‹ Histoire de la littérature des HindousChapitre 16 sur 21 · I.ONORA · texte numérisé non relu

I.ONORA

J'y cours. [Elle sort.)

l'enfant.

Eh bien! moi, en attendant, je vais toujours m'amuser avec le petit lion.

la seconde femme, le regardant el sourian l . Veux-tu bien le quitter!

J)OLCIIMANTA.

Que celte mutinerie m'enehante! (Soupirant.) Ah! mille fuis heureux les pères lorsque, en soulevant dans leurs bras un enfant chéri qui brûle de se réfugier dans leur sein, et tout couverts de la poussière de ses petits pieds, ils contemplent, à travers son gracieux sourire, la blancheur éblouissante de ses dents, pures comme

des Heurs, et prêtent une oreille complaisante à son petit babil composé de mois à demi formés!

Doucbmanta est sous le charme de tout ce qu'il voit et de tout ce qu'il entend. Il brûle d'apprendre ; il interroge.

« Quelle est la mère de cet enfant?

— Une nymphe réfugiée dans cet asile.

— Quel est son père?

— Ce serait souiller mes lèvres que de prononcer le nom de l'infâme qui n'a pas craint d'abandonner sa vertueuse épouse.

— Dieu ! c'est ma propre histoire. »

Doucbmanta se précipite vers l'enfant, le saisit dans ses bras, et le presse sur son cœur avec des transports. Sacountala parait. Le roi la reconnaît.

DOUCHMANTA

Lst-ce donc là Sacouiilala? Sacountala, vêtue des habits de la douleur; ses beaux cheveux sans ornements, réunis en une seule tresse, signe de veuvage ; son teint flétri par les larmes!... Quelle douce résignation se peint dans tous ses traits! Quelle affection elle semble encore prête à témoigner au barbare qui l'a condamnée à un si terrible abandon!

Cependant , aux caresses que l'étranger prodigue à son fils , Sacountala reconnail, ou plutôt devine le héros. Quel autre que lui montrerait une telle tendresse et en même temps prendrait cet air de suprême autorité ?

l'enfant, courant à sa mère.

Ma mère, cet étranger me commande comme si j'étais son fils !

DOUCHMANTA

Chère Sacountala! j'ai été bien cruel envers toi; mais vois comme cette horrible ingratitude a fait place dans mon cœur à la

HO LITTÉRATURE UINDOUE.

plus sincère affection, et ne refuse pas de me reconnaître pour ton époux.

sacolntala, à part.

Reprends courage, ô mon cœur! Le destin, trop longtemps courroucé contre moi, a enfin pitié de la pauvre Sacountala. Oui, c'est bien là le fils de mon seigneur.

DOICUMANTA.

Délivré de ces odieuses ténèbres qui si longtemps, dans ma folie, ont obscurci ma mémoire, je puis donc enfin te reconnaître, 6 la plus belle des femmes! m'enivrer de ta vue! C'est ainsi qu'au sortir d'une profonde éclipse, l'astre brillant des nuits retrouve de nouveau sa chère Rohini, et qu'ils confondent ensemble leurs rayons argentés.

SACOLNTALA.

Puisse la victoire!... (Suffoquée par les larmes, elle ne peut achever.)

DOUCUMANTA.

Va, chère Sacountala, quoique mon nom se soit égaré dans ce flot de larmes, ton vœu est parfaitement accompli... Oui, j'augure de ma victoire, et par ce front pudique dépouillé d'ornements, et par cette pâleur qui a remplacé l'incarnat de ta bouche divine.

l'enfant.

Ma mère, quel est donc cet étranger?

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