrets , les actes officiels, et quelques nouvelles sur la politique étrangère — nouvelles fort peu intéressantes, car elles devaient passer préalablement par le laboratoire de la censure, — de quoi pouvaient-ils parler? La liberté de la pensée était écrasée par un régime despotique. Après la guerre de Crimée, lorsque le gouvernement, la littérature et la société s'occupèrent des nouvelles réformes, la presse put déjà élever timidement la voix. Son activité réelle ne commença qu'à partir de 4861 , lors du remplacement de la censure préventive par le système des avertissements et du cautionnement. La presse put dès lors écrire librement, et, chose étonnante, elle se trouva dès le premier jour toute préparée au rôle qu'elle devait jouer ^

Les deux principaux représentants de la presse russe aujourd'hui sont le Goloss (la Voix)^ de Rraïevsky, et la Gazette de Moscou, Le Goloss, qui a

1. On compte actueUement en Russie 472 journaux, dont 377 en langue russe.

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plusieurs fois changé d'opinions, avec son rédacteur, a tourné depuis quelque temps au libéralisme. Ses' Premier Pétershourg sont écrits avec compétence et offrent un véritable intérêt.

La Gazette de Moscou a cessé depuis \ 863 d'appar-» tenir à l'université de Moscou, et est devenue la pro«priété de Katkof ^ Ce journaliste, bien qu'il se soit fait beaucoup d'ennemis, est une des originalités les plus tranchantes de son temps. Sa biographie ne sera pas une des pages les moins intéressantes de This* toiro du journalisme en Russie. M. Katkof, malgré les violences de sa polémique, malgré les fautes qu'il a commises et qui ont donné raison plus d'une fois à ses adversaires, est un publiciste très-remar* quable. Ceux mêmes qui le combattent rendent hommage à son talent. On n'a pas encore oublié le jour (et ce jour-là n'est pas bien éloigné! ) où la Russie, profondément troublée par des changements radicaux introduits dans son système de propriété» ébranlée par une crise sociale que le mouvement nihiliste rendait encore plus dangereuse, menacée par la révolution polonaise et l'ingérence éventuelle de l'Europe, perdit un moment la confiance et la foi en elle-même. C'est alors que Katkof, avec la violence d'un tribun du Forum, se mit à tonner contre la fai^ blesse de ses concitoyens, raffermit la politique hésitante du gouvernement, déclara une guerre à mort à la Pologne, indiqua les mesures nécessaires pour la rendre à jamais impuissante, et jeta un défi audacieux à l'Europe. A cette époque, la Gazette de Mos-

1 . II Ta louée pour 1 2 ans^ en s'engageant à payer une somme annuelle de 74,000 roubles aa ministère de Tinstruction publique.

COU était toute-puissâDte; la constance et Ténergie de ses convictions faisaient de cet organe le représentant du pays. Il exerça une immense influence sur la politique du gouvernement, au sein duquel il avait plusieurs partisans, comme les Miloutine et Mouravief. Depuis, le crédit de M. Katkof a beaucoup diminué. Cependant, c'est encore une force, et le gouvernement compte quelquefois avec lui. En 1866, une suspension lui ayant été infligée par M. Valouïef, ministre de Tintérieur, il réussit à renverser ce dernier. Défenseur ardent du panslavisme, il parle un peu dans le désert, car l'empereur Alexandre et le prince Gorlchakof ont trop de bon sens et de finesse pour se laisser aller à des entraînements qui boule* verseraient l'Europe. On dit cependant que Katkof est assez influent parmi Tentourage du grand-duc héritier. Aujourd'hui la Gazette de Moscou boude comme un enfant gâté auquel on ne fait plus atten* tion. Elle défend à outrance les études classiques, et le comte Tolstoï pencherait, parait-il, de son côté^ malgré le courant assez fort qui se prononce en faveur des écoles réaies. En dehors de ces excès, la Gazette de Moscou dans sa ligne de conduite, surtout pour ce qui concerne la politique extérieure, est profondément nationale. A ce point de vue, elle peut être regardée comme Torgane des vrais Russes, et est entièrement opposée à la camarilla allemande de Pétersbourg,

Le Monde i^usse^ à son origine, fut un journal d'op* position militaire. Il servait d'organe à un groupe de généraux qui voulaient renverser le ministre de la guerre. Il avait alors à sa tète M. Kostomarof, un ancien officier, si je ne me trompe.

C'est là que le général Fadéief, écrivain fécond, publie ses idées sur les réformes à introduire dans l'organisation de l'armée russe. Il y eut naguère, à ce sujet, un incident assez curieux. Le général Fadéief avait critiqué la division de la Russie en grands commandements militaires. L'Invalide, organe officiel du ministère de la guerre, lassé de ces attaques, finit par sortir de son mutisme. Sans répondre à ce qui faisait le sujet de la discussion, il accusa « Y Invalide non officiel de vouloir ébranler « la confiance du pays, et d'inspirer à l'Europe des « doutes sur la force de l'armée russe. » Le général Fadéief, piqué au vif, répondit en disant que s'il y avait eu de sa part un acte de trahison, ce n'était pas certes envers la Russie, mais envers Y Invalide « auquel personne n'a encore prêté serment.» Cette lettre parut non pas dans le Monde russe^ mais dans la Gazette de Moscou. Cette dernière l'imprima avec une joie visible. Le Monde russe, depuis qu'il a passé des mains de M. Kostomarof à celles de plusieurs autres rédacteurs en chef, s'est considérablement écarté de son programme primitif. Il ne fait pas seulement de l'opposition militaire ; il est devenu rétrogade, et se traînant humblement à la remorque de la Gazette de Moscou, il attaque la plupart des réformes, surtout l'institution des juges de paix et celle des assemblées provinciales.

Quoi qu'il en soit, si l'on examine les progrès ac-^ complis et les résultats obtenus par la presse russe depuis l'abolition du servage, on en arrive à des conclusions consolantes pour son avenir. Peu préparée à sa mission, et manœuvrant sur un terrain fort délicat, elle a su cependant se trouver à la hau-

teur de sa tâche. La politique intérieiire et la critique littéraire, — voilà ses deux champs d'activité. Étrange contraste : pendant que le journalisme politique en France absorbe et tue les plus beaux talents, les publicistes russes n'ont fait que grandir et se développer en s'occupant des questions multiples qui agitent leur pays depuis i861. La presse en Russie a discuté les réformes quotidiennes avec un tact et une compétence qu'on ne saurait trop admirer. Elle exerce aujourd'hui une influence incontestable sur l'opinion publique. Sa voix est écoutée au sein des conseils du gouvernement ; elle est parvenue à se faire craindre des fonctionnaires peu consciencieux qui ont hérité des défauts prêtés par Gogol aux personnages de sa célèbre comédie. C'est en vain que ces derniers en appellent à la justice ; le jury composé d'hommes éclairés prononce presque toujours un verdict d'acquittement. Aujourd'hui que les esprits se sont un peu calmés, on peut remarquer dans l'attitude du journalisme russe certaines tendances assez regrettables. Quelques journaux font preuve de trop d'indifférence pour les questions du jour. D'autres, obéissant à l'esprit de parti, font une opposition absurde et ridicule. Ainsi les assemblées territoriales, et les écoles réaies — ces deux institutions qui sont appelées à jouer un grand rôle en Russie, se voient quotidiennement en butte à des attaques peu sensées et peu dignes.

Le même esprit de parti règne dans ce qu'on appelle le feuilleton littéraire. Là, la critique cachée sous le voile de l'anonyme ou d'un pseudonyme se fait parfois remarquer par une âpreté et une grossièreté qui rappellent le ton de certains journaux amé-

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ricains. Quelques-uns de ces feuilletons sont remplis d'allusions personnelles et de calomnies peu dignes du rôle delà presse; d'autres comme le critique des Nouvelles de Saint- Pélersbourg qui s'intitulent aussi : Gazette académique^ ^ non-seulement attaquent leurs confrères, mais avec un sans-géne effronté, leur font dire tout autre chose que ce qu'ils ont écrit. Un feuilletoniste de théâtre, M. R., piqué au vif par M. Z. des Nouvelles de Pétersbourg^ perdit patience, et le traita un jour ce d'insolent et de quadrupède inoffensif. » 11 est arrivé plusieurs fois au Goloss et au Messager russe de prendre ce même critique en flagrant délit, et M. Korsch, le rédacteur en chef du journal, a dû s'excuser de sa prétendue inattention.

La situation de la presse de province en Russie se trouve dans des conditions beaucoup plus défavo* râbles. Si Ton retranche les Nouvelles provinciales et les Nouvelles diocésaines, qui publient les décrets des gouverneurs et des évoques, on ne trouvera pas beaucoup d'organes indépendants et sérieux. Et en peut-il être autrement? Y a-t-il, en province, beaucoup de rédacteurs qui, pour échapper à la censuré préventive, soient en état de déposer le cautionnement légal de 2500 roubles? Ajoutez à cela qu'un journal en province ne peut compter que sur un nombre très-restreint d'abonnés, et qu'il doit être lrès-prudent,'pour ne pas s'attirer l'inimitié d'un personnage quelconque, ou s'exposer aux coups du gouverneur qui est omnipotent. Je ne connais guère en fait de journaux un peu marquants et sérieux que :

1. Ce Journal, depuis 1875, n'appartient plus à l^Académie, mais au ministère de l'instruction publique; M. Koritcli a été remplacé par le comte SftlliiM*Tournemir et M« DaKmakof.

le Messager d'Odessa^ attaché au lycée Richelieu, le Kievlanine de Kief, le Volga et le Caucase.

Je ne puis finir cet article sans parler du Journal de Saint-Pétersbourg^ feuille semi-officielle et rédigée en français. Ce journal, qui existe depuis bon nombre d'années, était à Torigine assez terne, faisait peu parler de lui, et parlait encore moins luimôme. Plus tard, le prince Gortschakof le prit sous sa protection; il s'en sert pour publier de temps en temps des notes sur la politique étrangère. Grâce à ses attaches officieuses et au talent de son rédacteur en chef, M. Capellmans, un Belge, si je ne me trompe^, le Journal de SainUPétersbourg devint une des feuilles les mieux accréditées de l'Europe. Il est regrettable que cet organe n'ait de français que la langue. Son altitude pendant la guerre francoprussienne était loin d'être sympathique à la France.

C'est sous rimpression de la dernière page que je finis ce livre. J'espère avoir démontré que nonseulement la Russie possède une littérature, mais que cette littérature, par ses tendances et le talent de ses écrivains, est digne d'être étudiée. Je n'ai pas besoin de prouver ici l'intérêt qu'il y a pour nous aujourd'hui de nous rapprocher de la Russie. Cet intérêt découle des derniers événements qui ont donné à ce pays une prépondérance considérable en Europe. Les Allemands, plus avancés que nous, ont à Pétersbourg une revue et deux journaux. Nos compatriotes ont essayé plusieurs fois de les

1. Mort quelque temps «près la guerre de 1870, il a été remplacé par M. Horn.

imiter, mais leurs lentalives jusqu'à présent ont été infructueuses. La Reuue Septentrionale n'a eu, je crois, qu'un numéro. Le Courrier russe de M. d'Hainaut ne mérite pas même une mention. En octobre 1872, paraissait la Neva, qui comptait parmi ses actionnaires les plus riches Français de notre colonie. Ce journal avait toutes les chances de réussir; et cependant, au bout de quelques mois, il sombra scandaleusement et disparut. A quoi faut-il attribuer ces insuccès? Serions-nous incapables de créer quelque chose de solide et de durable à l'étranger? Je ne le crois pas. Je suis persuadé qu'un journal franco-russe paraissant soit à Pétersbourg, soit à Paris, pourrait avoir du succès, s'il était bien rédigé et bien administré. 11 faudrait qu'au lieu de s'attacher à faire connaître la France aux Russes(ils connaissent notre pays aussi bien que nous!) ce journal étudiât au contraire la Russie ; qu'au lieu de servir d'organe à un parti politique quelconque, il fût seulement /ranfaw, et qu'il ne négligeât rien de tout ce qui peut nous intéresser dans ce pays comme littérature, commerce, industrie et questions sociales. Un pareil journal servirait de lien moral entre les deux nations ; il serait bien vu, je le sais, de plusieurs hommes d'État de la Russie, et rendrait d'utiles services au gouvernement français.

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